HANOI - La justice vietnamienne a abandonné les poursuites contre un ancien vice-ministre des Transports impliqué dans un scandale de corruption majeur qui avait semé le doute sur l'utilisation de l'aide internationale dans le pays communiste, ont indiqué samedi les médias. Nguyen Viet Tien, arrêté en avril 2006, avait été le plus haut responsable vietnamien inquiété dans le scandale dit du "PMU 18", un département du ministère des Transports chargé de la construction d'infrastructures lourdes comme les routes et les ponts.

La police avait soupçonné, au sein de ce département qui bénéficie largement de l'aide internationale, des détournement de fonds massifs destinés, notamment, à alimenter des paris sur des matches internationaux de football. Avant que la justice n'abandonne toutes les charges contre Nguyen Viet Tien vendredi, il était soupçonné d'"abus de pouvoir", "manquement à ses devoirs" et "violation délibérée des régulations économiques de l'Etat", a rappelé le quotidien Thanh Nien daily. Il était notamment soupçonné d'avoir mal géré l'aide internationale et fait perdre des dizaines de milliers de dollars à l'Etat en prêtant des voitures du PMU 18, selon la presse.

"Nous n'avons pas trouvé assez de preuves pour poursuivre les charges contre Tien", a déclaré le directeur adjoint du parquet populaire suprême, Hoang Nghia Mai, cité par le quotidien Vietnam News de l'Agence vietnamienne d'information (officielle). Le scandale du PMU 18 avait contraint Hanoï à promettre à ses bailleurs de fonds une lutte acharnée contre la corruption et ébranlé jusqu'aux instances dirigeantes du pays communiste. Le ministre des Transports de l'époque, Dao Dinh Binh, avait lui-même démissionné à la veille du Xe congrès du Parti. Dans cette affaire, des peines allant jusqu'à 13 ans de prison avaient été infligées l'été dernier à huit autres anciens responsables, accusés d'avoir organisé des paris illégaux pour plusieurs centaines de milliers de dollars ce qui est illégal au Vietnam et tenté de verser des pots de vins pour se couvrir.

Aucun d'entre eux n'avait été jugé pour détournement de fonds. La presse vietnamienne s'attendait alors à ce qu'un autre procès, qui aurait pu voir comparaître Nguyen Viet Tien, s'attaque à ces accusations.

Agence France Presse - 29 Mars 2008