HANOI - Un groupe bouddhiste interdit au Vietnam a affirmé que la police de l'Etat communiste avait tenté d'expulser les moines d'une de ses pagodes afin d'utiliser l'édifice pour la fête du Vesak, une célébration bouddhiste internationale parrainée par l'ONU, selon un communiqué du groupe.

Selon l'Eglise bouddhique unifiée du Vietnam (UBCV), bannie par le régime mais présente dans de nombreuses pagodes, la police et des représentants officiels ont fait sauter les verrous de la pagode de Giac Hai dans la province de Lam Dong (sud), l'ont réquisitionné pour la conférence et ont interpellé ses moines.

"La police a interrogé deux des moines pendant plus de trois heures, les accusant d'appartenir à une +organisation illégale+, de participer à des +activités politiques+ et de troubler +l'ordre public", a indiqué l'UBCV dans un communiqué diffusé samedi à Paris où le groupe dispose d'un bureau.

Le chef des moines de la pagode Thich Tri Khai est la victime d'une "politique de répression organisée par l'Etat" contre l'UBCV, ajoute le texte.

L'organisation a également affirmé que le 1er avril la pagode de Phuoc Hue dans la province de Quang Tri (centre) avait été encerclée par 300 policiers et saccagée.

L'Eglise bouddhique du Vietnam accueillera du 13 au 17 mai la 5e conférence de la fête du Vesak, qui devrait attirer des croyants de 70 à 100 pays, selon les organisateurs, constituant ainsi la plus grande fête religieuse jamais organisée dans le pays.

Le Vietnam assure respecter la liberté de culte tant que les groupes ne s'engagent pas politiquement.

Le département d'Etat américain a indiqué vendredi qu'il ne voyait pas de raison de placer à nouveau le Vietnam sur sa liste noire des pays qui violent les libertés religieuses, malgré les recommandations de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) en ce sens.

La fête du Vesak commémore à la fois la naissance, la mort et l'éveil du Bouddha il y a plus de 2.500 ans.

Agence France Presse - 4 Mai 2008