Le programme "6650" comprenant 8 mesures draconiennes à prendre afin de réduire les embouteillages et les accidents de la route, préconisé depuis octobre 2007, a obtenu de premiers progrès. Mais les embouteillages demeurent encore "un casse-tête et une question brûlante à résoudre" en raison de la faible régulation de la circulation et du rythme d'exécution lent de la construction des ouvrages de transport et de communications. C'est ce qu'a déclaré Nguyên Huu Tin, vice-président du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville. Au cours des 7 mois de mise en œuvre de ce programme (1er octobre 2007 - 30 avril 2008), le nombre d'accidents a diminué de 143 cas, avec 84 décès en moins. En revanche, aucun signe de réduction des embouteillages n'a été constaté.

M. Tin a également souligné d'autres causes, d'ordre subjectif, telle qu'une faible capacité d'organisation dans la mise en exécution des projets de réfection et de construction de routes. À présent, la ville comprend 65 tronçons d'avenues et de routes en réfection, qui correspondent justement à 65 points noirs.

La problématique des embouteillages intra muros devient plus complexe encore avec l'explosion des immatriculations d'automobiles et de motos. D'après le rapport du service de la police municipale de la route, chaque jour, environ 100 voitures et 1.000 motos sont immatriculées. Du 1er octobre 2007 au 30 avril dernier, on a recensé plus de 26.000 nouvelles voitures et motos qui représentent une croissance, respectivement de 79% et de 6% par rapport à 2006. Et ce sans compter les près de 800.000 autres véhicules participant à la circulation urbaine. En outre, la construction massive d'immeubles, qui attirent de jour de jour davantage de travailleurs qui résident dans les régions suburbaines et rurales, aggrave encore les difficultés de circulation dans l'enceinte de la ville.

Des mesures décisives Face à cette situation inquiétante, selon Trân Quang Phuong, directeur du Service municipal des transports et des travaux publics, il est nécessaire de modifier les horaires d'études et de travail de manière adéquate pour plusieurs catégories d'écoles, d'établissements économiques et de services administratifs. Il a jugé nécessaire d'intensifier la sensibilisation de la population au respect du Code de la route, de réduire l'utilisation des moyens de transport individuel et de bien organiser les services de transports publics au niveau des lignes de bus, ainsi que d'un réseau d'itinéraires de dégagement pour le transport des marchandises encombrantes.

Toujours selon M.Phuong, il est nécessaire de sanctionner sévèrement toutes les infractions au Code de la route, y compris l'utilisation abusive des trottoirs et chaussées, et de créer un développement homogène du réseau de voies de communication. La création d'un comité de pilotage permanent chargé de la lutte contre les accidents et les embouteillages se pose donc comme un impératif, a conclu M.Phuong.

Par Lê Hà - Le Courrier du Vietnam - 6 mai 2008