A l'issue d'un procès d'à peine une journée, pour lequel une centaine de policiers avaient été déployés, les trois hommes, liés au Viet Tan, une organisation qualifiée de "terroriste" par Hanoï, ont été reconnus coupables d'avoir "prévu de distribuer un nombre énorme de tracts incitant à des émeutes (...) et menaçant la sécurité de l'Etat".

L'Américain, Nguyen Quoc Quan, 55 ans, condamné à six mois de détention, sera par ailleurs expulsé à l'issue de sa peine. Il devrait quitter le territoire vietnamien dans les prochains jours: en prison depuis le 17 novembre, il a déjà effectué l'essentielle de sa peine.

Le Vietnamien Nguyen The Vu, 31 ans, a été condamné à 5 mois et 26 jours ce qui lui permet d'être libéré mardi, mais il restera encore un an en résidence surveillée. Des trois accusés, il est le seul à avoir affirmé mardi ne pas être membre en tant que tel du Viet Tan.

Le troisième militant, Nguyen Hai, 57 ans, condamné à 9 mois, restera en revanche encore environ trois mois derrière les barreaux. Nguyen Hai, qui vivait en Thaïlande depuis des années, était aussi présenté dans la presse sous le nom thaïlandais de Somsak Khunmi.

Une porte-parole de l'ambassade américaine s'est félicité de ce que Nguyen Quoc Quan puisse bientôt regagner le sol des Etats-Unis. Mais elle a regretté sa condamnation pour "terrorisme".

"Nous n'avons aucune information qui viendraient étayer cette accusation", a-t-elle indiqué, soulignant que les Etats-Unis restaient opposés à "toute détention et jugement d'individus pour l'expression pacifique de leurs opinions".

Les trois hommes avaient été arrêtés en novembre en même temps que trois autres militants une journaliste française, un autre Américain et un autre Vietnamien qui avaient en revanche été relâchés l'an dernier.

Ils préparaient des tracts qualifiés de "réactionnaires" dans la presse officielle. Le Viet Tan, le parti auquel ils sont liés et qui est considéré comme une organisation "terroriste" par Hanoï, affirme lui que ces tracts faisaient la "promotion de la démocratie", "par des moyens non violents"

Le Viet Tan, dont le président avait été reçu par le président américain George W. Bush l'an dernier, a établi un réseau à l'extérieur du pays communiste et n'hésite pas y à envoyer des membres alimenter des mouvements de dissidence.

Agence France Presse - 13 mai 2008