Vietnam : deux journalistes en pointe dans un scandale de corruption arrêtés
Par Vietnam aujourd'hui le mardi 13 mai 2008, 16:29 - Infos en français - Lien permanent
HANOI — Deux journalistes vietnamiens qui avaient été en pointe dans la dénonciation d'un scandale de corruption majeur dans le pays communiste ont été arrêtés lundi pour "abus de pouvoir", ont annoncé mardi les médias locaux.
Les journalistes, Nguyen Van Hai, né en 1975, et Nguyen Viet Chien, né en 1952, travaillent respectivement pour le Tuoi Tre et le Thanh Nien, deux quotidiens qui avaient eux-mêmes été parmi les plus actifs quand l'affaire a éclaté.
Selon plusieurs quotidiens vietnamiens, dont les leurs, ils ont été arrêtés pour une période préventive de quatre mois. S'ils sont à terme renvoyés devant la justice et effectivement condamnés pour "abus de pouvoir et de fonction", ils risquent jusqu'à 15 ans de prison.
Nguyen Van Hai et Nguyen Viet Chien avaient joué un rôle clé en 2006 dans la dénonciation du scandale de corruption dit du "PMU 18", un département du ministère des Transports chargé de la construction d'infrastructures lourdes comme les routes et les ponts.
Lors de l'enquête, la police avait soupçonné des détournements de fonds massifs destinés à alimenter des paris sur des matches internationaux de football au sein du département, qui bénéficie largement de fonds du Japon et de la Banque mondiale.
Le général de police responsable à l'époque de l'enquête, Pham Xuan Quac, est lui-aussi visé par la procédure ouverte contre les journalistes, selon la quotidien en ligne Dan Tri (Intelligence du Peuple) qui cite le ministère de la Sécurité publique.
Aujourd'hui à la retraite, il n'a pas été arrêté, selon la même source. Mais l'un de ses importants subordonnés à l'époque, le lieutenant colonel Dinh Van Huynh, l'a en revanche été.
L'arrestation des journalistes a provoquée une vive émotion au sein de leurs rédactions.
"Il y a eu plus de 1.000 articles de presse sur l'affaire du PMU 18 publiés dans près de 100 journaux mais pourquoi seulement deux journalistes du Thanh Nien et du Tuoi Tre ont été arrêtés?", s'interroge Thanh Nien.
Tuoi Tre estime que son reporter "est en train de payer le prix pour ses informations sur l'affaire du PMU-18, une affaire qui (...) se déroule d'une manière extrêmement étrange". Le journal parle d'une parodie de justice "dont le journaliste est la victime".
En 2006, le scandale avait conduit à la démission du ministre des Transports de l'époque, Dao Dinh Binh, et à l'arrestation de son vice-ministre, Nguyen Viet Tien.
L'été dernier, des peines allant jusqu'à 13 ans de prison avaient été infligées à huit autres anciens responsables, dont l'ex-directeur du département du PMU 18, Bui Tien Dung.
Ils n'avaient cependant pas comparu pour détournement de fonds mais pour avoir organisé des paris illégaux pour plusieurs centaines de milliers de dollars -- ce qui est en soi illégal au Vietnam.
La presse avait évoqué la possibilité d'un autre procès, qui aurait pu voir comparaître Nguyen Viet Tien. Mais l'ancien vice-ministre, le plus haut responsable à avoir été inquiété par la justice dans cette affaire, a été blanchi en mars.
Agence France Presse - 13 Mai 2008

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PMU18: Introduction d'instance des inculpés pour violation de la loi sur l'information
HANOI- Le général de brigade Vu Thanh Hoa, porte-parole du ministère de la Sécurité publique, a annoncé mardi matin l'ouverture de l'introduction d'instance de certains inculpés qui ont violé la loi lors du traitement des affaires négatives au sein du Département de gestion des projets N°18 (PMU18).
Selon cette annonce, plusieurs articles de presse sur les affaires de PMU18 publiées dans des journaux, dont celui sur les déclarations de Bui Tien Dung, ex-directeur général de PMU 18, selon lesquelles, il a remis de l'argent à une quarantaine de personnages importants pour courir les antichambres de la loi. Rendant compte de l'importance de ces problèmes, le ministère de la Sécurité publique a demandé à ses organes concernés d'élucider ces informations pour pouvoir décider des punitions selon la Loi.
Les résultats des enquêtes ont montré que quelques nouvelles publiées dans des journaux étaient fausses et la publication de ces nouvelles dans les médias s'avérait grave et portait des signes d'une violation de la loi. Ainsi, le 22 mars 2007, l'agence d'investigation a décidé d'introduire l'instance des inculpés pour abus de droits démocratiques et porte atteinte aux intérêts de l'Etat, aux droits et aux intérêts légitimes des organisations et citoyens (Article 258 du Code pénal) et pour révélation de secret de l'Etat (Article 263 du Code pénal).
Selon les investigations, l'organe de sécurité d'enquête a rassemblé suffisamment des preuves de la publication de fausses nouvelles menée par certains enquêteurs et journalistes. Leurs actes ont gravement violé la loi. L'organe de sécurité d'enquête a décidé le 12 mai l'introduction d'instance des inculpés pour abus de pouvoir en exécution de mission (Article 281 de la Code pénale) pour poursuivre les investigations, afin de clarifier les fautes de quatre personnes: Pham Xuan Quac, 62 ans, ex-chef de la Police d'enquête de criminalité sur l'ordre social du ministère de la Sécurité publique, Dinh Van Huynh, 50 ans, ex-chef de l'Office 9 dudit Département, Nguyen Viet Chien, 56 ans, journaliste du quotidien Thanh Nien, et Nguyen Van Hai, 33 ans, journaliste du quotidien Tuoi Tre.
S'agissant de cette affaire, Dinh The Huynh, membre du CC du PCV, président de l'Association des journalistes du Vietnam, a affirmé à la presse qu'une des fonctions de son association était de défendre les intérêts et les droits d'exercice de profession légitimes des correspondants selon la loi et ses statuts. Sur la base de la loi, l'association devra défendre les intérêts légitimes des correspondants.
Agence Vietnamienne d'Information - 13 mai 2008