Selon Eglises d'Asie, la date avait été reportée en raison des « manifestations de prière » qui avaient débuté à Hanoi à la mi-décembre et s'étaient prolongées jusqu�à la fin du mois de janvier 2007, rendant la rencontre entre les représentants du Saint-Siège et les autorités vietnamiennes trop délicate.

La source romaine indique qu'avant son départ au Vietnam, la délégation n'informe jamais des sujets dont elle compte s�entretenir avec les autorités civiles du Vietnam. Généralement, les détails de la visite et les résultats des négociations sont rendus publics quelques jours après le retour des membres de la délégation à Rome. Un communiqué de presse est également publié par les autorités gouvernementales vietnamiennes.

Pourtant, les mêmes milieux catholiques vietnamiens font observer que, comme à l'accoutumée, la nomination de nouveaux évêques sera le principal sujet de négociations entre les deux parties. Il existe aujourd'hui deux sièges vacants au Vietnam, celui de l'évêque de Bac Ninh et de l�évêque de Phat Diêm. Par ailleurs, plusieurs évêques ayant atteint la limite d'âge ont, comme c'est la coutume, transmis leur démission au Saint-Siège. C'est le cas des évêques de Thai Binh et de Ban Mê Thuôt.

De plus, pour plusieurs raisons, il serait étonnant que la question de la restitution des propriétés d'Eglise accaparées par l'Etat ne soit pas abordée sous un biais ou sous un autre. Récemment, par deux fois, le gouvernement vietnamien s'est publiquement engagé à restituer des biens particuliers. Le 30 ou 31 janvier dernier, après des contacts entre le Saint-Siège et les autorités vietnamiennes, le général Nguyên Van Huong avait promis, au nom du gouvernement, la restitution de l'ancienne délégation apostolique, mettant un terme aux manifestations de prière des catholiques Hanoi, entamées au mois de décembre.

Dans l'attente du respect de l'accord

Plus tard, le 10 avril dernier, les autorités provinciales du Quang Tri ont signifié leur accord de principe pour la restitution quasi-totale du terrain confisqué du Centre de pèlerinage marial de La Vang. Jusqu'à présent, ces engagements n�ont pas été réalisés. En outre, les demandes de restitution de propriétés se multiplient dans les diocèses comme dans les congrégations, voire les autres communautés religieuses.

Il est également probable que la délégation du Saint-Siège plaidera, comme elle le fait d�habitude, pour que l'Eglise catholique au Vietnam puisse jouer le rôle social dont, jusqu'ici, elle est privée, en particulier dans le domaine de l'éducation, de la santé, de l'assistance sociale. Peut-être y aura-t-il aussi dans le dossier de la délégation romaine quelques cas particuliers concernant les droits de l'homme.

Relations diplomatiques souhaitées

Il est de coutume qu'à chaque rencontre, la délégation renouvelle la proposition d'établissement de liens diplomatiques entre le Vietnam et le Saint-Siège, proposition à laquelle le pape Benoît XVI, comme ses prédécesseurs, tient beaucoup. Jusqu'à présent, le pouvoir vietnamien a toujours fait en sorte que la création de liens diplomatiques soit remise à plus tard. Lors de sa visite auprès de Benoît XVI, le 25 janvier 2007, le Premier ministre Nguyen Tân Dung s�était contenté de prendre acte de la volonté du Saint-Siège et avait proposé que « les bureaux » étudient la proposition.

On peut aussi envisager que le Vietnam, qui assume cette année, pour la première fois, son rôle de membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, pourrait solliciter l�avis du Saint-Siège sur certaines affaires internationales qui lui sont soumises.

Agence de presse internationale catholique - 9 mai 2008