Le Japon et le Vietnam signent un accord de coopération nucléaire
Par Vietnam aujourd'hui le jeudi 15 mai 2008, 18:45 - Infos en français - Lien permanent
TOKYO - Le gouvernement japonais a annoncé jeudi avoir signé un accord de coopération avec le Vietnam pour aider Hanoï à préparer la construction de sa première centrale nucléaire. Le gouvernement vietnamien compte lancer la construction de sa première centrale nucléaire en 2015 et l'accord vietnamo-japonais signé à Hanoï va l'y aider, a annoncé le ministère japonais de l'Economie, du commerce et de l'industrie dans un communiqué.
Mettant en avant ses 50 ans d'expérience dans le nucléaire civil, le Japon va aider le Vietnam à préparer et planifier le chantier, instaurer des systèmes de contrôle et va aussi former du personnel spécialisé.
"Avec cet accord, nous allons associer gouvernement et secteur privé pour coopérer avec le Vietnam", a précisé le ministère de l'Economie japonais.
L'accord a aussi pour le but d'aider les entreprises japonaises à remporter par la suite les appels d'offres lancés par le Vietnam pour la construction de la centrale proprement dite, a affirmé l'agence de presse Kyodo en citant des sources gouvernementales japonaises.
La France, la Corée du Sud, la Russie et la Chine ont déjà proposé le même type de services au Vietnam, chacun espérant en tirer profit lors de l'attribution du marché de la construction de cette centrale.
Le Vietnam espère mettre en service sa première centrale nucléaire de production d'électricité en 2020.
Agence France Presse - 15 mai 2008

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Vers la première centrale nucléaire du Vietnam
Organisée par le ministère des Sciences et des Technologies et celui de l'Industrie et du Commerce (MIC), la 3e foire-exposition internationale sur l'énergie nucléaire a été inaugurée le 14 mai à Hanoi.
Ayant pour thème "Vers la construction de la première centrale nucléaire du Vietnam", l'exposition réunit des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), de l'Énergie atomique du Canada (AECL), de la Compagnie de l'énergie nucléaire de la province chinoise du Guangdong (CGNPC), ainsi que des représentants de sociétés chinoises, sud-coréennes, japonaises, russes et françaises du secteur.
Les participants se penchent notamment sur les questions liées à la conception, à la construction et à la maintenance des centrales nucléaires. Des débats autour des centrales de 3e génération et plus sont aussi programmés. La centrale nucléaire de type APWR (centrale à réacteur à eau lourde pressurisée) du groupe nippon Mitsubishi et celle de type REP (réacteur à eau sous pression) sont présentées à l'exposition. Durant l'événement, les sociétés étrangères mettent en avant leurs points forts dans la construction de centrales nucléaires.
Depuis plusieurs années, le Vietnam enregistre une bonne croissance économique. Seul hic, ce développement s'accompagne d'une consommation d'électricité importante et le pays doit souvent faire face à des pénuries. Selon les prévisions du MIC, les besoins en électricité devraient atteindre 294 milliards de kilowattheures en 2020 et 562 milliards en 2030.
Face à ce constat, il paraît urgent d'augmenter la production nationale d'électricité. Toujours selon le MIC, la production nationale est estimée à près de 230 milliards de kilowattheures en 2020 et à 293 milliards en 2030. Pour y parvenir, le Vietnam prévoit de construire et de mettre en service sa première centrale nucléaire, d'une puissance de 4.000 MW, à l'horizon 2020.
"Pour l'heure, le rapport du MIC sur la construction de cette centrale est toujours en cours d'élaboration", a indiqué Vuong Huu Tân, chef de l'Institut de l'énergie atomique. Et d'ajouter que "le premier projet de loi sur l'énergie atomique vient d'être soumis à l'Assemblée nationale" dans l'optique de "jeter une base juridique aux activités du secteur du nucléaire".
Les préparatifs vont bon train
Concernant le choix du site où sera établie la centrale, de nombreuses études ont été réalisées sur la base des critères de sécurité et d'économie. "Nous cherchons un endroit qui ne subit pas de l'influence des volcans ou des séismes et est proche du réseau électrique national et d'un port maritime", a précisé M. Tân.
Selon le groupe Électricité du Vietnam (EVN), 2 sites ont retenu l'attention des experts. Tous 2 se situent dans la province de Ninh Thuân (Centre), l'un à Phuoc Dinh (district de Ninh Phuong) et l'autre à Vinh Hai (district de Ninh Hai). Toutefois, comme l'a indiqué Vuong Huu Tân, "c'est l'Assemblée nationale et le gouvernement qui auront le dernier mot".
Questionné sur le personnel de la future centrale nucléaire, le chef de l'Institut de l'énergie atomique a fait savoir qu'il s'agissait d'un sujet actuellement au cœur des préoccupations. En effet, dans l'idéal, il convient de recruter près de 500 personnes dont une dizaine d'ingénieurs expérimentés pour faire fonctionner le réacteur nucléaire à plein régime. À cela, il ne faut pas oublier d'ajouter quelque 150 techniciens. "Malgré cette question épineuse, les préparatifs à la construction de la première centrale nucléaire vont bon train", a déclaré M. Tân. En effet, ces derniers temps, son établissement a coopéré dans ce sens avec plusieurs pays (Corée du Sud, Inde, France, Japon...).
Concernant le type de centrale nucléaire, "le pays s'oriente vers les technologies avancées qui sont appliquées dans d'autres pays. En outre, des experts internationaux superviseront la construction de la première centrale du Vietnam, qui répondra aux normes mondiales en la matière", a conclu M. Tân.
Clôture de l'exposition : ce samedi.
Par Nhât Minh - Le courrier du Vietnam - 15 mai 2008
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Développer l'énergie nucléaire, une nécessité
D'ici 2018, la demande nationale en électricité sera doublée. Pour contrer cette crise énergétique qui ne manquera pas d'arriver, le développement de l'énergie nucléaire deviendra une nécessité stratégique nationale.
Que choisir ? Importations d'électricité, charbon, pétrole, gaz, énergies durables (éolienne, solaire et biologique) ? Un vrai casse-tête pour moult chercheurs et experts en énergie vietnamiens.
D'après le vice-ministre de l'Industrie et du Commerce, Dô Huu Hào, cette année, la demande en capacité de production oscille entre 12.000 et 13.000 MW, tandis que celle réunie des ouvrages électriques est estimée à environ 12.000 MW. La pénurie d'électricité durant les heures de pointe est estimée à environ 1.000 MW. Le déséquilibre entre l'offre et la demande va considérablement se multiplier dans 10 ou 20 ans à venir.
Des analyses...
L'hydroélectricité est une énergie "propre", exploitée actuellement de manière maximale, mais elle n'est pas intarissable. Il apparaît impossible de construire des centrales de même puissance que la centrale hydroélectrique de Son La (1.000 MW). La capacité totale des centrales de petite dimension (350 MW chacune) ne pourra pas dépasser 4.500-5.000 MW, ce qui équivaut à 40-45 térawattheures par an. Ce chiffre est loin de satisfaire la demande en électricité, estimée à près de 270 térawattheures par an à l'horizon 2020. Ainsi, le développement de l'hydroélectricité ne peut résoudre à lui seul le problème énergétique au Vietnam.
Quid des centrales thermiques, qui utilisent le charbon, le pétrole ou le gaz ? Plusieurs difficultés empêcheront l'exploitation tous azimuts de cette ressource énergétique : réserves de pétrole et de gaz offshore limitées, faible capacité d'exploitation du charbon, pollutions multiples dues au transport de ces produits dans un certain nombre de ports maritimes et fluviaux et à l'émission de gaz à effet de serre, faible capacité de manutention du charbon dans les ports... En effet, les gaz à effet de serre sont responsables des changements climatiques qui menacent la vie de l'homme.
Face à cette situation inquiétante, la stratégie la plus raisonnable sera d'investir dans les sources d'énergies éolienne, nucléaire et biologique, comme dans les pays industrialisés. Au Vietnam, la capacité de ces sources est estimée en 2020 à environ 2.800 MW, équivalant à la capacité de 2 centrales nucléaires.
... à la conclusion
Les importations d'énergie, notamment des pays voisins (Laos, Cambodge, Chine...) s'avèrent inévitables. Selon les prévisions, à l'horizon 2015, pour assurer l'équilibre entre la demande et l'offre ainsi que la sécurité énergétique, le Vietnam devrait importer 13 térawattheures et 35 millions de tonnes de charbon, essentiellement d'Australie. Les importations représenteraient en 2020 environ 38-53% de la demande nationale en énergie. Il sera donc nécessaire d'appliquer plusieurs méthodes d'économies d'énergie. Cette mesure aura une "signification extrêmement importante" pour réduire le déséquilibre féroce entre l'offre et la demande, tant au Vietnam que dans d'autres pays en développement, d'après bon nombre d'experts.
Par conséquent, afin de sortir de la crise énergétique, l'électronucléaire ne saurait être négligé. Il s'agit en effet du choix le plus adapté, un choix stratégique pour le Vietnam. De 1991 à 1995, le nucléaire a fait l'objet d'une étude technico-scientifique d'Etat. Ensuite, une enquête sur son application a été menée. L'an dernier, la stratégie d'utilisation du nucléaire à des fins pacifiques 2007-2020 ainsi qu'un plan d'action ont été adoptés par le Premier ministre Nguyên Tân Dung.
En vertu de cette stratégie, le groupe Électricité du Vietnam (EVN) élaborera un projet de 2 centrales nucléaires, d'une puissance totale de 4.000 MW. Le premier groupe électrogène devrait être opérationnel en 2020. En 2025, les centrales nucléaires fourniraient 20-30% de la production nationale.
De plus, un groupe d'experts et de chercheurs élaborent actuellement un projet de loi sur l'énergie nucléaire. Ce texte vient d'être soumis à l'Assemblée nationale lors de son actuelle session. Il s'agira d'une étape importante vers la création d'un système juridique favorable au développement du nucléaire civil au Vietnam.
Par Lê Hà - Le courrier du Vietnam - 15 mai 2008