Actuellement, les frais réservés aux consultations et soins médicaux occupent un tiers du budget de l'État et 50% de celui réservé au secteur de la santé des villes et provinces. Le pays compte près 37 millions d'assurés, divisés en 14 groupes de personnes. Après 15 ans d'application, la politique sur l'assurance santé a positivement influé sur la société. Pourtant, il y a du pain sur la planche.

Selon le projet de loi sur l'assurance santé, la cotisation s'élèverait au maximum à 6% des revenus des assurés (salaire, dividendes, allocations sociales…) contre 3% auparavant. D'après le ministre de la Santé, Nguyên Quôc Triêu, "ce relèvement vise à remédier au déséquilibre entre le niveau de cotisation et le montant des frais médicaux". Mais, selon la députée Nguyên Thi Sang (de la province de Tiên Giang), "il faut réexaminer ce règlement parce que le revenu actuel des travailleurs et fonctionnaires est encore bas".

Du fait que les paysans représentent 56% de la population nationale, l'assurance santé en leur faveur est un problème auquel les députés s'intéressent particulièrement. Selon un rapport d'expertise sur ce projet de loi de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, la majorité des paysans sont incapables de verser 250.000 dôngs de cotisation annuelle.

Malgré des assistances de l'État en faveur des personnes déshéritées et des enfants de moins de 6 ans, des dizaines de millions de ruraux vivent sans aucune assurance santé. C'est pourquoi, plusieurs députés ont avancé l'idée qu'en dehors des aides des Fonds humanitaires et caisses de lutte contre la pauvreté, l'État devrait prendre en charge une partie de la cotisation pour que tous les paysans puissent être assurés.

Le député Lê Dung (de la province de Tiên Giang) a demandé, quant à lui, d'élaborer des "politiques prioritaires pour mieux soigner les personnes ayant rendu de grands services à la Patrie". Pour la députée Nguyên Thi Vân

(de Hà Tinh), "il est nécessaire d'appliquer l'assurance santé obligatoire pour les étudiants et élèves immédiatement après l'approbation de la Loi sur l'assurance santé, au lieu de 2010 comme prévu".

Le député Nguyên Van Son (de Tuyên Quang) a estimé qu'il existait une trop grande différence entre le montant de la cotisation et les frais engagés pour les consultations médicales.

En marge de la session de l'Assemblée nationale, la vice-ministre de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên, a souligné que le manque de médecins et d'infirmiers ainsi que d'équipements était un problème difficile à résoudre. Afin d'améliorer cette situation, selon elle, "le secteur de la santé a demandé au gouvernement de lui permettre d'utiliser 5.000 milliards de dôngs d'obligations gouvernementales pour investir dans la modernisation des infrastructures". Un autre objectif du secteur vise à améliorer la qualité des consultations et des soins dans le réseau sanitaire de base.

Par Huong Linh - Le Courrier du Vietnam - 28 mai 2008