Dieu Cay, de son vrai nom Nguyen Hoang Hai, avait été arrêté le 19 avril, dix jours avant le passage de la flamme des Jeux de Pékin à Ho Chi Minh-Ville, l'ex-Saïgon au sud, accusé de ne pas payer depuis 10 ans des impôts sur un logement dont il est propriétaire, rappelle RSF.

Mais "la fraude fiscale n'est qu'un prétexte pour empêcher Dieu Cay de manifester le jour du passage de la flamme olympique à Ho Chi Minh-Ville et de critiquer le parti communiste sur internet", estime RSF dans un communiqué reçu jeudi.

"Nous demandons (aux autorités) de le libérer et de cesser leur harcèlement à son encontre", poursuit l'organisation.

Les autorités vietnamiennes avaient neutralisé toutes les manifestations annoncées au passage de la flamme dans l'ex-Saïgon le 29 avril dernier. Après un périple mondial émaillé d'incidents, le régime communiste de Hanoï avait assuré à la Chine que le parcours serait sans faute sur le sol vietnamien.

Dieu Cay est connu pour ses prises de positions contre la politique de Pékin en mer de Chine du Sud, où les autorités chinoises et vietnamiennes revendiquent toutes les deux la souveraineté des archipels des Paracels et des Spratleys.

Le dossier, ultra-sensible dans les relations des deux pays communistes, avait donné lieu quelques mois avant le passage de la flamme au Vietnam à de rares manifestations à Hanoï et Ho Chi Minh-Ville, auxquelles le blogueur avait participé.

Dieu Cay publiait sur son blog des informations sur les manifestations organisées à travers le monde au passage de la flamme, "ainsi que des articles critiques envers la politique chinoise au Tibet et dans les archipels des Paracels et Spratley", rappelle RSF.

Agence France Presse - 19 juin 2008