"Le choléra et la diarrhée aiguë ont fait leur retour dans certaines provinces du nord du Vietnam", a indiqué à l'AFP Nguyen Huy Nga, directeur du Département de la médecine préventive et de l'environnement au ministère de la Santé. Dans les provinces de Bac Ninh, Ninh Binh et à Haïphong notamment, respectivement 31, 16 et 5 cas de choléra ont été recensés, a-t-il poursuivi.

Au total depuis le 5 mars, date à laquelle une troisième vague de choléra a officiellement débuté au Vietnam, près de 600 cas ont été recensés, sur plus de 3.730 cas de diarrhée aiguë, a encore déclaré le responsable, citant le dernier rapport disponible du ministère.

Jusqu'ici, les autorités vietnamiennes n'ont cependant encore déploré aucun décès dû au choléra lui-même, a-t-il ajouté.

Le choléra est une infection intestinale aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par une bactérie, la Vibrio cholerae. Il se traduit par des diarrhées, la déshydratation du malade et peut entraîner la mort si le patient n'est pas soigné.

"Une fois que le choléra est dans l'environnement, c'est assez difficile de s'en débarrasser", explique Jean-Marc Olivé, représentant de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Vietnam, pour qui la source de l'infection vient sans doute de nourritures contaminées par de l'eau impropre à la consommation.

Jeudi, l'OMS avait appelé le Vietnam à améliorer la qualité de l'eau, les systèmes sanitaires et d'hygiène pour éviter la propagation de maladies comme la diarrhée.

"Dans les pays développés, l'eau impropre est à l'origine de moins de 1% des décès. Dans les pays en développement, le bilan est en moyenne presque 10 fois plus élevé", avait indiqué dans un communiqué M. Olivé, prônant des mesures de base comme de fréquents lavages de mains au savon pour limiter les risques.

"Quand les gens peuvent accéder à de l'eau propre à côté ou dans leurs maisons, les avantages sanitaires sont importants", avait-il ajouté.

Agence France Presse - 27 juin 2008