Une enseignante ne peut obtenir de visa
Par Vietnam aujourd'hui le mercredi 16 juillet 2008, 13:49 - Infos en français - Lien permanent
Une enseignante du Vietnam, invitée à participer au Congrès international des professeurs de français organisé dans le cadre du 400e de Québec, s'est vue non seulement refuser son visa temporaire par le ministère des Affaires étrangères, mais les responsables du consulat canadien d'Hô Chi Minh Ville l'ont obligée à transiger en anglais dans la poursuite de ses démarches.
Professeure de français au Vietnam, Ly Thu Thuy avait reçu une invitation à participer au Congrès international des professeurs de français le 22 juillet à Québec.
La professeure de français a indiqué qu'elle ne pourra venir parce que son visa temporaire lui a été refusé. Les autorités canadiennes craignent qu'elle reste au Canada et que sa situation financière n'est pas à la hauteur des critères établis.
"Il s'avère que je suis trop pauvre, et le consulat canadien du Vietnam m'a refusé le visa avec les mentions suivantes : You have not satisfied me that you meet de requirements of regulation 179 ; that you would leave Canada at the end of the temporary period if you were authorized to enter. In reaching this decision I considered your ties to your country of residence-citizenship balanded against factors which might motivate you to stay in Canada ".
Elle raconte qu'elle a déjà fait plusieurs fois de telles demandes à la France et n'avoir jamais eu de tels refus. Elle s'y est même rendue à sept reprises pour ses études, pour donner des conférences et des visites familiales. "C'est incroyablement triste : je croyais pouvoir aller au Québec pour fêter les 400 ans de la ville" souligne-t-elle.
Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, soutient que le gouvernement canadien doit fournir des explications dans ce dossier puisqu'il est inacceptable que le consulat canadien ait été incapable de fournir des services en français à son consulat d'Hô Chi Minh Ville.
La professeure Ly a transmis sa demande en français et croyait bien pouvoir faire les démarches dans cette langue au consulat canadien parce que le français est l'une des deux langues officielles du Canada. "Mais le consulat a toujours insisté pour communiquer avec elle en anglais, a mentionné M. Perreault.
Plainte déposée
Une plainte a été déposée au Bureau du commissaire aux langues officielles. "C'est un autre exemple qui indique que le gouvernement canadien fait peu de cas pour changer son image de pays unilingue anglais à l'échelle internationale" dit-il.
Les services dans les deux langues officielles sont difficiles à obtenir dans plusieurs pays, sans compter que les sites Internets de plusieurs ambassades ne sont pas disponibles en français.
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement canadien refuse l'accès au pays à des participants à des congrès organisés pour souligner le 400e anniversaire de Québec.
Récemment, plusieurs participants invités au Congrès eucharistique à Québec n'ont pu s'y présenter parce que leur demande de visa temporaire a été refusée, en particulier ceux du continent africain.
Par Paul Gaboury - Le Droit - 3 Juillet 2008

Commentaires
Une enseignante vietnamienne pourra participer à un congrès à Québec
Une enseignante du Vietnam invitée à participer au Congrès international des professeurs de français pendant les célébrations du 400e anniversaire de Québec pourra finalement s'y présenter.
Jeudi, le dossier de Ly Thi Thu Thuy a pris un nouveau tournant.
Après avoir vu son visa temporaire refusé, cette enseignante de français a même eu droit à des excuses du consul canadien au Vietnam pour avoir traité sa demande en anglais plutôt qu'en français.
Dans un courriel transmis à ses amis canadiens jeudi matin, l'enseignante affirme avoir même été reçue en personne par le consul gestionnaire du programme d'immigration canadien à Hô Chi Minh-Ville, Bruce Grundison, qui lui a finalement accordé un visa temporaire de six mois.
«Je file chercher un billet d'avion. Je vous remercie de votre soutien et votre aide précieuse», a écrit la femme dans un courriel envoyé à des amis canadiens.
Les messages d'appui à la demande de visa temporaire de cette enseignante invitée à participer comme conférencière au Congrès international des professeurs de français le 22 juillet ont sans doute fait pencher la balance. Le président du Mouvement Impératif français, Jean-Paul Perreault, avait exigé mercredi des explications du gouvernement canadien pour ce refus et pour ne pas avoir traité la demande en français.
Dans la réponse qu'il a fait parvenir le 2 juillet, le consul gestionnaire du programme d'immigration à Hô Chi Minh-Ville, Bruce Grundison, a indiqué que la lettre de refus avait été envoyée «dans la mauvaise langue officielle».
«Pour qu'elle ait une occasion de rencontrer un agent qui peut parler et expliquer sa décision en français, j'ai autorisé la réévaluation de la demande et on a déjà contacté Mme Ly pour l'inviter à une entrevue. J'espère bien que notre flexibilité face à vos préoccupations et celles de Mme Ly vous démontrera que notre processus est bien transparent et équitable», a souligné le consul Grundison.
Il a terminé en soulignant que le Conseil général du Canada à Hô Chi Minh-Ville offre tous les services dans les deux langues officielles. «On n'a jamais refusé de servir les demandeurs de visa en français», a-t-il tenu à préciser.
La professeure Ly, invitée à titre de conférencière au Congrès international des professeurs de français, avait clairement indiqué qu'elle voulait venir au Canada pour des fins professionnelles afin d'y présenter une conférence à ses collègues du monde entier rassemblés dans la Vieille Capitale à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.
Le consulat canadien lui avait refusé sa demande de visa en se disant incertain qu'elle quitte le Canada avant la fin de l'échéance de son visa temporaire. Mme Ly disait ne pas comprendre ce refus, d'autant plus qu'elle avait déjà fait sept voyages en France pour des études et comme conférencière, et qu'elle était toujours retournée dans son pays par la suite.
Une plainte a été déposée au Commissaire aux langues officielles dans cette affaire par un ami de l'enseignante. Dans sa plainte, il indique que le consulat avait toujours refusé de la servir en français malgré sa demande faite dans cette langue. En la forçant à parler anglais, une langue qu'elle maîtrise moins bien que le français, le consulat avait limité, selon lui, sa capacité à justifier sa demande de visa et à convaincre l'agent de ses intentions.
Cyberpresse.ca - 3 Juillet 2008