Étudiante de l'Université des sciences sociales et humaines de Hanoi, Nguyên Thuy Hà a décidé de vendre sa moto Wave Alpha et d'acheter un vélo électrique. Et, pour elle, le calcul est simple : chaque chargement de son nouveau vélo lui coûte 5.000 dôngs et lui permet de parcourir près de 40 km, une distance qui lui aurait coûté pas moins de 19.000 dôngs d'essence avec son ancienne moto. "Parcourant en moyenne 50 km par jour, le vélo me permet d'économiser environ 500.000 dôngs chaque mois", précise-t-elle.

Avec la récente flambée du prix de l'essence, de nombreux foyers de citadins sont dans l'obligation de revoir leurs budgets et de réfléchir sérieusement aux possibles moyens de réduire leurs dépenses. Pour beaucoup, la solution est déjà toute trouvée : le vélo électrique. Arrivé il y a peu sur le marché vietnamien, ce moyen de transport propre et économique paraît en effet être l'alternative idéale de la moto pour les déplacements dans les villes.

Dans ce contexte, les magasins se sont retrouvés assaillis à peine l'augmentation du prix de l'essence annoncée. Face à cet afflux de clients, le magasin Duy Khang, situé dans la rue Thai Phiên (Hanoi), avoue se retrouver parfois débordé. En moyenne, une trentaine de vélos électriques de la marque Asama y sont vendus chaque jour. Un des vendeurs s'inquiète même d'une possible rupture de stocks en cas de non réapprovisionnement.

À Hô Chi Minh-Ville, la situation est identique. Un magasin dans la rue Vo Thi Sau (3e arrondissement) a par exemple écoulé près de 40 vélos Asama en à peine 2 heures. Ce chiffre est d'autant plus fou que les vélos viennent juste d'être emmagasinés. Le reste des clients a dû se contenter de revenir plus tard car le stock est vide.

Même si plusieurs modèles sont proposés sur le marché, les clients optent pour des produits taïwanais assemblés au Vietnam au détriment des modèles de fabrication chinoise. Parmi les produits phares : le vélo à grandes roues de fabrication vietnamo-taïwainaise, vendu aux alentours de 5,7 millions de dôngs. Le modèle le plus bon marché est vendu 4,9 millions de dôngs.

Sur le marché, on trouve aussi les produits importés de Taïwan dont les prix oscillent entre 7 et 8 millions de dôngs. Au niveau de la clientèle, il semblerait qu'il s'agisse majoritairement de personnes d'âges mûrs et de trentenaires.

Plusieurs magasins pêchent en eau trouble

Cependant, les tarifs précités ne sont que ceux annoncés par les fournisseurs et face à cette subite hausse de la demande, plusieurs magasins se sont mis dans l'idée de se faire un maximum d'argent en augmentant considérablement les prix. Submergés par les clients soucieux de faire des économies, certains n'ont en effet pas hésité à mentir en invoquant des difficultés d'approvisionnement, des ruptures de stocks… Les vendeurs annoncent souvent que le prix des vélos est à la hausse (de 200.000-300.000 dôngs la pièce). Ainsi, le modèle Martin de la marque Asama est vendu 5,7 millions de dôngs dans un magasin et 6 millions chez le concurrent d'en face. Pour ne pas se faire arnaquer, les clients doivent donc s'armer de patience. Et, en se donnant la peine de faire un tour dans les rues Vo Thi Sau, Hoàng Van Thu et Trân Hung Dao (Hô Chi Minh-Ville), beaucoup réussiront à trouver leur bonheur à des prix raisonnables.

Par Linh Thao - Le Courrier du Vietnam - 30 juillet 2008