Les magasins de moto de Hô Chi Minh -Ville ont de plus en plus d'invendus. L'importante augmentation du prix de l'essence incite en effet les citadins à opter pour un moyen de transport plus économique afin de limiter les dépenses.

En revanche, les magasins de vélo électrique, désormais plébiscités, voient affluer les clients alors que ceux de moto sont de plus en plus silencieux. C'est le cas pour la société Cho Lon située au 65, rue An Duong Vuong, 5e arrondissement, où les vendeurs ont beaucoup de temps libre. Selon M. Boi, un employé, "en juillet, les ventes baissent beaucoup, d'autant que le prix de l'essence augmente encore, et maintenant, très peu de clients viennent acheter des motos". Les compagnies Bao Phuc et Nam Quê dans le 2e arrondissement sont dans la même situation, les clients viennent pour faire entretenir leurs motos plus que pour en acheter de nouvelles.

Avec les scooters, ce phénomène est encore plus flagrant. D'après les employés des magasins de la compagnie Quang Phuong, rue An Duong Vuong (5e arrondissement), ils vendaient auparavant environ 10 véhicules par jour. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'une ou 2 unités, et encore s'agit-il là de "bonnes journées", car pour d'autres il n'y a aucune vente. Les scooters sont les grandes "victimes" car ils consomment beaucoup d'essence. Les magasins d'envergure se trouvent dans une situation difficile, et pire pour les plus petits. "Je n'ai rien vendu depuis 3 jours", indique le propriétaire du magasin aux 155-157, rue An Duong Vuong, ajoutant qu'en raison de la hausse du prix de l'essence, les ventes ont beaucoup baissé, à commencer par les scooters.

La situation pour les motos d'occasion n'est pas plus brillante. Selon M. Quang, patron d'un magasin de vieille moto, son commerce subit également un contrecoup direct du prix élevé des carburants. Actuellement il ne reprend plus de scooters bien que beaucoup de personnes veuillent les vendre à un prix qui diminue de plus en plus. Les magasins spécialisés dans les scooters d'occasion se trouvent dans l'embarras : ils ne peuvent pas vendre ni acheter, son chiffre d'affaires est quasiment nul.

Dans ce contexte actuel, la clientèle pense plus à ses besoins réels qu'aux modèles. C'est en revanche une excellente opportunité pour les motos économiques en carburants qui se taillent la part du lion sur le marché des 2 roues.

Par Thuy Hà - Le courrier du Vietnam - 7 août 2008