Un policier, accusé de lui avoir transmis des informations, a été condamné à un an de prison tandis qu'un de ses confrères a été remis en liberté mais devra suivre une période de rééducation de deux ans.

"Le tribunal populaire de Hanoï a reconnu Nguyen Viet Chien coupable d'avoir abusé des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l'Etat", a indiqué le président du tribunal, Tran Van Vy.

Les deux journalistes, Nguyen Van Hai et Chien, arrêtés en mai, avaient été, comme leurs journaux Tuoi Tre et Thanh Nien, particulièrement actifs dans la couverture du scandale de corruption dit du "PMU 18", une affaire de détournements de fonds publics dans laquelle de très nombreux responsables avaient été épinglés.

Agence France Presse - 15 octobre 2008


Procès public de 4 personnes impliquées dans l'affaire du PMU 18

La Cour populaire de Hanoi a ouvert le 14 octobre le procès en première instance de 4 personnes impliquées dans l'affaire du PMU 18 (comité de gestion N°18 des projets de communication). Deux d'entre eux étaient des enquêteurs de la police et les 2 autres des journalistes.

Pham Xuân Quac (né en 1946, domicilié à Hanoi) et Dinh Van Huynh (né en 1958, aussi à Hanoi), ex-enquêteurs du ministère de la Police, sont poursuivis en justice par le Parquet populaire suprême pour "révélation intentionnelle de secrets d'État" selon l'Article 286 du Code pénal. Quant aux 2 autres, Nguyên Viêt Chiên, ex-journaliste au quotidien Thanh Niên, et Nguyên Van Hai, son confrère au Tuôi Tre de Hô Chi Minh-Ville, ils le sont pour "abus des droits de liberté et de démocratie ayant porté atteinte aux intérêts de l'État, aux droits et intérêts légitimes d'organisations et de citoyens", conformément à l'Article 258 du Code pénal.

Ces 4 accusés, bien qu'ils aient été des cadres et fonctionnaires de l'État, ont commis des actes délictueux par faute professionnelle qui ont eu de graves conséquences.

Le Parquet populaire de Hanoi a demandé les travaux correctifs sans privation de liberté d'un à 2 ans ou un avertissement à l'encontre de Pham Xuân Quac pour avoir "révélé intentionnellement des secrets professionnels". Pour Dinh Van Huynh, il a requis de 24 à 30 mois de prison pour le même délit ; pour Nguyên Viêt Chiên, de 24 à 30 mois de prison ; et pour Nguyên Van Hai, les travaux correctifs sans privation de liberté de 18 à 24 mois pour avoir "abusé des droits de liberté et de démocratie ayant porté atteinte aux intérêts de l'État, aux droits et intérêts légitimes d'organisations et de citoyens".

Selon l'acte d'accusation lu par le représentant du Parquet populaire suprême et les résultats des débats, Pham Xuân Quac et Dinh Van Huynh ont, lorsqu'ils dirigeaient et organisaient l'enquête sur l'affaire du PMU 18, pris contact avec des journalistes et leur ont révélé des informations qui ont ensuite été publiées dans la presse, certaines se révélant "inexactes" ou "non vérifiées" à l'état de l'enquête.

Quant à Nguyên Viêt Chiên et Nguyên Van Hai, ils ont écrit des articles dont les contenus "exagérés, inventés, erronés" ont induit en erreur l'opinion publique, portant atteinte au prestige du Parti, de l'État, à l'honneur et à la dignité humaine de citoyens.

Le procès se poursuit aujourd'hui. Y participe les représentants de 26 agences de presse du pays, de 6 de l'étranger (AP, AFP, Reuteurs, Kyodo, NHK, DAP), ainsi que 5 représentants d'organisations et de services diplomatiques étrangers à Hanoi.

Par Hông Nga - Le courrier du Vietnam - 15 Octobre 2008