D'après la résolution, adoptée à 479 voix pour, 21 contre et 4 abstentions, la liberté de réunion et de la presse ainsi que l'accès à Internet sont strictement restreints au Vietnam, tandis que les minorités ethniques et les groupes religieux - comme les catholiques, les bouddhistes, les minorités ethniques des hauts-plateaux et les minorités khmer - sont victimes de discrimination et de persécution.

Appel à un plus grand respect des droits de l'homme conformément à l'accord actuel

Tout d'abord, conformément à l'accord de coopération en cours entre l'UE et le Vietnam, le Parlement souligne que "le dialogue sur les droits de l'homme entre l'Union européenne et le Vietnam doit déboucher sur des améliorations tangibles dans le pays" et "invite le Conseil et la Commission à reconsidérer la politique de coopération avec le Vietnam, compte tenu de l'article premier de l'accord de coopération de 1995, qui dispose que la coopération est fondée sur le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux". Il invite la Commission à "établir des critères bien définis pour l'évaluation des projets actuels de développement au Vietnam de manière à garantir leur conformité avec la clause relative aux droits de l'homme et à la démocratie".

Un nouvel accord ne sera pas finalisé avant que les violations des droits ne cessent

Les députés ont également insisté pour que la Commission et le Conseil, dans le cadre des négociations en cours pour un nouvel accord de partenariat et de coopération, "insistent auprès du Vietnam sur la nécessité de mettre fin à la situation actuelle de violation systématique de la démocratie et des droits de l'homme avant l'achèvement de l'accord".

En particulier, le Parlement européen souhaite qu'il soit demandé au Vietnam :

- de coopérer activement avec les organismes des Nations Unies spécialisés dans les droits de l'homme, en invitant au Vietnam le rapporteur spécial sur l'intolérance religieuse ;

- de libérer immédiatement tous les personnes emprisonnées ou détenues pour avoir exprimé pacifiquement leurs convictions politiques ou religieuses ;

- de permettre aux organismes religieux indépendants de mener librement des activités religieuses sans intervention des autorités publiques ;

- d'abroger les dispositions du droit vietnamien faisant de la dissidence et de certaines activités religieuses des crimes en invoquant la notion floue d'atteintes à la "sécurité nationale" ;

- de mettre fin à la censure et au contrôle exercés par le gouvernement vietnamien sur les médias nationaux.

Communiqué de presse du Parlement Européen - 22 Octobre 2008