Le projet de loi sur l'assurance santé table sur une cotisation de 6% du revenu de l'assuré, contre 3% actuellement, ce que plusieurs députés jugent "élevée". Ils proposent que la cotisation soit équivalente à 3% du salaire minimum de base des fonctionnaires et à 5% pour les autres (3% à la charge de l'employeur et 2% pour l'employé).

Pourquoi augmenter la cotisation à 6% ? D'après Truong Thi Mai, présidente de la Commission des affaires sociales de l'AN, la cotisation actuelle de 3% est en vigueur depuis longtemps alors que les intérêts des assurés ont été élargis, rendant cette réglementation obsolète. La caisse d'assurance santé pourrait ainsi profiter aussi de la hausse des salaires, alors que les services et prestations sanitaires fournis sont de plus en plus chers. C'est une des "causes majeures" du déséquilibre de la caisse d'assurance santé, selon Mme Mai. En outre, plusieurs pays dans le monde ont fixé une cotisation à l'assurance santé de 8%-12% du salaire. Pour ces raisons, le projet de loi avance un taux de 6%. Concernant le partage des frais de soins sanitaires, les députés ne sont pas tous d'accord avec les 3 niveaux de paiement : gratuité, 5% et 20%. Le premier serait accordé aux personnes ayant rendu de grands services à la Patrie, aux soldats, policiers, enfants de moins de 6 ans. Le 2e concerne les retraités, les bénéficiaires de subventions d'État, les personnes démunies, les ethnies minoritaires vivant dans les régions en difficulté. Le troisième est au bénéfice des autres groupes (fonctionnaires, salariés...). Les propositions abordent plutôt 2 sugges- tions : la gratuité et 20% pour la première et un tarif commun de paiement à 20%, suivant le principe d'égalité, pour la seconde.

Pourtant, cette question anime encore les débats, car un tarif commun de paiement appliqué à toutes les catégories de population ne traduit pas la politique prioritaire de l'État vis-à-vis des personnes en difficulté. Alors qu'un tarif de 5% et de 20% semble mieux convenir aux conditions économiques de chaque catégorie de population.

Couverture de l'assurance santé des paysans

L'octroi de la carte d'assurance santé est encore compliqué. Il est nécessaire de ramener la durée de 15 jours actuellement à 10 jours pour favoriser les besoins d'examen sanitaire des assurés, selon plusieurs députés. Certains d'entre eux suggèrent que le détenteur de la carte d'assurance santé doit "être accepté par tous les hôpitaux du pays participant à ce réseau". "Il faut considérer la carte d'assurance santé comme une carte ATM qui permet au titulaire de bénéficier de soins sanitaires dans n'importe quel hôpital", souligne Ngô Van Minh, député de Quang Nam.

Concernant l'assurance santé pour les paysans, plusieurs députés se soucient du fait que des dizaines de millions d'agriculteurs, de sylviculteurs, de saliniers "ne peuvent y avoir accès". Mais faute de budget, les élus doivent s'entendre sur la subvention à accorder aux paysans ayant un niveau de vie moyen.

Par Giang Ngân - Le courrier du Vietnam - 23 octobre 2008