La Belgique a signé, il y a 30 ans, un accord de coopération économique, industrielle et technique avec le Vietnam, devenant ainsi l'un des premiers pays occidentaux à se rapprocher du Vietnam. Où en est-on ? Qu'en pensez-vous ?

La Belgique était effectivement l'un des premiers pays occidentaux à établir des relations diplomatiques avec le Vietnam, il y a 35 ans en 1973 et à signer un accord-cadre de coopération économique, industrielle et technique, en 1977. Quand on regarde ces 30 années de coopération, on ne peut que conclure que celle-ci a été plus que fructueuse. Nous allons publier prochainement une brochure, qui présentera un aperçu de la multitude des programmes qui ont été lancés depuis 1977 et qui couvrent des secteurs aussi divers que l'infrastructure et le matériel ferroviaire, le textile, la santé, l'assainissement de canaux, l'urbanisme, l'éducation et la formation de professeurs, le microcrédit, le traitement des déchets, la bonne gouvernance et le renforcement des capacités institutionnelles. Ces programmes sont toujours exécutés en étroite coopération avec nos partenaires vietnamiens. Les différents témoignages d'acteurs belges et vietnamiens reflètent les caractéristiques essentielles de notre coopération : c'est, en effet, une coopération basée sur le respect mutuel et le dialogue, avec un objectif commun, qui est de combattre la pauvreté en donnant aux gens un meilleur accès aux services et aux infrastructures de base qui sont nécessaires pour améliorer leur qualité de vie.

Quelles sont les perspectives des relations Belgique-Vietnam pour les années à venir ?

Je suis, en fait, un ambassadeur satisfait et content. Content et satisfait parce que nos relations avec le Vietnam sont excellentes et ceci à tous les niveaux. Cette relation est portée par de nombreuses visites bilatérales au niveau politique, diplomatique et militaire, mais elle est surtout le fruit de l'enthousiasme et du dynamisme de nombreux Belges et Vietnamiens, qu'il s'agisse d'investisseurs belges, d'ONG, d'universités et centres de recherche, des communautés et régions de Belgique ou même de certaines provinces. Ce sont donc des relations très diverses, qui continuent à se diversifier davantage. C'est une preuve de l'excellent état de santé de nos relations. Les 3 régions de Belgique, la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale sont actives au Vietnam avec leurs représentations respectives : Flanders Investment and Trade, L'Agence Wallonne à l'Exportation, Brussels Export et la délégation Wallonie-Bruxelles. Nos relations avec le Vietnam ont toujours suivi de près la remarquable évolution sociale et économique du Vietnam et de sa population, et il est évident qu'elles doivent continuer à le faire. Le Vietnam assume de plus en plus le rôle d'un acteur responsable et incontournable dans la région, au sein de l'ASEAN, mais aussi dans les relations entre l'Europe et l'Asie, au sein de l'ASEM. Cet engagement du Vietnam a été reconnu par la communauté internationale et couronné par l'entrée du Vietnam à l'OMC et par l'entrée du Vietnam au Conseil de sécurité des Nations unies comme membre non-permanent, tout comme la Belgique d'ailleurs. Le monde d'aujourd'hui fait face à de nombreux défis sans précédent : nous sommes actuellement confrontés à une grave crise financière, qui a des conséquences pour nos économies. Le spectre d'une récession globale s'ajoute à d'autres défis tels que la sécurité alimentaire, le prix des matières premières, la sécurité de l'énergie, le changement climatique, le terrorisme et le crime international, et le risque permanent de la prolifération nucléaire. Aucune nation au monde ne peut faire face à ces défis à elle seule. Il est clair qu'il faudra davantage de coopération et un multilatéralisme renforcé, et, dans ce processus, le Vietnam est un partenaire asiatique important. Au niveau européen, nous devons mener à bon port les négociations pour un accord de partenariat et de coopération entre l'Union Européenne et le Vietnam, ainsi que les négociations entre l'UE et l'ASEAN pour un accord de libre échange, dans lesquelles le Vietnam assume une responsabilité de premier plan. Au niveau des relations bilatérales, j'attends avec impatience la visite de notre ministre de la Coopération au Développement, M. Charles Michel. Le ministre Michel conduira la délégation belge lors de la réunion des pays donateurs avec le gouvernement vietnamien le 4 décembre et il co-présidera un séminaire belgo-vietnamien, qui se penchera sur de nouvelles pistes pour renforcer et développer davantage notre coopération avec le Vietnam au-delà de 2010.

Comment le gouvernement belge favorise-t-il les entreprises belges désireuses d'investir au Vietnam ?

Il est clair que nos relations économiques et commerciales ainsi que les investissements belges au Vietnam sont des éléments de première importance dans nos relations. Il ne faut pas oublier que le commerce est essentiel pour la Belgique car 75% de notre PNB provient de l'exportation de biens et de services. La Belgique a donc besoin de partenaires partout dans le monde pour assurer un développement socio-économique durable et pour maintenir son niveau de vie et sa qualité de vie. Depuis 35 ans, notre commerce bilatéral n'a fait que grimper pour atteindre un chiffre record de 1,5 milliard de dollars, soit 25 fois plus qu'en 1991. Ceci nous fait le 4e partenaire du Vietnam parmi les pays européens. Les investissements directs de sociétés belges au Vietnam s'élèvent aujourd'hui à 84 millions de dollars dont 61 millions de dollars ont déjà été déboursés. Comme le commerce et les investissements sont de première importance pour l'économie belge, il va de soi que l'État fédéral ainsi que les régions disposent de différents instruments financiers pour soutenir le commerce et les projets d'investissements. Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques de ces instruments, mais il ne faut pas oublier que ces instruments ne servent à rien sans un lien de confiance entre le partenaire belge et le partenaire vietnamien. Un investisseur potentiel ne doit pas seulement tenir compte des aspects économiques et financiers, mais il faut, avant tout, qu'il ait confiance dans le cadre économique et juridique du pays dans lequel il envisage d'investir. Ce qui m'a toujours frappé durant ma carrière de diplomate, c'est l'extraordinaire fidélité de nos investisseurs à l'étranger et cela se confirme aussi au Vietnam. Outre leurs compétences professionnelles, les investisseurs belges se caractérisent par leur capacité d'intégration dans la société locale, du fait qu'ils emploient beaucoup de cadres locaux, la population belge étant trop réduite pour envoyer des expatriés partout dans le monde, et par le long terme. Une fois la décision prise, une fois que l'investissement a été fait, ils sont là pour rester et contribuer au développement du pays, comme ici au Vietnam.

Cela fait un an que vous êtes ambassadeur de Belgique au Vietnam. Êtes-vous satisfait de votre première année de vie et de travail à Hanoi ?

Je ne connaissais pas le Vietnam avant mon arrivée et j’ai été agréablement surpris et ému par l'accueil chaleureux et l'hospitalité qui m’ont été réservé à mon arrivée. Je suis conscient que le Vietnam a connu des années de souffrance, mais je suis frappé de constater qu'à travers ses souffrances, le Vietnam et le peuple vietnamien ont appris à compter sur leur propres forces et ressources, et qu'ils regardent avec confiance et optimisme leur avenir. Je suis donc très content, ainsi que tous les Belges au Vietnam, de pouvoir contribuer à cela.

Par Hoàng Hoa - Le courrier du Vietnam -14 novembre 2008


L'éducation et la culture, 2 volets d’une coopération Vietnam-Wallonie-Bruxelles

Franck Pezza vient d'entrer en fonction de chef de la Délégation de la Communauté française de Belgique, délégué des gouvernements francophones de Belgique au Vietnam (mandat 2008-2012).À cette occasion, il a accordé une interview au Courrier du Vietnam sur la coopération bilatérale.

L'accessibilité publique à un enseignement de qualité et le rôle de l'État dans ce secteur ainsi que la promotion de la diversité culturelle sont des volets prioritaires de la coopération bilatérale Vietnam-Wallonie-Bruxelles. Quels sont les projets mis en oeuvre prochainement par Wallonie-Bruxelles pour intensifier cette coopération ?

Vous avez tout à fait raison de souligner l'importance que reflète pour les gouvernements francophones de Belgique (Communauté française et Région wallonne) le rôle de l'État dans l'accès pour tous à un enseignement de qualité. Dans ce contexte, une de nos priorités dans nos programmes de coopération avec le Vietnam reste l'enseignement supérieur, et nous partageons ainsi la priorité du gouvernement vietnamien de répondre au défi de l'éducation, en participant à ses efforts pour former plus de diplômés en mastères et doctorats, mais aussi en développant la recherche et la valorisation de la recherche. Quant à la diversité culturelle, qui est, au-delà de Wallonie-Bruxelles, une des valeurs fondamentales de la Francophonie dans son ensemble, elle doit s'exprimer non seulement en présentant des artistes belges ici, mais aussi en proposant des artistes ou spectacles vietnamiens en Belgique. Je suis très heureux à cet égard que le film Forêt noire de Vuong Duc, ait été présenté avec un beau succès au 23e Festival du film francophone de Namur, le 27 septembre dernier. En ce qui nous concerne, nous chercherons à présenter ici le plus d'artistes possibles de Wallonie-Bruxelles, musiciens, chanteurs, dessinateurs BD, écrivains, cinéastes, artistes de la scène… Prenez déjà rendez-vous le 27 novembre à Hanoi et le 3 décembre à Hô Chi Minh-Ville avec There is an effet there, trio de jazz féminin, dans le cadre du Festival européen de musique contemporaine. Nous sommes par ailleurs très impliqués au Vietnam en muséologie et protection et valorisation du patrimoine.

Le Vietnam et la région Wallonie-Bruxelles fêteront cette année le 15e anniversaire de leur premier accord de coopération. Pourriez-vous nous faire part des activités principales pour célébrer cet événement important ?

C'est effectivement en 1993 que la Communauté française de Belgique a signé son premier accord de coopération avec le Vietnam, rejointe ensuite par la Région wallonne et, en 2002, la Commission communautaire française de la région de Bruxelles - Capitale. La Délégation Wallonie-Bruxelles, qui a été ouverte en 1996, représente bien aujourd'hui l'ensemble des gouvernements francophones de Belgique, dans les vastes compétences qui leur sont attribuées par le système fédéral belge. Elle est toujours aujourd'hui la seule Délégation Wallonie-Bruxelles en Asie, même si l'ouverture d'une Délégation à Pékin est prévue pour 2009. C'est bien la preuve que pour nous, le Vietnam est un pays absolument prioritaire, dont nous tenons à accompagner l'évolution et le progrès dans une logique de partenariat structurel, de long terme, entre des partenaires qui se connaissent bien, qui travaillent sur un pied d'égalité dans un climat de confiance et d'amitié.Et la Délégation Wallonie-Bruxelles entend bien être ce lieu central où Vietnamiens et Belges francophones construisent leurs projets et se projettent dans l'avenir. L'année 2008 correspond à un changement de délégué à Hanoi puisque j'ai l'honneur et le plaisir (et le défi) de remplacer Christian Saelens à ce poste, et si rien de particulier n'a été prévu pour ces 15 années de coopération, c'est bien parce que c'est tous les jours, dans chaque activité liée à notre programme de coopération que nous voulons souligner la longue histoire d'amitié et d'échanges qui nous lie.

L'année 2008 marque le début de la mise en oeuvre du premier programme de formation pluri annuelle (2008-2010) de l'Association pour la promotion de la formation et l'éducation à l'étranger (APEFE). Pourriez-vous le préciser ?

C'est exact, vous avez raison de le souligner. Précisons d'abord que l'APEFE travaille dans des projets de coopération au Vietnam depuis 1994, et que les bureaux de l'APEFE, dont le coordonnateur est Jean-Pierre Outers, sont implantés au sein de la Délégation Wallonie-Bruxelles.

Un plan pluriannuel s'inscrit dans la programmation globale de l'APEFE. Celle-ci gagnera ainsi sans conteste en cohérence, puisqu'on peut dire que 3 années représentent la durée moyenne d'un projet type, même si rien n'empêche bien entendu, a priori, de définir un programme sur 2 plans pluriannuels ; ceci constitue en outre une garantie dans la durée pour les actions, cette programmation étant validée par le bailleur de fonds.

L'APEFE confirme ainsi sa mutation comme partenaire à part entière de coopération, conformément aux termes de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide au développement : on est loin de l'époque où elle s'associait à des projets tiers par la simple mise à disposition de formateurs. Grâce à la cogestion, elle participe désormais avec les partenaires locaux au pilotage des actions dans toutes ses composantes. La logique de programmes planifiés axés sur les résultats, avec une volonté d'agir pour le renforcement durable d'un système, remplace de plus en plus celle de projets. D'où une volonté de concentration sectorielle : de 2008 à 2010, 83% des actions de l'APEFE relèveront du secteur éducatif, principalement en formation technique et professionnelle (avec notamment un programme avec le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales), et 17% du secteur culturel, avec un programme avec la Direction du patrimoine culturel, les musées nationaux, et les 2 universités de la culture de Hanoi et de Hô Chi Minh-Ville.

Par Huong Giang - Le courrier du Vietnam - 12 novembre 2008


L'interprète de Bonjour Vietnam de retour au pays

C'est avec le sourire et beaucoup d'émotion que la jeune chanteuse Viêt kiêu, Pham Quynh Anh, a donné une conférence de presse hier dans la mégapole du Sud.

Lors de sa rencontre avec la presse, la jeune artiste s'est dite "surprise" et "fière" de l'accueil chaleureux que lui ont réservés les Saigonais. "Dès que je me ballade dans la rue, les gens me sourient et me lancent des regards amicaux. Cela me donne confiance et je ne me sens plus une étrangère", raconte Pham Quynh Anh avec émotion.

Pham Quynh Anh est née en Belgique de parents vietnamiens et avoue connaître peu le Vietnam. Mais, bien qu'elle se sente aujourd'hui plus Belge que Vietnamienne, elle garde toujours un profond attachement pour son pays d'origine. Au cours de cette conférence de presse, la chanteuse a fait part de ses sentiments quant à ce premier retour au pays qui a vu naître ses parents. Selon elle, cette visite lui a en effet permis de mieux comprendre la culture vietnamienne et l'histoire de sa famille. Durant son séjour, outre la visite de quelques-uns des sites incontournables de la mégapole du Sud : son marché, ses pagodes..., elle s'est rendue dans le collège où sa mère a fait ses études. "J'ai pris des photos du collège et raconterai ce que j'ai vu à ma mère dès que je serai de retour en Belgique. Elle sera sûrement très heureuse".

Pham Quynh Anh a également confié qu'après cette tournée au Vietnam, elle ne chantera plus la chanson Bonjour Vietnam de la même façon car aujourd'hui, elle se sent plus Vietnamienne que jamais. Avant de quitter la salle, l'artiste a exprimé le souhait de revenir à nouveau au Vietnam pour en apprendre davantage sur ses racines et sur la vie de ses compatriotes.

Au programme de sa journée d'aujourd'hui, un gala organisé par Eurocham durant lequel Pham Qunh Anh interprétera Hello Vietnam et Bonjour Vietnam, la chanson de Marc Lavoine qui l'a rendue célèbre. Elle a d'ailleurs annoncé qu'un nouvel album était actuellement en préparation avec le musicien et parolier français.

Par Minh Thu - Le courrier du Vietnam - 14 novembre 2008