Chine et Vietnam mettent fin à un différend frontalier historique
Par Vietnam aujourd'hui le jeudi 1 janvier 2009, 11:53 - Infos en français - Lien permanent
La Chine et le Vietnam ont mis fin à un différend frontalier qui avait provoqué une guerre brève mais sanglante entre les deux voisins communistes il y a près de trente ans, selon un communiqué conjoint diffusé mercredi 31 décembre à Hanoï. Les deux pays, représentés par le vice-ministre chinois des affaires étrangères et son homologue vietnamien, ont salué un "événement d'une grande importance historique".
Un accord, signé il y a neuf ans, fixait à 2008 la date butoir d'achèvement des travaux pour installer des bornes de démarcation le long de leur frontière, longue de 1 400 km. Des équipes chinoises et vietnamiennes ont travaillé pendant plusieurs années dans ces zones reculées de montagne pour terminer avant l'heure limite, à minuit.
C'est la première fois que les deux pays règlent un différend frontalier, et ils entendent faire de la zone une région "de paix et de prospérité". Mais ils se disputent encore la souveraineté des archipels des Spratleys et des Paracels, en mer de Chine du Sud.
Aux termes du plan approuvé par Hanoï et Pékin, la région pauvre du Nord Vietnam doit bénéficier de projets industriels et de la construction d'une nouvelle route et de lignes ferroviaires devant relier les provinces chinoises du Yunnan et de Guangxi au port vietnamien de Haiphong. Grâce à ces nouveaux axes, les deux voisins espèrent porter le volume de leur commerce bilatéral de 16 milliards de dollars en 2007 à 25 milliards d'ici 2010.
En février 1979, une guerre de quelques semaines avait violemment mis aux prises les deux pays communistes à la suite d'une incursion chinoise dans le nord du Vietnam. Vingt-six mille soldats chinois et trente-sept mille combattants vietnamiens auraient été tués, selon des estimations. La Chine avait alors voulu châtier celui qui fut son allié durant la guerre du Vietnam, pour avoir envahi le Cambodge en 1978 et chassé le régime des Khmers rouges de Pol Pot, soutenu par Pékin.
La région frontalière est restée truffée de mines qui, selon l'agence officielle Chine nouvelle, ont tué ou mutilé depuis la guerre des milliers de Chinois.
Le Monde avec Agence France Presse - 1er janvier 2009
La Chine et le Viêtnam délimitent leur frontière terrestre
HANOI - Le Viêtnam et la Chine annoncent avoir délimité de manière définitive leur frontière terrestre, une avancée diplomatique majeure pour les voisins communistes qui s'étaient brièvement affrontés en 1979.
Les dirigeants vietnamiens et chinois s'étaient fixé la fin de l'année 2008 comme date limite pour parvenir à un accord. L'objectif a été atteint six heures avant le passage à la nouvelle année.
"L'achèvement de la démarcation de la frontière terrestre entre la Chine et le Viêtnam promouvra le développement du partenariat stratégique sino-viêtnamien", a déclaré le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Wu Dawei.
"L'achèvement de ce travail profitera aussi à la paix, à la stabilité et au développement de cette région", a-t-il ajouté.
En revanche, le différend qui oppose toujours les deux pays à propos de l'archipel Paracel et des îles des Spratleys n'a été mentionné ni par les négociateurs ni par le communiqué commun diffusé mercredi.
Ces îles de la mer de Chine méridionale sont potentiellement riches en pétrole et en gaz. Elles sont aussi revendiquées par Taiwan, Brunei, la Malaisie et les Philippines.
Au début de l'année 1979, la Chine et le Viêtnam avaient engagé une brève guerre à leur frontière après le renversement par les forces vietnamiennes du régime des Khmers rouges au Cambodge, soutenu par Pékin.
En 1988, un conflit naval entre les deux pays à proximité d'un des récifs des Spratleys avait fait 70 morts dans les rangs vietnamiens.
Par John Ruwitch - Reuters - 1er janvier 2009
