La police anti-émeute a été mobilisée pour protéger les ouvriers du site de 500 hectares, dans la province de Hung Yen à 15 kilomètres au sud-est de Hanoï, ont-il affirmé. Face à eux, ont affirmé plusieurs habitants à l'AFP, jusqu'à 1.000 personnes étaient descendues dans la rue mercredi pour protester.«Ils ont pris toute notre terre agricole», a dénoncé une femme de la commune de Cuu Cao sous couvert d'anonymat. «Maintenant, comment pouvons-nous vivre ? Ils ont dit qu'ils allaient nous donner de l'argent et des terrains près du site, mais nous nous n'avons pas encore vu la terre».

«Beaucoup» de personnes de son village se sont «rendues sur le site hier, probablement plus de 1.000», a-t-elle ajouté.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Le Dung, a expliqué que le conflit était centré autour de la construction d'une route, confirmant que mercredi les autorités locales avaient «confisqué des terrains de certaines communes pour finir la route».

Selon lui, 100 à 200 habitants seulement ont manifesté pour tenter de stopper l'opération, «essentiellement parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec le taux de compensation».

Selon un responsable d'une autre commune, celle de Phung Cong, 400 à 500 personnes étaient jeudi sur le site. «Il n'y a pas de conflit mais certaines personnes sont un peu agitées», a-t-il ajouté, également sous couvert d'anonymat.

La gestion des terres est une source croissante de protestations au Vietnam, où les expropriations pour les projets industriels se multiplient. La population dénonce, dans un pays où la corruption est jugée endémique, un système injuste de compensation.

La construction du site en question, qui prévoit un terrain de golf, des appartements, des écoles, un cinéma et des centres sportifs, avait déjà provoqué une manifestation d'agriculteurs à Hanoï en 2006.

Agence France Presse - 8 janvier 2009