"Il nous faut défendre les droits et les intérêts des travailleurs licenciés avant terme", a estimé le vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, Nguyên Thanh Hoa, ajoutant que son ministère étudie de près la question. En premier lieu, le ministère demande aux sociétés exportatrices de main-d'oeuvre de faire toutes les démarches nécessaires pour assurer un dédommagement aux travailleurs renvoyés. Et aussi de rembourser les frais d'inscription versés par ces travailleurs, sans oublier de leur octroyer une assistance financière supplémentaire. "Il faut faire en sorte que ces travailleurs malchanceux ne rentrent pas bredouille au pays", a souligné le vice-ministre.

Selon le Département de gestion des travailleurs envoyés à l'étranger (DGTE), de janvier à novembre 2008, 78.700 Vietnamiens sont partis dans le cadre de contrats de travail à l'étranger, essentiellement à Taïwan, en Malaisie, en Corée du Sud, au Japon, à Macao, en Arabie Saoudite, aux Emirats arabes unis (EAU), en République tchèque… Mais, du fait de la crise économique mondiale, ces pays et territoires ont décidé d'interrompre les contrats d'importation de main-d'œuvre. C'est ainsi qu'un certain nombre de travailleurs seront renvoyés avant terme. Afin de défendre leurs droits et intérêts, le DGTE a demandé aux sociétés exportatrices de main-d'oeuvre d'intervenir. En effet, chaque pays importateur a sa propre politique de dédommagement et d'assistance aux travailleurs licenciés. Dans le cas où l'employeur rompt de manière unilatérale le contrat, il doit généralement payer au salarié le billet d'avion retour et une somme équivalente à un ou 2 mois de salaire.

À Taiwan et en Corée du Sud, avant d'être renvoyé au pays, l'employé aura 60 jours de libre pour chercher un nouvel emploi. S'il échoue, il recevra alors un billet d'avion retour et une somme équivalente à un salaire mensuel pour chaque année d'ancienneté. En Malaisie, il recevra 2 semaines de salaire par année de travail, en plus du billet retour. En République tchèque, chaque travailleur recevra un billet d'avion et 500 euros. Aux Emirats arabes unis, il recevra un ou 2 mois de salaire selon le cas, mais devra payer l'avion.

Récemment, l'Union des sociétés exportatrices de main-d'œuvre (VAMAS) a demandé à ses sociétés membres de suivre de près la situation sur les marchés étrangers. Pour la VAMAS, dans cette conjoncture défavorable, ces sociétés doivent réexaminer leurs plans à long terme et investir davantage dans la formation de travailleurs hautement qualifiés.

Par Nghia Dàn - Le Courrier du Vietnam - 13 février 2009