C’est le quatre de mars 1969, non loin de la ville de Saigon, à l’époque capitale du Vietnam du Sud, et qui était encore en mains d’un gouvernement de marionnettes pro yankee, dans une portion de territoire libéré par le FNL, que Cuba a inauguré ce qui allait constituer la première ambassade étrangère accréditée, à un moment où la guerre génocide des États-Unis était en plein développement.

Raul Valdés Vivó, le premier ambassadeur cubain dans la forêt vietnamienne, nous a fait part de ses expériences :

« Ma plus grande émotion, je l’ai ressentie lorsque j’ai pu me réunir avec le bataillon vietnamien ‘Girón’ et les entendre dire qu’ils se sentaient dirigés par Fidel et qu’ils combattraient comme il l’avait fait durant l’assaut à la caserne Moncada (le 26 Juillet 1953) ou lors des combats de la Sierra Maestra (Décembre 1956 – Premier Janvier 1959), où encore lors de l’attaque de Playa Girón par un groupe de soldats mercenaires des États-Unis (Avril 1961). »

Le 3 Juin 1969, durant une manifestation de solidarité avec le peuple vietnamien qui s’était tenue sur la Place de la Révolution José Marti, à La Havane, le leader de la révolution cubaine, Fidel Castro, avait exprimé le légitime sentiment d’orgueil de l’île pour avoir envoyé un ambassadeur auprès du FNL.

Fidel avait également exprimé l’honneur que représentait pour le pays la visite du représentant du peuple du Vietnam et du FNL, Tran Buu Kiem, qui, pour saluer les cubains rassemblés ce jour là, a dit que « ses saluts se dirigeaient au plus extraordinaire exemple d’héroïsme qu’il ait jamais eu l’occasion de connaître ».

En cette journée historique, Cuba a exprimé publiquement son appui aux positions vietnamiennes sur les thèmes de la confrontation militaire et du futur de cette nation du sud-est asiatique.

De hauts dirigeants de ce pays ont affirmé que la solidarité de leurs frères de l’île antillaise, qui avait été réaffirmée ce jour là, ne s’est pas seulement exprimée par une aide matérielle aux forces de résistance antiyankee et pour le salut de la nation. Elle a également constitué un encouragement pour l’armée et tout le peuple dans son combat pour parvenir à la victoire finale.

Rappelons comme de grande signification la visite de Fidel Castro aux zones libérées du Sud du Vietnam en 1973, car il a été le seul chef d’état étranger qui ait réalisé un tel voyage pour pouvoir dialoguer avec les combattants sur le propre terrain des combats.

Après la victoire des patriotes et la fuite des troupes d’invasion, le 30 Avril 1975, Saigon est devenue la Ville de Ho Chi Min et la porte était ouverte à la réunification du pays.

Quatre millions de vietnamiens avaient péri au cours de la guerre. La victoire constituait le deuxième grand exploit de ce peuple. Déjà, lors de la bataille de Dien Bien Phu, en 1954, ils avaient pu expulser les colonialistes français.

Les relations de coopération entre les gouvernements et les peuples de Cuba et de la République Démocratique du Vietnam ont commencé le deux décembre 1960. Elles ont toujours été guidées par ces mots de Fidel, que les cubains, « pour le Vietnam, seraient disposés à donner jusqu’à leur propre sang ».

Ahora.cu - 3 mars 2009