Me Le Tran Luat a expliqué avoir été conduit dans un commissariat de Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon, sud) alors qu'il s'apprêtait à prendre un avion à destination de la capitale, Hanoï, pour s'occuper du dossier des catholiques.

"A la porte de sécurité (de l'aéroport) on m'a arrêté et présenté un papier disant que l'on voulait travailler avec moi et on m'a emmené au commissariat du district de Go Vap", a indiqué brièvement par téléphone à l'AFP l'avocat, alors qu'il se trouvait au poste de police.

Me Le Tran Luat a affirmé avoir été convoqué pour 24 heures. Il avait indiqué la semaine dernière que ses bureaux avaient fait l'objet d'une perquisition au cours de laquelle cinq ordinateurs, notamment, avaient été saisis.

L'opération était intervenue alors que, selon le quotidien en ligne de la police de Ho Chi Minh-Ville, des clients s'étaient plaints de son cabinet, lui reprochant d'avoir facturé des services pour des affaires jamais réglées.

Toujours d'après le média vietnamien, on lui reprocherait aussi un "faux contrat de location de maison", des "fraudes fiscales" ou encore de ne pas avoir établi des rapports d'activité exigés par la loi.

Le quotidien en ligne n'a pas explicitement utilisé le mot de perquisition mais a confirmé une descente au cabinet pour faire appliquer une décision de justice l'enjoignant de rembourser 42 millions de dongs (un peu moins de 2.000 euros), et la confiscation des cinq ordinateurs.

Me Le Tran Luat, qui dénonçait vendredi une "manoeuvre politique", a défendu les catholiques récemment condamnés à de la prison avec sursis pour dégradation de propriété et troubles à l'ordre public lors de manifestations à Hanoï pour récupérer des terrains saisis par les communistes il y a des décennies.

S'estimant innocents, ils ont fait appel. Deux d'entre eux ont aussi, par son intermédiaire, déposé plainte contre des médias officiels vietnamiens pour leur couverture de la procédure en première instance.

Agence France Presse - 3 mars 2009