"La croissance devrait ralentir encore à 4,75% en 2009, sous l'effet de demandes extérieure et domestique plus faibles", estime l'organisation dans un communiqué.

L'an dernier, le produit intérieur brut vietnamien (PIB) a progressé de 6,2%, sa pire performance en près de dix ans. En 2007, il avait engrangé 8,5%. "Les retombées des difficultés mondiales sont devenues plus évidentes depuis le mois d'octobre", poursuit le FMI, qui pointe notamment le recul des exportations et des investissements directs étrangers.

Dans le même temps, le Vietnam, confronté l'an dernier à une surchauffe économique dont certains craignaient qu'elle ne se transforme en crise de balance des paiements, devrait conserver "un large déficit des comptes courants", prédit-il. Ce déficit devrait reculer en raison d'une baisse des importations mais encore s'élever à 8% du PIB en 2009, poursuit l'institution. Pour refroidir son économie, le Vietnam avait vigoureusement resserré la vis monétaire au premier semestre 2008. Mais alors que l'inflation commençait sa décrue et que les premiers effets de la crise mondiale se faisaient sentir, le pays communiste avait entamé à l'automne un assouplissement tout aussi agressif.

A partir de fin octobre et jusqu'au début de 2009, la Banque centrale a progressivement abaissé son taux de base de 14 à 7%. Pour relancer la machine et malgré une inflation toujours à deux chiffres (14,78% en février sur un an), le gouvernement a aussi décidé un vaste plan de relance. Le FMI considère toujours le pays comme "une destination attractive", mais conseille à Hanoï un plan de relance "bien ciblé" et "d'évaluer les effets des récents ajustements monétaires avant d'envisager d'assouplir encore".

La Banque mondiale a elle aussi ce mois-ci revu à la baisse sa prévision de croissance pour le Vietnam en 2009, à entre 5 et 5,5%, contre 6,5% auparavant.

Agence France Presse - 18 mars 2009