La Société de céramique Viglacera Thanh Tri a été choisie par le Service du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales de Hanoi et la Banque de développement du Vietnam (VDB) comme la première entreprise de la capitale à mettre en œuvre les prestations pour les personnes au chômage, suivant la décision du chef du gouvernement.

Viglacera Thanh Tri ne fait pas partie du groupe des établissements dont la production et la commercialisation sont le plus touchées par la crise économique mondiale. Pourtant, selon le directeur général Ngô Trung Dung, depuis le 25 décembre dernier, sa société a été obligée de supprimer 345 emplois. Vingt-et-un postes administratifs ont aussi disparu en janvier. Pour le moment, le stock de Viglacera Thanh Tri représente 4,5 mois de production. Privée de recettes pour satisfaire le paiement des salaires et de l'assurance sociale, la société a décidé de suspendre sa production à partir du 25 décembre 2008. "Nous devrions pouvoir reprendre la production à partir du 1er mai prochain", souligne Ngô Trung Dung.

Outre les difficultés qu'elle partage avec les autres établissements, Viglacera Thanh Tri doit affronter d'autres obstacles, comme les dettes de la clientèle, la réduction des exportations vers la Russie, due à la dévaluation du rouble. Ces difficultés ont conduit à une baisse de résultats : le chiffre d'affaires des 2 premiers mois de l'année ne représente que 7,5% du plan annuel. Elle a dû aussi payer les salaires de janvier et février aux ouvriers.

Pour un ouvrier qualifié, Viglacera Thanh Tri doit le former de 6 mois à 12 mois. "Nous redoutons une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et expérimentée lorsque la production aura repris", confie M.Dung, ajoutant que son établissement s'efforce de payer 70% du salaire de base des travailleurs durant leur période d'arrêt, conformément au Code du travail. "Pour l'heure, nous ne savons pas sur quelles sources financières compter. Si nous n'obtenons pas de prêts bancaires à zéro pour cent de taux d'intérêt, nous devrons nous endetter à hauteur de 1,4 milliard de dôngs afin de verser les salaires", se lamente M.Dung.

Après la promulgation de la circulaire sur l'indemnisation des travailleurs licenciés à cause du ralentissement économique, les entreprises de Hanoi commencent à recenser le nombre de personnes concernées. Actuellement, le Service municipal du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales a reçu le rapport de 250 entreprises sur 78.000, avec le nombre de 8.000 travailleurs au chômage. Afin d'aider les travailleurs à surmonter les difficultés, la VDB accélère le remboursement des prestations. "Nous faisons tout notre possible pour dédommager suffisamment et à temps les personnes ayant perdu leur emploi", affirme Nguyên Chi Công, directeur adjoint du Service de transactions de la VDB. Chaque travailleur licencié bénéficie d'une prestation de 2 millions de dôngs. Ainsi, pour 8.000 personnes, la VDB devra mobiliser 16 milliards de dôngs.

Selon les rapports de 228 entreprises à Hanoi, rendus publics par le Service municipal du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales, 10.700 personnes ont perdu leur emploi en 2008, un effectif qui pourrait se monter à 17.000 cette année. Hanoi compte aujourd'hui 1.000 villages de métier traditionnel. Le ralentissement de la production et la diminution du nombre de commandes touchent directement ces villages des secteurs de la confection, des produits artisanaux. Environ 4.000 à 5.000 emplois seraient supprimés cette année dans les petites et moyennes entreprises. Actuellement, ledit service propose une augmentation de 100 milliards de dôngs du fonds destiné aux prêts accordés aux licenciés économiques.

Par Giang Ngân - le courrier du Vietnam - 24 mars 2009