«J'essaie de remettre les choses en place», glisse l'ex-candidat républicain à l'élection présidentielle devant une maquette de la prison, aux cellules de laquelle les détenus avaient donné des noms de casinos de Las Vegas.

Pilote pendant la guerre du Vietnam, John McCain avait eu son avion abattu au-dessus de Hanoï en 1967, avant de passer cinq ans et demi en détention. La plupart de ce temps, il allait le passer dans l'ancienne Maison centrale des colonisateurs français, devenue la prison Hoa Lo et surnommée «Hanoï Hilton».

Aujourd'hui, l'endroit, par lequel John McCain a fait un crochet de trente minutes mercredi avant de s'envoler pour la Chine où il poursuivait après le Vietnam une tournée asiatique, abrite un musée.

Le lieu dénonce largement les mauvais traitements réservés aux Vietnamiens par les Français entre les mêmes murs. Mais une partie est aussi dédiée aux prisonniers américains de la guerre du Vietnam.

Parmi les autres anciens détenus, Douglas Peterson, dont le sénateur a insisté pour voir la photo mercredi. Il allait devenir le premier ambassadeur américain au Vietnam à la normalisation des relations diplomatiques des deux pays en 1995, 20 ans après la fin de la guerre.

Dans le musée, une vitrine présente aussi un casque et un uniforme de pilote attribués à John McCain. «Avant, ils en avaient un avec un nom qu'ils avaient étiqueté eux-mêmes», se souvient le sénateur de l'Arizona.

Est aussi exhibé un lit qui était réservé, expliquent les Vietnamiens, aux prisonniers américains. Le sénateur se souvient pourtant que les détenus dormait parfois sur des installations construites à même le mur.

De ses années de détention, John McCain a gardé le souvenir de moments de torture et d'isolement. Dans un article paru en 1973, il raconta avoir atteint ses limites après avoir été battu pendant quatre jours par des gardiens qui lui recassèrent un bras -- des accusations que les Vietnamiens ont toujours niées.

L'ancien prisonnier n'en a pas moins, par la suite, contribué à la normalisation des relations du pays communiste et du sien. Ce n'était d'ailleurs pas sa première visite au Vietnam, mardi et mercredi.

Mardi, John McCain, aujourd'hui âgé de 72 ans, a encore appelé les deux pays a franchir une «nouvelle étape» dans leurs relations, à «une modernisation (des) liens à la mesure du statut croissant du Vietnam dans la région et dans le monde».

Devant une salle comble à l'Académie de diplomatie du Vietnam, il a prôné des liens militaires renforcés et des «changements» «d'ampleur historique» en matière de libertés individuelles dans le pays communiste après ses réussites économiques et diplomatiques.

Hanoï et Washington ont fait du chemin depuis la normalisation de leurs relations. Les Etats-Unis sont même devenus le premier marché à l'exportation du Vietnam.

Mais les Américains continuent d'épingler la situation des droits de l'Homme au Vietnam, à qui il reprochent régulièrement notamment de réprimer l'expression pacifique d'opinions politiques.

Agence France Presse - 8 avril 2009


Le sénateur John McCain pour la coopération multiforme Vietnam-États-Unis

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung a reçu, le 7 avril à Hanoi, le sénateur John McCain, à la tête d'une délégation de sénateurs américains en visite de travail au Vietnam.

Le chef du gouvernement vietnamien a exprimé sa joie de voir les relations de coopération Vietnam - États-Unis se développer constamment dans un esprit d'amitié, de partenariat et de respect mutuel, ce pour la paix, la stabilité et le développement dans la région et dans le monde. Les résultats sont en effet remarquables, avec notamment une valeur des échanges bilatéraux qui a décuplé depuis 2001 pour atteindre 15 milliards de dollars l'an passé. Et les États-Unis figurent actuellement parmi les 10 premiers investisseurs étrangers au Vietnam.

Pourtant, "la coopération économique entre les 2 pays reste en deçà des potentialités", a estimé Nguyên Tân Dung qui a proposé à John McCain "d'œuvrer pour que le Vietnam bénéficie du système généralisé des préférences sur les impôts (GSP)". Il a demandé aux États-Unis une coopération plus étroite dans divers domaines, dont l'éducation, la lutte contre le changement climatique, la criminalité et le sida, l'aplanissement des séquelles laissées par la guerre... De son côté, le sénateur américain s'est déclaré "impressionné par le développement du Vietnam ainsi que par la progression des relations entre les 2 pays". Et de promettre de faire "tous ses efforts pour impulser la coopération bilatérale".

Le même jour, le président de l'Assemblée nationale, Nguyên Phu Trong, a reçu les sénateurs américains. Il a pris en haute estime "la contribution de John McCain dans la normalisation et dans le développement des relations vietnamo-américaines". Il a souhaité que grâce à ce sénateur, le gouvernement américain "reconnaîtra au plus tôt le Vietnam comme une économie de marché à part entière, et le fera bénéficier du GSP". Ce qui incitera davantage d'investisseurs et d'hommes d'affaires américains à venir au Vietnam, et dynamisera les échanges commerciaux bilatéraux.

Le président de l'AN vietnamien a demandé au sénateur américain de transmettre au président de la Chambre des représentants américains son invitation à venir effectuer une visite au Vietnam.

Dans le cadre de sa visite, le sénateur John McCain a rencontré le 7 avril à Hanoi les étudiants de l'Académie diplomatique du Vietnam. D'après lui, "après l'étape de normalisation des relations vietnamo-américaines, il est temps de passer à l'étape de modernisation", plus conforme "à la place grandissante du Vietnam tant sur la scène régionale que mondiale".

Lors d'un point de presse, le 7 avril à Hanoi, le sénateur John McCain a fait savoir que "le gouvernement américain a octroyé 46 millions de dollars pour aider les victimes vietnamiennes de l'agent orange et traiter les zones contaminées par ce toxique".

Par Nghia Dàn - Le courrier du Vietnam - 8 avril 2009