En seulement quelques années, le rapport entre les naissances de garçons et de filles s’est déséquilibré au Vietnam. Exprimé en nombre de naissances de garçons pour 100 naissances de filles, ce sex ratio est passé de 108 en 2005 à 112 en 2006, une évolution soudaine et très rapide, souligne Christophe Guilmoto, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ce phénomène traduit une préférence des parents pour la naissance d’un garçon et le recours à l’avortement sélectif, précise le chercheur français et ses collègues vietnamiens.

Jusqu’à 2004, le sex ratio a évolué entre 104 et 109 au Vietnam, il était donc proche de la moyenne mondiale –le sex ratio naturel- qui est de 105 (105 naissances de garçons pour 100 naissances de filles).

En Inde, où la préférence pour les garçons s’exprime depuis longtemps, le sex ratio est de 110 mais il dépasse les 120 dans les Etats du nord-ouest du pays, où le système patriarcal est très fort. Une étude publiée dans The Lancet en janvier 2006 affirmait que 500.000 filles ne naissent pas chaque année en Inde à cause des avortements sélectifs. Autre pays qui favorise la naissance des garçons, la Chine, a un sex ratio de 120.

La diffusion plus tardive des équipements comme l’échographie obstétricale –qui permet de connaître le sexe du fœtus- explique en partie l’apparition récente du phénomène au Vietnam. A terme cette discrimination à l’égard des filles peut entraîner un déséquilibre important de la population, avertissent les chercheurs.

Sciences-et-Avenir.com - 10 avril 2009