Selon le porte-parole des Affaires étrangères, Le Dung, l'Eglise bouddhiste du Vietnam (EBV), contrôlée par le régime communiste, a laissé les membres de la communauté des Pruniers rester au monastère de Bat Nha, près de Bao Loc dans les Hauts plateaux du centre, jusqu'au 2 septembre.

Pour expliquer leur renvoi, il évoque des cours de bouddhisme donnés "sans demander l'autorisation" de l'EBV. A Bao Loc, province de Lam Dong, les quelque 400 fidèles de Thich Nhat Hanh se disent eux victimes de harcèlement.

Ils expliquent que le supérieur qui les héberge, affilié à l'EBV, leur a demandé il y a un an déjà de quitter les lieux.

La situation aurait dégénéré fin juin, quand ils se sont vu couper l'électricité, l'eau et affirment avoir été assaillis par une foule agressive venue réclamer leur départ.

Pour le porte-parole de la diplomatie vietnamienne, les coupures s'expliquent par un problème de factures, qui n'auraient pas été acquittées. Cette version est contestée par les fidèles.

A l'étranger, des proches de Thich Nhat Hanh estiment que les disciples de Bao Loc sont en réalité victimes d'autorités vietnamiennes inquiètes d'un intérêt croissant de la jeunesse pour le bonze.

Une prise de position du moine, l'an dernier, en faveur du dalaï lama, chef spirituel des Tibétains en exil et bête noire de l'allié communiste chinois, n'aurait rien arrangé.

Thich Nhat Hanh, fondateur du village des Pruniers, l'un des plus grands centres bouddhistes d'Europe dans le sud-ouest de la France, avait effectué un premier voyage au Vietnam en 2005 après près de 40 ans d'absence.

Le bonze, forcé à l'exil dans les années 60 par le régime du Sud-Vietnam soutenu par les Américains pour ses prises de positions contre la guerre, était aussi longtemps resté persona non grata des communistes -au pouvoir sur le pays réunifié depuis la fin de la guerre en 1975.

Agence France Presse - 13 août 2009