Actuellement, la police a arrêté ou convoqué 27 personnes dont Trân Huynh Duy Thuc, Lê Công Dinh, Lê Thang Long, Nguyên Tiên Trung et Trân Kim Anh, qui ont fait l'objet d'une instruction judiciaire et d'une détention provisoire pour des activités d'opposition à l'État.

Le 17 mai dernier, le Département général de la sécurité a déterminé que Trân Huynh Duy Thuc, directeur général de la compagnie One Connection Internet (OCI), est propriétaire du blog "Trân Dông Chân" et de plusieurs autres blogs d'opposition à l'État. Le 24 mai, Thuc a été arrêté d'urgence alors qu'il communiquait via le réseau internet avec des éléments réactionnaires à l'étranger.

Sur la base des documents saisis et de la déposition de Thuc, la police a arrêté le 4 juin Lê Thang Long, directeur général de la compagnie Innotech ; Lê Công Dinh, directeur d'une eurl portant son nom, le 13 juin ; Nguyên Tiên Trung et Trân Anh Kim, le 7 juillet. Le 16 juillet, elle a également appréhendé et expulsé Vo Kevin Huân, la personne envoyée au Vietnam par Nguyên Sy Binh, leader du soi-disant "Parti populaire d'action", une organisation réactionnaire exilée aux États-Unis.

Lors des perquisitions au domicile comme dans le lieu de travail de Trân Huynh Duy Thuc, né en 1966, la police a saisi 169 textes totalisant 1.189 pages, stockés dans ses emails, blogs et textchat. Thuc a reconnu ses actes contre l'Etat en écrivant 53 textes dont 14 critiquant la direction et les politiques économiques du gouvernement, 21 dénaturant la direction du Parti, 10 visant à désunir les hauts dirigeants du Parti et de l'Etat. Les résultats d'enquête, les interrogatoires et les dépositions montrent que Thuc a été fin 2005 le cerveau de la fondation du groupe d'études Chân visant à un changement du régime, qu'il a rédigé des critiques contre les politiques gouvernementales et même directement critiqué le Premier ministre sur les blogs "Trân Dông Chân", "Change We Need" et "Psonkhanh".

De son côté, Lê Công Dinh a reconnu avoir participé depuis début 2008, sur présentation de Nguyên Tiên Trung, au "Parti démocratique du Vietnam", à son "comité permanent" depuis mai 2009 et avoir été nommé en juin 2009 "secrétaire général" de cette organisation réactionnaire par Nguyên Sy Binh, mais arrêté avant que la nouvelle soit proclamée officiellement. En mars 2009, à Phuket (Thaïlande), Lê Công Dinh, Nguyên Sy Binh et Trân Huynh Duy Thuc sont tombés d'accord sur le moment opportun pour changer de régime politique, en 2010 ou en 2011, qu'ils ont surnommé le "moment d'agiter le drapeau".

Lê Công Dinh a écrit, réuni et échangé par mail 60 documents totalisant 413 pages. Sur ce total, il a écrit 33 textes critiquant ouvertement le régime, réuni 27 textes critiquant les politiques religieuse et éducationnelle comme les activités judiciaires du Parti et de l'État, demandant de changer la Constitution. Ces textes, fournis par les organisations réactionnaires exilées, comprennent notamment le livre Tu dôc tài dên dân chu (De la dictature à la démocratie), lequel, traduit par l'organisation Viêt Tân, analyse les luttes non violentes ayant renversé des régimes politiques en Asie et en Europe. Par ailleurs, il a détenu des dizaines de livres d'opposants et d'opportunistes politiques aux contenus critiquant le Président Hô Chi Minh. La police a également récupéré chez lui la "Nouvelle Constitution", de 112 pages.

Bien que conscient que "Viêt Tân" est une organisation terroriste, Lê Công Dinh y a participé quand-même. Il a entretenu des relations avec des éléments réactionnaires tels que Vu Thu Hiên, Trinh Hôi, Nguyên Quôc Quân, Phuong An, Châu (époux de Phuong An)... Il a reconnu avoir rencontré à 17 reprises certains partenaires étrangers dont il a reçu des soutiens et promesses. Il a considéré que le projet d'exploitation de la bauxite dans le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) signerait "l'arrêt de mort" du communisme vietnamien. Partant de cette estimation, Trân Huynh Duy Thuc a écrit l'article Bauxite du Tây Nguyên : la tombe que le régime communiste creuse pour lui-même, déjà posté sur le blog "Change We Need".

Concernant Nguyên Tiên Trung, master en technologies de l'information et des communications, né en 1983, la police a saisi 96 pages de documents stockés dans son ordinateur, liés au "Parti démocratique du Vietnam" et à l’"Assemblée de la jeunesse vietnamienne pour la démocratie".

En 2002, Nguyên Tiên Trung est parti faire ses études en France, où il a rencontré des éléments réactionnaires tels que Nguyên Gia Kiêng - le leader de l'organisation "Rassemblement pour la démocratie pluraliste" - Bùi Tin, Vu Thu Hiên.... Ces personnes l'ont aidé à créer l'"Assemblée de la jeunesse vietnamienne pour la démocratie", dirigée par Trung lui-même. Fondée le 8 mai 2006 en France, cette organisation a pour objectif de rassembler les forces au sein des jeunes, de collaborer avec les forces d'opposition dans et hors du pays pour s'opposer à l'État vietnamien, ainsi que de renverser le régime. Cette organisation a organisé plusieurs réunions pour mettre au point ses plans d'opposition à l'État vietnamien.

Nguyên Tiên Trung a été conduit aux États-Unis par Nguyên Sy Binh et Nguyên Xuân Ngai pour rencontrer des forces réactionnaires, dont des leaders d'organisations réactionnaires exilées telles que "Viêt Tân", "Tuôi Tre Vietnam lên duong" (Réseau international de la jeunesse vietnamienne), "Liên minh Vietnam tu do" (Alliance Vietnam liberté), "Uy ban bao ve quyên nguoi lao dông Viet Nam" (Comité de protection des droits des travailleurs du Vietnam). En décembre 2006, Trung a adhéré, sous le cryptonyme de Nguyên Trong Nghia, au "Parti démocratique du Vietnam" piloté par Nguyên Sy Binh et Nguyên Xuân Ngai. Début juin 2007, Trung a été nommé par Nguyên Sy Binh au comité central de ce parti dont il occupait les postes de chef adjoint de la commission des relations extérieures et de chef de la commission de la jeunesse. En 2009, il a été promu au comité permanent et nommé secrétaire général adjoint chargé de la jeunesse du "Parti démocratique du Vietnam" avec la mission de mener des affaires publiques et de développer les forces.

Trung a rédigé et distribué 60 articles totalisant 192 pages dénaturant la politique du Parti et de l'État vietnamiens, fomentant des complots contre l'État et faisant l'éloge d'opposants.

Né en 1949, Trân Anh Kim a un antécédent judiciaire (24 mois de prison ferme) pour "actions intentionnelles et contraires aux principes de gestion économique". En 2006, il a adhéré au "Parti démocratique du Vietnam" de Hoàng Minh Chinh et a été nommé au comité central de cette organisation. Le 31 mai dernier, il a été nommé secrétaire général adjoint de ce parti par Nguyên Sy Binh. De pair avec Nguyên Van Ly, Nguyên Xuân Nghia et Dô Nam Hai qui figuraient au comité de représentation du "Bloc 8406", Kim préconisait de contacter, d'embringuer des pétitionnaires extrémistes, et de créer un noyau de lutte contre le Parti communiste du Vietnam pour l'évincer du pouvoir. Kim a écrit 60 documents diffamant le Parti et l'État, dénaturant la situation dans le pays, exigeant l'élimination de l'article 4 de la Constitution, le pluralisme et appelant au rassemblement des forces pour s'opposer à l'Etat. Il a également réuni et fourni des informations inventées aux organisations et individus à l'étranger. Il a reconnu avoir eu des centaines d'entretiens avec des radios et journaux étrangers tels que RFA, BBC, la radio "New Horizon" où il a dénaturé intentionnellement la situation politique au Vietnam. Kim a ouvert 2 comptes bancaires où il a reçu près de 60 millions de dôngs et 3.000 dollars américains qui ont permis d'acheter des équipements (téléphones et ordinateurs portables) au service de ses activités et d'épauler certains pétitionnaires extrémistes.

Lê Thang Long, né en 1967, participe depuis fin 2005 au "Groupe d'études Chân" de Trân Huynh Duy Thuc, a écrit 12 articles dénaturant les politiques du Parti et de l'État, la direction du gouvernement et appelant au changement de régime. Long est entré en collusion avec des éléments réactionnaires à l'étranger pour créer l'organisation réactionnaire "Phong trao chân hung nuoc Vietnam" (Mouvement démocratique progressiste du Vietnam) incluant 10 clubs pour développer les forces.

Les résultats d'enquête ont montré que les personnes précitées ont agi de manière organisée avec comme objectif de renverser l'État vietnamien, entretenu des relations avec des organisations réactionnaires exilées, incitées et épaulées par celles-ci. Il s'agit d'une affaire d'atteinte grave à la sécurité nationale. Ces personnes ont reconnu leur culpabilité et ont sollicité la clémence des autorités. L'application de mesures judiciaires par les organes de protection de la loi à l'encontre de ces personnes est vivement soutenue par l'opinion publique.

Agence Vietnamienne d'Information - 20 août 2009