Ses proches demandent qu’il puisse purger sa peine en France, car son état de santé s’est considérablement détérioré.

De très rares contacts téléphoniques et pas vraiment de nouvelles récentes. A part une photo. Celle d’un homme barbu, à la mine fatiguée, au sourire qu’on sent forcé. C’est tout ce que la famille de Sapa Lavelua a pour se raccrocher à cet homme qui croupit depuis quatre ans dans les geôles de Hanoï, au Vietnam, après une condamnation pour escroquerie. Un faux pas dans un parcours singulier qui l’a mené de Nouméa aux Etats-Unis en passant par Castres, avant d’atterrir dans le Sud-Est asiatique. Aujourd’hui, les proches de ce Wallisien ayant grandi en Nouvelle-Calédonie ne contestent pas la condamnation dont il a été l’objet. Mais ils cherchent à attirer l’attention des autorités consulaires sur l’urgence de sa situation sanitaire. « Son diabète et sa faiblesse physique menacent directement sa vie », s’inquiète sa nièce, Virginie. Ce solide Wallisien, « au caractère fort », selon sa fille Marie, est arrivé à Nouméa à trois ans. « Il a grandi ici, raconte sa nièce Virginie, avant de rejoindre la Métropole à 18 ans pour s’engager dans l’armée. » Il a effectué une bonne partie de sa carrière au 8e RPIMa de Castres et a eu l’occasion de connaître tous les théâtres d’opération africains. « Djibouti, le Tchad, le Gabon, la Côte-d’Ivoire », énumère sa fille Marie, qui s’est elle-même engagée dans l’armée. Après l’armée, c’est le temps de la reconversion. Sapa a monté sa société d’import-export. « Il faisait un peu de tout, du poisson au pétrole », confie sa fille Marie. Des activités qui l’ont amené jusqu’au Vietnam, où il s’est mis en cheville avec des affairistes locaux. « Mais il est tombé sur des associés véreux, assurent ses proches. Il a fait signer des faux contrats. Il s’est fait doubler par ces personnes peu recommandables. »

Sapa a perdu entre quarante et cinquante kilos depuis qu’il est incarcéré.

En août 2005, il a ainsi été condamné pour escroquerie à perpétuité par le tribunal populaire de Hanoï, indique une synthèse de presse du consulat général de France à Ho Chi Minh Ville. Ses deux complices ont quant à eux été condamnés à 10 et 17 ans de prison. « En avril 2002, précise le document, il s’était fait passer pour le directeur général de deux groupes financiers internationaux, PPI basé au Nevada (Etats-Unis) et Luita Holding, en France, ainsi que pour le président de l’organisation Afrique-Europe pour le développement de l’éducation et de la réintégration. Il avait extorqué plus de 360 000 euros (43 millions de francs) à des investisseurs locaux. » « Au cours de ce procès, il a été jugé sans avocat, indique sa nièce Virginie. Il a fait appel et sa peine a été ramenée à vingt ans de travaux forcés. » Mais à 56 ans, son état de santé inquiète sa famille. « Il est diabétique, il a de l’arthrose aux genoux et a perdu entre quarante et cinquante kilos, précise encore Virginie. Il a constamment besoin de soins. C’est pour cela que nous lui envoyons régulièrement de l’argent, par l’intermédiaire de l’ambassade de France. La photo qu’il nous a fait parvenir nous inquiète sur son état de santé. » Si sa famille ne remet pas en cause la condamnation, elle ne souhaite qu’une seule chose : qu’il puisse purger le reste de sa peine en France, où il aurait la possibilité d’être réellement suivi par un service de santé. Des démarches ont été effectuées auprès des autorités consulaires. Sa famille ne souhaite qu’une chose : qu’elles aboutissent rapidement.

Par Pierrick Chatel - Les Nouvelles Calédoniennes - 27 août 2009


Du « 8 » aux affaires

Sapa Lavelua voit le jour à Wallis, en 1953. Trois ans plus tard, il arrive à Nouméa avec sa famille et s’installe à Païta. Son père travaille au CHT Gaston-Bourret. Sapa poursuit sa scolarité au séminaire Saint-Léon. A 18 ans, il prend la direction de la Métropole et s’engage dans l’armée, au 8e RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de marine) de Castres. En 1976, un grave accident de saut l’oblige à quitter les parachutistes. Il achève sa carrière militaire en 1981 au camp militaire de Sissonne, dans l’Aisne. Entre-temps, il se marie avec une jeune femme originaire de Castres. Il aura deux enfants, Thierry et Marie, aujourd’hui âgés de 34 et 35 ans. Tous deux se sont également engagés dans l’armée. Marie, caporal-chef au 126e RI (régiment d’infanterie) de Brives est d’ailleurs actuellement sur le Caillou, au camp de Nandaï, dans le cadre d’une compagnie tournante. Après des études de droit international et d’économie, il devient consultant dans l’import-export et s’intéresse au marché des matières premières. En 2000, il crée sa propre société et part prospecter au Vietnam où il s’associe avec des hommes d’affaires locaux. En 2003, il rentre aux Etats-Unis, où il a établi sa société, pour un bref séjour avant de regagner le Vietnam. A son arrivée, la police l’interpelle. La justice l’inculpe pour escroquerie. Il aurait fait signer des faux contrats avec des sociétés vietnamiennes. Source : http://www.petitionduweb.com/Sauvons_Sapa_Lavelua-4505.html

Une association de soutien

Ses anciens camarades d’armes ont monté une association pour lui venir en aide et notamment pour pouvoir payer ses frais médicaux. Des chèques ou des lettres de soutien peuvent lui être adressés. Elles transiteront par l’intermédiaire des autorités consulaires françaises au Vietnam. Contact : Asac para, 3 rue Cayrol, 81 100 Castres.E-mail : asacpara@gmail.com