Le père "Nguyen Van Ly n'est pas amnistié cette fois-ci... car cette mesure n'est accordée qu'aux personnes ayant fait des progrès dans leur rééducation", a expliqué le vice-ministre de la Sécurité publique, le général Le The Tiem, en annonçant l'amnistie de la fête nationale du 2 septembre.

Le prêtre, âgé de plus de 60 ans, avait été condamné à 8 ans de prison en 2007 à l'issue d'un procès d'une demi-journée à Hué (centre) pour "propagande" contre le régime communiste suivi de près par la communauté internationale.

Le prêtre, qui avait déjà passé 14 ans derrière les barreaux, avait notamment été accusé d'être à l'origine du mouvement pro-démocratique "bloc 8406", né le 8 avril 2006. Le Parti communiste détient le monopole du pouvoir au Vietnam.

Selon sa soeur, Nguyen Thi Hieu, la santé du père Ly s'est dégradé depuis la mi-juillet, après une chute dans sa cellule en mai.

"Ses bras et pied droits sont légèrement paralysés", a-t-elle affirmé à l'AFP. "Il marche avec difficulté et a besoin d'aide pour se déplacer dans la pièce".

Début juillet, un groupe de 37 sénateurs américains avait demandé sa "libération immédiate et inconditionnelle" au président vietnamien Nguyen Minh Triet.

A l'occasion de la fête nationale, le président a en revanche amnistié 5.459 prisonniers, dont 13 condamnés pour atteinte à la sécurité nationale ou opposition au régime.

Parmi eux figurent 11 membres des minorités ethniques des Hauts plateaux, condamnés entre 2003 et 2006 pour sabotage de "l'unité nationale", a indiqué le gouvernement.

L'amnistie concerne aussi 19 étrangers -- pour la plupart ressortissants de pays asiatiques mais aussi d'Australie, des Etats-Unis, du Canada et du Congo.

L'amnistie intervient alors qu'est prochainement attendu dans le sud du Vietnam un autre procès pour propagande contre le régime, impliquant notamment un avocat connu pour sa défense de confrères militants des droits de l'Homme, Le Cong Dinh.

Agence France Presse - 31 Août 2009