Le chef du Parti a passé en revue les événements historiques importants du pays durant ces 64 dernières années, devant les plus hauts dirigeants du pays, dont Nguyên Tân Dung, Premier ministre, Nguyên Phu Trong, président de l'Assemblée nationale, et d'anciens chefs du PCV ainsi que d'ex-présidents de la République et de l'Assemblée nationale (AN), réunis en meeting. Lors de cette manifestation marquant le 64e anniversaire de la Révolution d'Août, de la Fête nationale (2 septembre) et des 40 années de mise en oeuvre du Testament du Président Hô Chi Minh (2 septembre), le 1er septembre à Hanoi, M. Manh a souligné que Hô Chi Minh était l'"homme de décisions historiques" qui ont constitué à plusieurs reprises "le tournant de la Révolution vietnamienne".

Dans son allocution, M. Manh a affirmé que la Révolution d'Août et la fondation de la République démocratique du Vietnam, aujourd'hui République socialiste du Vietnam, étaient une "victoire de l'aspiration à la liberté, à l'indépendance" et d'"un esprit d'autonomie et d'initiative", ainsi que de "la solidarité du Parti et du peuple". Les réalisations grandioses et les leçons historiques inappréciables tirées de ces événements sont devenues un "moteur pour le peuple" pour, sous la direction du Parti et du Président Hô Chi Minh pendant 30 années, vaincre les agresseurs et réunifier le pays. Aujourd'hui, ils "demeurent en tant que tel" pour soutenir les Vietnamiens dans la poursuite de plus importants succès dans l'édification et la défense de la Patrie, a-t-il dit.

Le chef du Parti a lancé un appel à faire ensemble tout leur possible pour mieux appliquer le Testament, édifier avec succès et protéger le Vietnam socialiste, contribuant ainsi activement à la lutte commune des peuples du monde, et ce pour la paix, l'indépendance nationale, la démocratie et le progrès social.

Le même jour, un autre meeting a également eu lieu à Hô Chi Minh-Ville en présence du président Nguyên Minh Triêt.

Le chef du Parti, Nông Duc Manh, est allé brûler des baguettes d'encens en offrande à Hô Chi Minh dans le site portant son nom au sein du Palais présidentiel. Le président et les vice-présidents de l'AN ainsi qu'une délégation du ministère de la Défense sont également allés rendre un hommage posthume au Père de la nation en son mausolée.

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung a donné le 1er septembre à Hanoi un banquet en l'honneur du corps diplomatique à l'occasion de ces mêmes évènements. Le chef du gouvernement a envoyé ses sincères remerciements aux gouvernements, aux peuples dans le monde, aux ambassadeurs, aux chargés d'affaires ainsi qu'aux chefs d'organisations internationales accrédités au Vietnam pour leur bons sentiments, leurs aides précieuses et les coopérations efficaces qu'ils ont tous accordées au Vietnam comme à son peuple. Hôtes et invités ont porté des toasts au renforcement et au développement des relations d'amitié et de coopération entre le Vietnam, les pays étrangers et la communauté internationale.

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung et le vice-Premier ministre permanent Nguyên Sinh Hùng ont rendu visite le même jour au général Vo Nguyên Giap. M. Dung a souhaité santé et longévité au général, tout en formulant le souhait de le voir présenter ses idées.

Le 1er septembre, l'organisation du Parti, les autorités et habitants de la ville de Cân Tho (delta du Mékong) ont inauguré la statue du Président Hô Chi Minh sur le quai Ninh Kiêu. Une délégation de Hanoi conduite par l'adjointe au maire, Ngô Thi Thanh Hang, était présente.

Par Hà Minh - Le courrier du Vietnam - 3 septembre 2009


Activités à la mémoire du Président Hô Chi Minh

Le général Truong Quang Khanh, vice-ministre de la Défense, a reçu le 29 des experts russes, actuellement en visite au Vietnam, qui avaient auparavant aidé le Vietnam à conserver la dépouille du Président Hô Chi Minh.

Le vice-ministre a remercié les aides précieuses des Russes et déclaré que ces assistances, confidentielles mais faites avec toute la responsabilité nécessaire en temps de guerre, avaient laissé pour le peuple vietnamien des sentiments de reconnaissance inoxydables. Les experts russes ont non seulement épaulé le Vietnam en termes de techniques et d'équipements au service de la préservation du corps du Président, mais aussi dispensé des formations pour des médecins afin de leur permettre de poursuivre le travail de conservation de la dépouille de Hô Chi Minh.

Dans la soirée, les experts russes ont été invités à participer à un gala musical télévisé organisé sur la Place de Ba Dinh (Hanoi). Ce programme a fait revivre partiellement le portrait du Président Hô Chi Minh, via les chansons interprétées par plusieurs générations de chanteurs et illustrées par des vidéos documentaires. Un programme significatif à la mémoire du "père" de la nation, même si 20 numéros de représentations ou plus ne suffisent jamais pour parler et raconter l'histoire d'un homme éminent qui a entièrement consacré sa vie à la nation vietnamienne.

De grandes valeurs du testament du Président Hô Chi Minh ont été réaffirmées lors d'un séminaire organisé vendredi à Hô Chi Minh-Ville.

Plus de 70 interventions de scientifiques et professeurs ont fait le constat que le testament constituait un précieux document historique, un bien inestimable du Parti et du peuple vietnamiens. Ce testament est la quintessence de la pensée, de la morale et de la noble âme du Président Hô Chi Minh, un homme de culture éminent.

Au fil du temps, on peut s'apercevoir que malgré leur simplicité, les souhaits et recommandations émises par Hô Chi Minh dans son testament montrent les valeurs idéologiques d'un esprit diligent, d'un homme ayant une vision large et humaniste.

Les intervenants ont analysé aussi plusieurs questions abordées dans le testament comme les stratégies de formation du contingent des cadres dans la période de l'industrialisation et de la modernisation du pays, l'éducation des jeunes, etc. La simplicité et le sacré des recommandations comme des souhaits du Président Hô Chi Minh, couchés dans ce testament, font de ce document une oeuvre immortelle.

Du 7 septembre au 6 novembre, le mausolée du Président Hô Chi Minh et le mémorial des Héros morts pour la Patrie n'accueilleront pas les visiteurs, a annoncé samedi le comité de gestion. Cet arrêt provisoire a pour but d'effectuer les activités de maintenance et de restaurations annuelles. Le retour à la normale se fera à partir du 7 novembre.

Par Bùi Phuong-Quang Châu - le courrier du Vietnam - 31 août 2009


Il y a quarante ans, l’Oncle Hô s’en est allé…

Entretien avec l’historien Alain Ruscio, coauteur de Histoire de la colonisation (*), auteur de nombreuses études sur la vie et l’oeuvre de Hô Chi Minh.

Le 2 septembre 1969 s’éteint Hô Chi Minh. Quarante ans après, comment évalue-t-on l’héritage de cette figure historique de l’indépendance du Vietnam ?

Alain Ruscio. Hô Chi Minh a consacré sa vie à rechercher la solution pour sortir de l’enchaînement dans lequel était tombée sa patrie à l’époque coloniale française. Ce qui subsiste aujourd’hui c’est justement le fait qu’il ait réussi à trouver cette voie. Il est le père de l’indépendance du Vietnam à l’ère moderne, celui qui a permis à son peuple de retrouver sa fierté d’être vietnamien, la « rage d’être vietnamien » comme disait Jean-Claude Pomonti dans un de ses livres célèbres (la Rage d’être vietnamien, Le Seuil, 1974 - NDLR). C’est ce que les Vietnamiens ont retenu et ce qui a créé le fondement de cet attachement à l’« Oncle Hô ». Mais le message dépasse les frontières du Vietnam. Hô Chi Minh a été le premier à s’opposer à la colonisation et la proclamation d’indépendance du Vietnam le 2 septembre 1945 a eu un écho et une signification qui ont largement dépassé les frontières du pays. Il fut un temps où Hô Chi Minh était considéré au même titre que Gandhi, Nehru, Sukarno et tous les grands leaders indépendantistes.

Existe-t-il une « pensée », une « théorie » Hô Chi Minh ?

Alain Ruscio. Hô Chi Minh est un penseur mais il ne donne pas l’impression de publier des textes théoriques. Il n’a jamais eu la prétention de théoriser comme ont pu le faire d’autres dirigeants des grands mouvements communistes. Il était, en même temps, très pratique, n’hésitant pas à traiter tous les aspects de la vie : en recommandant, par exemple, aux gens de ne pas laisser une seule parcelle de terre sans y semer des grains de riz dans les périodes de pénuries, ou en rappelant aux cadres d’être toujours proches de la population et non des « mandarins rouges ». De ces concepts très concrets, il se dégage une grande réflexion sur ce que doivent être les liens entre un parti au pouvoir et la population.

Est-il léniniste ou s’inscrit-il plutôt dans une pensée nationale ?

Alain Ruscio. C’est compliqué. Sa conception léniniste du parti est un instrument au service d’une cause, celle de l’indépendance. Hô Chi Minh est à l’origine de deux partis communistes dans le monde (le français et le vietnamien). Il a fondé, dans des conditions très difficiles de la lutte anticoloniale et de la clandestinité, un parti actif depuis 1930 et relevant d’une organisation quasi-militaire. En même temps, Hô Chi Minh avait le sens de la fraternité entre militants. Par exemple, il n’a jamais associé son nom à des purges internes. Pour lui, le parti doit être discipliné et uni mais pas au prix d’éliminations physiques.

En 1954, le Vietnam est indépendant mais divisé, quel a été le rôle de Hô dans la réunification ?

Alain Ruscio. En 1954, les Vietnamiens sont meurtris par la partition du Vietnam, mais ils n’ont pas bien compris qu’ils étaient isolés et qu’il leur serait impossible de procéder rapidement à une réunification. Bien que déjà vieux routier, je crois qu’Hô Chi Minh a « péché », si j’ose dire, par naïveté. Il a cru qu’on laisserait son petit pays tranquille et qu’il cesserait d’être un jeu entre grandes puissances. Les pacifistes qui passaient alors à Hanoi et qui rencontraient Hô, vers 1955-1956, rapportent qu’il pensait sincèrement imposer les élections dans l’ensemble du territoire. Or ce sont les États-Unis qui ont pris la relève de la France dans la stratégie indochinoise. Ils ont décidé que le 17e parallèle deviendrait une frontière, alors que les Soviétiques et les Chinois jugeant la situation bloquée s’en sont désintéressés. En janvier 1957, l’URSS a même proposé l’admission des deux Vietnam à l’ONU. Les Vietnamiens ont alors compris que s’ils voulaient l’unité du pays, il leur fallait rentrer dans une nouvelle guerre. Ce qui aboutit à la création du Front national de libération en 1960.

Quel a été son rôle dans la guerre contre l’occupation américaine ?

Alain Ruscio. Surtout emblématique. À cette époque, il y a une incontestable sympathie pour le maoïsme dans la direction du Parti communiste du Vietnam (PCV), ce qui ne pouvait plaire à l’Oncle Hô. Car, au début des années 1960, c’est la rupture entre Moscou et Pékin. Ceux qui sont considérés, à tort ou à raison, comme « pro-soviétiques » sont mis sur la touche. Hô ne voulait pas de ce schisme et il se place du côté de l’unité, il ne veut pas choisir de camp et obtient que, publiquement, le PCV ne se range pas d’un côté ou de l’autre. Ce qui est déjà une victoire. Hô avait senti le danger et ne voulait pas être chef de clan. Il considérait l’unité du parti vietnamien et celle de l’Internationale communiste comme très précieuses et c’est tout le sens de son testament. Hô reste l’homme de l’unité et de l’harmonie, ce qui est très confucéen. Dans la période que traversaient les Vietnamiens, ils ne pouvaient pas se permettre d’être divisés. Il s’agit d’un moment important dans les relations entre le Vietnam et le mouvement communiste international. Et puis le pays est en guerre et il a besoin de tous les appuis. La visite de Kossyguine à Hanoi, en février 1965, fait prendre conscience à l’URSS de la dimension du conflit et de ses enjeux. Les Américains déversent l’agent orange, le napalm, utilisent les bombes à billes. Moscou se décide enfin à aider le Vietnam à une grande échelle en livrant des armes, missiles sol-air et autres matériels militaires modernes. Les Chinois n’auraient pas pu suivre, ne disposant de tels armements même s’ils ont aussi aidé en logistique, en armes légères, en équipements et en nourriture.

Quelle est la situation à la mort de Hô ?

Alain Ruscio. Tout le monde se réfugie derrière cette figure emblématique. Les Vietnamiens sont encore sous le choc de l’offensive du Têt de 1968. Elle a été un important succès politique pour l’opinion internationale, mais l’armée vietnamienne a souffert ; elle a perdu des centaines de milliers d’hommes. À cette époque, les dirigeants sont loin d’être sûrs d’une victoire militaire. Sur le plan diplomatique c’est autre chose : ils ont réussi à faire de la question vietnamienne une question internationale incontournable. L’opinion publique américaine bascule. Johnson ne se représente pas. Les États-Unis ont compris alors qu’ils ne gagneraient pas la guerre.

Par Dominique Bari - L'Humanité - 2 septembre 2009

''(*) éditions Les Indes savantes, 2007.

Le Procès de la colonisation française, textes de Hô Chi Minh, présenté par Alain Ruscio, éditions Le Temps des cerises, 1999''.