Après la violente opération policière menée contre un groupe de catholiques sur les ruines de l'église de Tam Toa (Quang Binh), le 20 juillet dernier, et les dix-neuf arrestations qui avaient suivi (1), des calicots avaient été suspendus au-dessus du porche de toutes les églises du diocèse de Vinh, demandant la libération immédiate de tous les chrétiens arrêtés. Dans la matinée du 4 septembre dernier, l'évêque du diocèse, Mgr Paul Marie Cao Dinh Thuyên, a fait publier un communiqué destiné au clergé, aux religieux et aux fidèles :

« Après le 20 juillet 2009, dix-neuf de nos frères, fidèles de Tam Toa, ont été frappés et arrêtés, une croix et des biens appartenant à l'église et aux fidèles de la paroisse ont été injustement accaparés. La totalité du diocèse est entrée en communion de prière avec Tam Toa. Pour rappeler à tous qu'ils doivent faire confiance au Seigneur et se montrer solidaires, toutes les églises de notre diocèse ont affiché au-dessus de leur porche l'inscription suivante : « Prions pour les fidèles de Tam Toa frappés et arrêtés par la Sécurité du Quang Binh ».

Aujourd'hui, les dix-neuf fidèles arrêtés de Tam Toa ont tous été libérés. Nous remercions le Seigneur et les paroisses feront disparaître les inscriptions. Cependant, jusqu'à présent, les biens de l'église et des fidèles de Tam Toa n'ont pas encore été restitués en totalité. Nous demandons aux autorités du Quang Binh d'assurer la justice.

Nos frères et sœurs, frappés et arrêtés, et surtout les deux prêtres sauvagement agressés à Dông Hoi (Quang Binh), ont été gravement traumatisés aussi bien dans leur corps que dans leur esprit et ont encore besoin de soins. Nous continuerons à prier pour que les prêtres et les fidèles de Tam Toa se rétablissent et, rapidement, retrouvent une vie normale. »

Ce communiqué pourrait être le signal d'un retour au calme dans cette région même si, pour le moment, aucun des problèmes en suspens n'a trouvé de véritables solutions. Les catholiques ont montré leur possibilité de mobilisation : 250 000 d'entre eux étaient au rendez-vous autour de l'évêché pour la fête patronale du 15 août. Ils ont en même temps démontré leur sens de la discipline. Aucun débordement n'a été déploré nulle part.

Pour sa part, le gouvernement n'envisage, semble-t-il, aucune autre solution à l'affaire de Tam Toa que celle qui a déjà été donnée aux deux autres affaires de la Délégation apostolique et de la paroisse de Thai Ha, à savoir la transformation du terrain contesté en jardin public. Le 21 août 2009, le Comité populaire de la ville de Dông Hoi a entamé des travaux destinés à créer un jardin public derrière le clocher de l'église en ruines. Quelque 800 millions de dôngs (31 000 euros) ont été investis pour élever des barrières, planter des arbres, aménager des pelouses et des chemins de promenade. Selon les prévisions, ces travaux auraient dû être achevés pour la fête nationale du 2 septembre 2009. Selon un article paru dans Saigon Giai Phông, les travaux entrepris devraient embellir les sites et y attirer des touristes.

Zenit.org - 8 septembre 2009