Le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales (MTIAS) demande aux Comités populaires des provinces et villes de ressort central de vérifier la situation des salariés étrangers travaillant dans les entreprises. Les contrôles doivent porter en particulier sur le respect de la réglementation juridique en matière d'embauche, de délivrance du permis de travail ainsi que leur prorogation, à commencer dans les entreprises étrangères employant des salariés étrangers.

Cette circulaire précise que toute infraction doit être systématiquement sanctionnée conformément à la loi. Quant aux personnes ne remplissant pas complètement les critères requis pour travailler au Vietnam, elles seront invitées à quitter le territoire, voire reconduites à la frontière, conformément au droit vietnamien.

Cette circulaire impose également la présentation d'un rapport mensuel par les Services du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales portant sur le nombre d'entreprises et d'organisations employant des étrangers, leur nombre dans chaque localité, leur statut au regard des critères légaux de travail dans le pays, ainsi que les mesures prises pour gérer ces personnes dans les localités concernées.

En réalité, pour mieux gérer ces travailleurs, une coopération étroite entre le ministère des Affaires sociales, celui de la Police, celui de la Justice et le Commandement des gardes frontières est nécessaire. Concernant les travailleurs illégaux, leur nombre a fortement augmenté ces dernières années. À Ninh Binh (Nord), on recense environ 750 travailleurs étrangers illégaux dans les zones industrielles. Cette localité se développe rapidement en termes d'industrie et applique une série de politiques prioritaires afin de davantage attirer les investisseurs étrangers. Elle rencontre cependant maintes difficultés dans la gestion des travailleurs étrangers. Selon Nguyên Phong Phu, directeur du Service provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales, "cela est difficile, car ils arrivent dans la province en qualité de touriste". À l'heure actuelle, Ninh Binh accélère la création d'organisations du syndicat et du Parti dans les entreprises afin d'améliorer cette gestion, protéger les intérêts des travailleurs, et d'empêcher les infractions par les entreprises.

Selon le MTIAS, il faut élaborer et promulguer une loi sur les étrangers travaillant au Vietnam. Cette loi déterminera les conditions, droits et devoirs de ceux-ci. En particulier, elle devra déterminer clairement quels emplois ceux-ci peuvent avoir au Vietnam.

Dans l'immédiat, le MTIAS demande aux services et localités de renforcer les contrôles dans les organisations et entreprises employant des travailleurs étrangers. Dresser un procès-verbal d'infraction est nécessaire, mais le plus important est de prendre de sérieuses mesures de sanction, ce qui implique un mécanisme de coordination entre les organismes compétents. Tout cela permettra une gestion efficace dans un domaine très sensible.

Selon le journal Hanoi moi en ligne, le nombre de travailleurs étrangers au Vietnam s'est fortement accru ces dernières années. Si en 2003, ils n'étaient que de 7.071 personnes, il est passé, fin 2008, à plus de 52.600. Selon le dernier rapport de ce ministère, au 30 mai dernier, ils étaient près de 75.000. Sur ce chiffre, la mégapole du Sud participe à hauteur de plus de 50.000 personnes, et Hanoi environ 15.300. Les autres localités concernées sont Quang Ninh, Hai Phong (Nord), Tây Ninh (Sud) et Lâm Dông (hauts plateaux du Centre). Actuellement, la délivrance du permis de travail reste encore limitée, les travailleurs étrangers qui en sont titulaires n'étant que de près de 37,9%.

Par Phuong Mai - le courrier du Vietnam - 16 septembre 2009