Avis de Nguyên Thanh Hoà, vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, lors d'une interview accordée au journal Sài Gon Giai Phong.

Quel est votre avis sur l'augmentation du nombre de travailleurs étrangers dans le pays ?

Selon les chiffres provisoires du Département de l'emploi, du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales (MTIA), à la fin de 2008, plus de 50.000 travailleurs venus de 40 pays et territoires sont recensés au Vietnam. Dans le contexte de l'intégration économique mondiale, la présence de travailleurs étrangers au Vietnam est naturelle. Le Vietnam exporte aussi de la main-d'œuvre à l'étranger. Les travailleurs étrangers répondent aux besoins du marché vietnamien qui manque encore d'experts. Par ailleurs, certaines fonctions ne sont pas encore assurées par les employés domestiques. Autre raison : les entrepreneurs étrangers sont autorisés à utiliser des salariés de leurs pays natals pour leurs projets au Vietnam. Il s'agit d'une tendance inévitable dans l'époque de l'intégration, mais qui doit respecter la loi.

Le gouvernement ne donne pas encore le feu vert au recrutement des étrangers pour les travaux manuels et simples. Mais en réalité, sont comptés bon nombre de ces ouvriers étrangers...

Selon un arrêté gouvernemental daté de 2008, les travailleurs étrangers au Vietnam doivent répondre aux critères : 18 ans et plus, une bonne santé conforme aux normes requises de travail, rang de gestionnaire, directeur exécutif ou expert, pas d'antécédents judiciaires sur le viol de la sécurité nationale, ne faisant pas l'objet d'enquête policière ou n'ayant pas condamné à une peine pénale selon la loi du Vietnam et de l'étranger, être doté d'une licence de travail délivré par l'État. En vertu de cet arrêté, le Vietnam n'autorise pas le recrutement des étrangers pour des travaux manuels et simples.

Quelles sont les mesures de l'État ?

Le contrôle est réalisé à maintes reprises non seulement par le MTIA, mais aussi par les Services locaux du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales. Selon les règlements du gouvernement, la licence sera attribuée à un travailleur étranger, répondant aux conditions acquises, dans un délai de 15 jours au maximum et de 3 jours au minimum. En réalité, beaucoup d'étrangers manquent 2 papiers obligatoires : un CV et un diplôme certifiés. Des contrôles dans les provinces de Quang Ninh, de Tây Ninh, de Long An et de Ninh Binh montrent que très peu de travailleurs étrangers possèdent un permis. Plusieurs sont entrés au Vietnam par la voie touristique. Doté d'un visa de 3 mois, ils restent pour travailler au Vietnam. Beaucoup d'entrepreneurs étrangers n'ont pas encore achevé les formalités pour obtenir la licence de travail pour leur main-d'œuvre.

Quelles sont les sanctions en cas de fraude ?

En général, il s'agit d'une amende administrative. Dans les cas de récidive ou de non-respect de la peine, l'expulsion sera appliquée. Jusqu'à présent, aucune personne n'a été expulsée. Les amendes sont modestes et n'arrivent pas prévenir les fraudes. Le MITA a travaillé avec les entrepreneurs étrangers pour les initier à l'achèvement des formalités d'obtention des licences. Il faut durcir le ton contre les violations.

Le MTIA prévoit-il une remise en ordre ?

Le MTIA a soumis au gouvernement des amendements de l'arrêté daté de 2008. Ainsi, les amendes seront plus importantes. Les formalités seront simplifiées en supprimant les articles inutiles. Les entrepreneurs étrangers devront achever toutes les formalités avant de faire venir leurs travailleurs au Vietnam. Les autorités locales vont coopérer avec la police pour obtenir de bons résultats dans la gestion.

Dans un contexte de difficulté économique, plusieurs pays dans le monde ont tendance à protéger leur marché du travail. Sous la pression de la main-d'œuvre étrangère, le MTIA a-t-il une solution ?

La solution la plus efficace et durable, c'est l'amélioration de la qualité des travailleurs domestiques, à travers la formation professionnelle. Objectif : la main-d'œuvre vietnamienne doit répondre aux "3 avoirs" : compétences, langue étrangère et discipline. Les opportunités seront ainsi élargies non seulement dans le pays mais aussi à l'étranger.

Par Ngân Huong - Le courrier du Vietnam - 16 septembre 2009