En 2008, les experts avaient prévu une vague d'investissement direct étranger (IDE) dans l'immobilier. Mais la récession économique mondiale a changé la donne.

Sur les 8 premiers mois de cette année, l'IDE dans l'immobilier n'a atteint que 1,8 milliard de dollars sur le total de 10,4 milliards de dollars inscrits dans tous les domaines. Sur ce montant, environ 1,7 milliard de dollars proviennent de 28 nouveaux projets et 171 millions de l'extension de projets existants.

À cause des difficultés économiques, de nombreux investisseurs ont retiré leurs billes. Par exemple, début d'août, le groupe japonais Riveria a décidé d'annuler le projet de construction d'un hôtel 5 étoiles à Hanoi, d'un coût prévu de 500 millions de dollars. Ce groupe avait reçu la licence en 2007 et prévoyait de lancer les travaux en 2010. En juin, la compagnie luxembourgeoise Coralisa a arrêté les travaux du Hanoi City Complex, un building d'appartements de luxe de 65 étages situé dans la rue Liêu Giai (arrondissement de Ba Dinh, Hanoi). L'investisseur n'a donné aucune infor- mation quant à la date de reprise du chantier.

"Ce retrait des investisseurs étrangers est naturel dans le contexte actuel de crise économique, a estimé le vice-ministre de la Construction, Nguyên Trân Nam. Car ils ont des difficultés dans la mobilisation des fonds". Selon d'autres experts, la plupart des projets immobiliers d'envergure, domestiques ou étrangers, se basent sur des crédits bancaires, jusqu'à 70% du total parfois. Lorsque les banques restreignent leurs prêts, les investisseurs se retrouvent en manque de fonds.

"Cette chute de l'IDE en général, dans l'immobilier en particulier, n'est pas inquiétante, a estimé Phan Huu Thang, chef du Département de l'investissement étranger, ministère du Plan et de l'Investissement (MPI). La situation reste toujours sous contrôle et les objectifs prévus sont réalisables".

Le MPI a bien saisi la nette tendance à la baisse de l'IDE au niveau mondial sous l'influence de la récession économique. Le pays a donc comme objectif de renforcer le décaissement des fonds pour les projets déjà autorisés au lieu de chercher à en attirer de nouveaux. Sur les 8 premiers mois de l'année, le rythme de décaissement des capitaux a toujours été supérieur aux prévisions.

Par Thê Linh - Le courrier du Vietnam - 22 septembre 2009