Les familles ont adressé une lettre au responsable onusien mais aussi aux chefs d'Etat présents à New-York pour l'assemblée générale des Nations unies.

Le président vietnamien Nguyen Minh Triet, dont le pays occupe un siège non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, s'y trouve lui-même.

"Nous appelons de façon urgente le secrétaire général des Nations unies et les chefs d'Etat à intervenir directement auprès de Nguyen Minh Triet et à demander au gouvernement du Vietnam de respecter les conventions des Nations unies sur les droits de l'Homme", déclarent les familles.

Rappelant que leurs proches sont emprisonnés depuis environ un an, elles souhaitent que les dirigeants fassent pression sur le Vietnam pour qu'il "arrête la répression de dissidents politiques, respecte les droits de l'Homme et libère (leurs) proches".

"Les charges retenues contre nos proches sont celles de +propagande contre l'Etat+ (...), alors qu'ils ne se sont en fait exprimé qu'en faveur de la souveraineté territoriale du Vietnam et ont appelé à la liberté, la démocratie", poursuivent-elles.

La lettre a été diffusée par le groupe Viet Tan, basé aux Etats-Unis et qualifié de "terroriste" par Hanoï. Nguyen Thi Nga, la femme de l'un des détenus, l'écrivain Nguyen Xuan Nghia, a confirmé à l'AFP l'avoir signée avec les proches d'autres dissidents en attente de jugement.

Nguyen Xuan Nghia devait, selon sa famille et son avocat, être jugé cette semaine aux côtés de cinq autres dissidents dans la ville portuaire de Haïphong (nord-est). Mais l'avocat a indiqué avoir été informé mardi du report du procès en raison du mauvais état de santé d'un accusé.

Les procès de deux autres militants qui devaient se tenir à Hanoï jeudi et vendredi ont aussi été reportés à la dernière minute. Leurs femmes ont précisé avoir signé l'appel à Ban Ki-moon.

Qualifiant ces détenus de "prisonniers de conscience", Amnesty international a appelé jeudi Hanoï a respecter ses engagements en matière de droits de l'Homme.

Le groupe de défense des droits de l'Homme a en outre dénoncé une augmentation de la "répression" contre la dissidence pacifiste ces derniers mois dans le pays, notamment l'arrestation d'avocat, blogueurs - pour certains libérés depuis - et autres voix critiques.

Parmi eux figurent un avocat connu pour sa défense de confrères militants des droits de l'Homme, Le Cong Dinh, et un informaticien-blogueur formé en France, Nguyen Tien Trung, auquel, selon ses proches, ni la famille ni son avocat n'ont accès depuis début juillet.

Agence France Presse - 24 septembre 2009