Vu Van Hung était jugé sous l'article 88 du code pénal vietnamien, qui, selon les défenseurs des droits de l'Homme, criminalise avant tout la liberté d'expression. Au moins quatre procès de ce type doivent se tenir cette semaine au Vietnam. Le juge Tran Van Vy a estimé que le comportement de l'accusé représentait un "danger pour la société". Sa peine de prison a été assortie de trois ans de résidence surveillée. Le procès a duré trois heures.

"Je voulais juste contribuer, de ma petite voix, à améliorer la société", s'est défendu M. Hung devant la Cour populaire de Hanoï. Il était accusé d'avoir, en juillet 2008, suspendu à une passerelle de la capitale une banderole dénonçant la corruption qui "suce le sang de la population", une inflation qui la "tue", et appelant le "Parti communiste à immédiatement mettre en oeuvre la démocratisation et le pluralisme politique".

La banderole faisait aussi référence à une dispute territoriale entre le Vietnam et son grand allié idéologique chinois en mer de Chine du Sud. "Perdre la mer et les îles est une faute envers les ancêtres", disait-elle. Quelques journalistes et diplomates étrangers avaient été autorisés à suivre le procès sur un écran de télévision, dans une salle à part.

Agence France Presse - 7 octobre 2009