Le parquet populaire suprême a bouclé mardi l'acte d'accusation contre Le Cong Dinh, connu pour sa défense de confrères militants des droits de l'Homme, Nguyen Tien Trung, mais aussi contre Tran Huynh Duy Thuc et Le Thang Long, à l'origine arrêtés pour "propagande" contre l'Etat, selon le journal Thanh Nien.

Les charges finalement retenues par le parquet sont plus lourdes.

La "propagande" contre le régime peut mener à de la prison ferme.

L'organisation, la participation active à des "activités subversives" - charges retenues contre MM. Dinh, Trung et Thuc selon Thanh Nien -, sont passibles, au maximum, de la peine capitale. Le Thang Long pourrait comparaître pour "complicité" d'activités subversives, passibles d'au maximum 15 ans ferme.

Mercredi, une source judiciaire a indiqué à l'AFP qu'une date avait déjà été retenue pour leur procès: les 20 et 21 janvier à Ho Chi Minh-Ville, l'ex-Saïgon (sud) où tous ont été arrêtés entre mai et juillet.

La famille de Nguyen Tien Trung avait indiqué plus tôt dans le mois que les charges retenues contre le jeune informaticien avaient été aggravées et que le procès pourrait même intervenir avant la fin de l'année. Mais une source diplomatique évoquait aussi mercredi un procès mi-janvier.

Dès leurs arrestations, qui avaient provoqué un tollé d'organisations de défense des droits de l'homme et de pays occidentaux, MM. Dinh, Trung et Thuc avaient été accusés de liens avec le Parti démocratique du Vietnam, une ancienne émanation du Parti communiste vietnamien (PCV), dissoute dans les années 80 et aujourd'hui interdite.

L'acte d'accusation relayé par le quotidien reproche à Trung d'avoir rejoint le Parti démocratique le premier, avant de recommander à sa direction Dinh et Thuc.

Avec cette direction, en exil, ces derniers auraient planifié la mise sur pied de deux autres organisations illégales et Dinh aurait travaillé à un projet de nouvelle constitution. L'actuelle fait du PCV la "force qui dirige l'Etat". Dans les faits, le PCV s'arroge le monopole du pouvoir.

Dans cette affaire, le parquet dénonce la rédaction de documents de propagande contre le régime, incitant à des activités de subversion, notamment sur l'internet.

Il juge l'affaire "particulièrement grave", reproche aux accusés d'avoir tenté de "renverser l'administration du peuple en utilisant des moyens non violents" et mis en oeuvre "un complot" contre la "révolution vietnamienne", ajoute Thanh Nien.

Mardi, Amnesty International a lancé un appel à la libération de l'avocat et de l'informaticien, ainsi que d'un ex-lieutenant colonel, Tran Anh Kim, arrêté à la même période dans le nord et présenté comme membre du même réseau pro-démocratique. Ils sont, pour l'organisation de défense des droits de l'homme, des "prisonniers de conscience".

Agence France Presse - 23 décembre 2009