Tran Anh Kim, 60 ans, était accusé d'avoir "travaillé au renversement de l'Etat" en rejoignant le parti démocratique du Vietnam, et publiant des articles favorables à la démocratie sur Internet, et en participant au Bloc 8406, une organisation qui prône le multipartisme. Il risquait jusqu'à la peine de mort, mais le tribunal a pris en compte son passé d'officier et son attitude coopérative.

L'ancien lieutenant-colonel était le premier d'un groupe de cinq accusés à comparaître. Les cinq opposants sont inquiétés au titre de l'article 77 du Code criminel vietnamien, qui prévoit des sanctions allant de 12 ans d'emprisonnement à la détention à vie, voire l'envoi devant un peloton d'exécution.

Le procès de Kim s'est tenu lundi matin dans la province de Thai Binh, au nord du pays. Les autres suspects, dont un avocat spécialiste des droits de l'Homme, Le Cong Dinh, seront jugés le mois prochain à Ho Chi Minh Ville.

Kim avait déclaré à l'ouverture du procès qu'il était poursuivi pour ses opinions. "J'ai rejoint le Parti démocratique du Vietnam et Bloc 8406 pour défendre la liberté démocratique et les droits humains au Vietnam par le dialogue pacifique et des moyens non-violents", a affirmé l'ancien militaire.

Le gouvernement vietnamien condamne et emprisonne couramment les opposants politiques, en utilisant généralement l'article 88, qui prohibe la propagande contre l'Etat. Les peines encourues sont moindres.

Le groupe des cinq était initialement passible de l'article 88, mais le gouvernement aurait voulu appliquer à ces dissidents des peines exemplaires, dans la perspective du prochain congrès du parti en 2011. C'est tous les cinq ans l'occasion de joutes entre factions rivales au sein du parti unique.

La Presse Canadienne - 28 décembre 2009

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Un Vietnamien condamné pour activités subversives

Le Tribunal populaire de la province de Thai Binh (Nord) a condamné le 28 décembre en première instance Trân Anh Kim à 5 ans et 6 mois de prison ferme pour "activités subversives contre le pouvoir populaire", en vertu de la clause 1 de l'article 79 du Code pénal de la République socialiste du Vietnam.

Sa peine de prison a été assortie de 3 ans de résidence surveillée, a-t-on appris du verdict prononcé lors du procès auquel ont assisté une trentaine de journalistes vietnamiens et étrangers.

Trân Anh Kim, âgé de 60 ans et domicilié dans la commune de Trân Hung Dao, ville de Thai Binh, était poursuivi pour "activités subversives contre le pouvoir populaire''.

Il était accusé d'avoir demandé par lettre d'adhérer au soi-disant "Parti démocratique du Vietnam" qui veut changer de régime politique et de renverser l'État vietnamien. En juin dernier, Trân Anh Kim a été nommé secrétaire général adjoint de cette organisation par Nguyên Sy Binh (alias Nguyên Tâm) qui se qualifiait de chef du comité permanent. Il a également participé au mouvement appelé "Bloc 8406" qui a, sous le couvert d'un combat pour la démocratie et les droits de l'homme, tenté de renverser le pouvoir.

La justice lui avait également reproché d'avoir régulièrement écrit sur Internet des articles appelant à éliminer le rôle dirigeant du Parti communiste vietnamien, et à renverser l'État vietnamien. Trân Anh Kim a reconnu avoir donné à des médias étrangers des interviews lors desquels il a sciemment dénaturé la situation politique au Vietnam, incité des plaignants à se montrer outranciers, causant l'instabilité sociopolitique. Il a reconnu ses actes.

"Il s'agit d'une affaire particulièrement sérieuse, portant atteinte à la sécurité nationale", a déclaré le président du Tribunal populaire de la province de Thai Binh, Trân Van Loan.

Le courrier du Vietnam - 29 décembre 2009