A l'issue d'un procès de moins d'une journée à Haïphong (nord-est), Pham Thanh Nghien a aussi été condamnée à trois ans de résidence surveillée, a poursuivi la source sous couvert d'anonymat. Elle était jugée sous l'article 88 du code pénal vietnamien, qui selon les défenseurs des droits de l'Homme, punit la dissidence pacifiste.

Les arrestations de dissidents se mutliplient

Pham Thanh Nghien a reçu le prix Hellman/Hammett de Human Rights Watch (HRW) l'an dernier, qui récompense des écrivains engagés dans la lutte pour la liberté d'expression et victimes de "persécution politique". Selon son avocat et HRW, elle aurait été appréhendée après avoir tenté de manifester contre l'inflation, la corruption et les ambitions territoriales de Pékin en mer de Chine du Sud -- les critiques de Vietnamiens se sont multipliées ces dernières années pour dénoncer un manque de fermeté de Hanoï face à son grand allié idéologique chinois sur ce dossier.

Son arrestation était intervenue fin 2008, à la même époque que celle de neuf autres dissidents condamnés à Hanoï et Haïphong en octobre pour "propagande" contre le régime. Les peines de deux à six ans de prison infligées à ces neuf militants ont été confirmées en appel la semaine dernière.

Diplomates et organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent une répression accrue de la dissidence au Vietnam. Même s'ils soulignent la difficulté d'interpréter ce tour de vis, certains mettent en avant l'approche du prochain congrès du Parti communiste au pouvoir, prévu début 2011.

La semaine dernière, Hanoï a été fustigé par Amnesty International, HRW, Reporters sans frontières, les Etats-Unis et l'Union européenne, après la condamnation à des peines allant jusqu'à 16 ans de prison de militants accusés de tentative non-violente de renversement du régime.

Agence France Presse - 29 janvier 2010


Hai Phòng : une femme écope de 4 ans de prison pour acte contre l'État

Le Tribunal populaire de Hai Phòng (Nord) a jugé le 29 janvier en première instance Pham Thanh Nghiên, 33 ans, domiciliée dans cette ville portuaire, pour propagande contre l'État.

Selon l'acte d'accusation du Parquet populaire de la ville de Hai Phòng, entre début 2007 et septembre 2008, Nghiên a commis des actes illégaux contre la République socialiste du Vietnam.

De connivence avec des éléments réactionnaires, elle a rédigé des articles défigurant la vérité, déformant la ligne et les politiques du Parti et de l'État, blasphémant le pouvoir et incitant la population à protester contre ce dernier, tout en niant le rôle directeur du Parti communiste vietnamien pour demander multilatérisme et pluripartisme. Nghiên a en outre fait publier ses écrits diffamatoires sur des sites internet réactionnaires à l'étranger. En dehors des pièces à conviction saisies par les services de sûreté, elle a également reconnu ses actes illégaux ainsi que leur finalité de s'opposer à l'État vietnamien.

Sur la base de constat des faits délictueux et des circonstances de leur commission, le Tribunal populaire municipal de Hai Phòng a prononcé une peine de 4 ans d'emprisonnement ferme assortie d'une peine complémentaire de 3 ans de résidence surveillée à l'encontre de Pham Thanh Nghiên.

À noter qu'auparavant à Hai Phòng même, d'autres personnes qui ont été en contact avec Pham Thanh Nghiên ont également comparu devant le tribunal sur le même chef de poursuites, dont Nguyên Xuân Nghia, 61 ans, domicilié dans cette ville, qui a activement aidé Pham Thanh Nghiên à diffuser sur internet ses écrits contre le Parti et l'État.

Par Huy Hoàng - Le courrier du Vietnam - 1er février 2010