Les consommateurs sont habitués à ce traditionnel pic de l'inflation. Nguyen Thi Hien, 61 ans, femme au foyer, achète ainsi des feuilles de phrynium pour du "banh chung" -gâteau et grande offrande faite aux ancêtres à l'occasion du Têt. "C'est l'époque à laquelle nous dépensons. Nous devons acheter les meilleures choses pour les ancêtres, et pour les membres de la famille", explique-t-elle. Une bouchère reconnaît que le prix de la viande a grimpé de près de 10%. Ses affaires se portent bien. Même sentiment de Hoang Mai Hai, employée de bureau mère d'une petite fille de quatre ans : il faut compter environ 10% de plus pour les denrées de base, assure-t-elle. "Beaucoup de gens vont faire les courses et trouvent les produits déjà épuisés", relève-t-elle. "Pour moi, le Têt est l'événement le plus important de l'année. Dans la mesure de mes capacités financières, je suis prête à acheter la meilleure nourriture pour ma famille".

Les médias vietnamiens reconnaissent aussi que les prix ont fait des bonds. "Les magasins et les vendeurs tirent en permanence avantage de la forte demande", déplore le quotidien anglophone officiel Vietnam News. Il cite le vice-ministre du Commerce et de l'Industrie du pays, Nguyen Cam Tu, pour qui " les stocks des entreprises sont suffisants pour satisfaire la demande ".

L'an dernier, le Vietnam a vu son économie croître à un rythme moins soutenu que les années précédentes - le PIB a tout de même avancé de 5,32%. Après une flambée de l'inflation à 23% en 2008, le pays a aussi ramené la hausse des prix à 6,88%. Mais les observateurs mettent en garde contre de nouveaux risques de poussée inflationniste: en janvier sur un an, les prix affichaient une hausse de 7,62%.

Tet Nguyen Dan

Tet Nguyen Dan, plus généralement connu sous le nom abrégé de Tet, est littéralement la fête de la nouvelle année. Il s'agit d'une fête comparable à celle du nouvel an occidental mais dans un calendrier luni-solaire, ce qui explique le décalage. Au-delà des cadeaux, de la nourriture et de la liesse, le Tet est ponctué de nombreuses cérémonies et traditions. Les ancêtres sont ainsi invités à réintégrer la maison pour quelques jours. Des repas leur sont servis jusqu'à la cérémonie de leur départ.

LesEchos.fr - 11 février 2010