D'après le Comité chargé des Viêt kiêu de Hô Chi Minh-Ville, ces derniers temps, beaucoup de Vietnamiens d'outre-mer sont simplement venus se renseigner sur les formalités immo- bilières. La plupart d'entre eux sont des Viêt kiêu des États-Unis et d'Europe occidentale.

Selon Trân Hoà Phuong, vice-président dudit comité, depuis 2006, environ 140 Viêt kiêu ont acheté un logement dans tout le pays, dont 100 pour la mégapole du Sud. En 2009, seulement 10 Viêt kiêu, essentiellement à Hô Chi Minh-Ville, ont acheté un logement. Il s'agit d'un nombre très modeste considérant l'existence de plus de 4 millions de Viêt kiêu dans le monde. Pham Quang Hai, du bureau de transactions immobilières de Vinaland Phu My Hung, fait savoir que, l'année dernière, peu de Viêt kiêu ont réalisé des transactions dans sa compagnie. Lors du Têt traditionnel de l'an passé, bon nombre de Viêt kiêu avait acheté des logements dans la cité urbaine Phu My Hung. "Un Viêt kiêu en a même acheté 6", précise-t-il. En analysant cette chute, le directeur d'une compagnie immobilière à Hô Chi Minh-Ville explique que la crise économique mondiale a influé sur l'achat de logement par les Viêt kiêu.

En outre, la complexité des formalités administratives est un facteur de découragement des Viêt kiêu. Le cas de Nguyên Hàng My Hoa, domiciliée dans la rue My Kim 1, Phu My Hung, en est un exemple. En 2002, elle a acheté un logement sous le nom de sa nièce. Après avoir reçu la naturalisation vietnamienne en 2003, elle a pu figurer en son nom propre sur les actes de vente de ce logement. Pourtant, à ce jour, elle n'a toujours pas reçu le titre de propriété de son logement, explique-t-elle.

Dans l'attente des instructions de guidage

En réalité, beaucoup plus de Viêt kiêu ont acheté des logements au Vietnam. Selon les informations des bureaux de transactions immobilières à Phu My Hung, plusieurs résidents de cette cité sont Viêt kiêu, mais sous un nom de propriétaire différent.

Ngô Duong Hoàng Thao, président du conseil d'administration de la compagnie Dai Dông Duong, indique que le nombre de Viêt kiêu possédant une fortune de 500.000 à un million de dollars n'est pas petit et que le marché immobilier leur serait un "canal" d'investissement de prédilection. "Outre le profit potentiel, avoir un logement au Vietnam est idéal lorsqu'ils retournent au pays natal", explique-t-il. D'après lui, les réglementations en la matière sont de plus en plus favorables. "La loi stipule qu'un +Viêt kiêu+ a le droit de posséder un logement et le droit d'usage foncier qui lui est associé. Cela voudrait dire que les +Viêt kiêu+ peuvent acheter un logement mais pas un terrain. Ainsi, seront-ils autorisés à acheter un terrain dans le cadre d'un projet immobilier ? À ce jour, il n'y a pas d'instructions précises", précise-t-il.

Toujours d'après lui, pouvoir certifier son origine vietnamienne peut être difficile si un Viêt kiêu est né outre-mer et que ses parents sont décédés. De plus, de nombreux Viêt kiêu ne savent pas où demander le certificat d'aptitude à l'achat d'un logement. Les règlementations juridiques en la matière sont entrées en vigueur le 1er juillet 2009. À ce jour, il manque des instructions de guidage concrètes pour l'achat de logement par les Viêt kiêu.

Selon le journal en ligne Vietnam Net, la mairie de Hanoi a commencé d'octroyer depuis mi-décembre dernier le certificat d'utilisation foncière aux Vietnamiens d'outre-mer, aux organisations et personnes étrangères qui désirent acheter un logement au Vietnam.

Les bureaux d'enregistrement du droit d'utilisation foncière des arrondissements, districts et chefs-lieux et ceux des terrains de Hanoi sont responsables d'élaborer la liste des acheteurs pour la communiquer au ministère de la Construction et au Département général de gestion foncière. Cette liste sera publiée sur le site web du ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement.

En cas de vente de logement aux étrangers, les compagnies immobilières devront déposer un dossier selon les réglementations de l'Office municipal d'enregistrement foncier. Cet office est chargé de procéder aux formalités nécessaires. La durée de l'ensemble des formalités ne dépassera pas 30 jours. Selon le Comité d'État chargé des Vietnamiens d'outre-mer (relevant du ministère des Affaires étrangères), lors du Têt de l'Année du Tigre, environ 500.000 Viêt kiêu sont rentrés au pays natal. L'année dernière, les Viêt kiêu ont envoyé au Vietnam plus de 6,2 milliards de dollars. À Hô Chi Minh-Ville, ce chiffre n'a atteint que 3,2 milliards de dollars, contre près de 5 milliards en 2008.

Par Viêt Hoàng - Le courrier du Vietnam, 28 février 2010