Selon le plan élaboré conjointement par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural et le groupe Électricité du Vietnam (EVN), le pays devrait procéder à 3 ouvertures de vannes dans les lacs-réservoirs de Hoà Binh, Tuyên Quang et Thac Bà, afin de libérer 3,5 milliards de mètres cubes nécessaires à l'approvisionnement des rizières. Ce qui risque de poser problème pour garantir une fourniture électrique suffisante durant la prochaine saison sèche, notamment en mai et juin prochains, avec un déficit de 16% à combler par rapport à l'an dernier.

Le volume d'eau qui alimente les lacs-réservoirs au Nord a été, en 2009, de 40% environ inférieur à la moyenne des années précédentes. De plus, selon un récent rapport du groupe de contrôle des projets électriques, une dizaine de centrales affichent un retard de 3 à 9 mois par rapport au plan de construction. Un total d'environ 2.116 MW seulement a été raccordé au réseau électrique national l'an dernier. Pour cette année, l'apport devrait être de 3.335 MW. Autre problème : les centrales thermiques à charbon (1.120 MW) fonctionnent de façon irrégulière.

Du pain sur la planche

Suite à la demande du ministre de l'Industrie et du Commerce, Vu Huy Hoàng, afin de satisfaire les besoins croissants en électricité, en raison du développement économique, EVN doit impérativement planifier sa production et ses achats, limiter les rénovations des centrales thermiques et bien se coordonner avec le groupe PetroVietnam et le groupe industriel du charbon et des minerais du Vietnam (TKV), qui possèdent eux aussi des centrales.

D'après Duong Quang Thanh, directeur adjoint d'EVN, le groupe devrait pouvoir augmenter sa production de 7 milliards de kilowattheures en 2010. Une mission qui s'annonce pour le moins délicate. En effet, les cours des matières premières s'envolent alors que le prix de vente de l'électricité reste relativement stable. EVN va fournir cette année 97 milliards de kilowattheures (+13,88%), dont 33 milliards importés. Le groupe a également pour objectif de faire passer les pertes électriques sous la barre des 10%. Pour parvenir à ses fins, il prépare avec minutie la mise en service de nouveaux générateurs diesel, étudie les réserves d'eau disponibles et négocie avec la Chine pour ses besoins énergétiques.

EVN mettra en service 15 groupes électrogènes qui développeront une puissance totale de 2.078 MW, débutera la construction de 6 projets représentant un apport cumulé de 5.356 MW (centrales thermiques Mông Duong 1, Nghi Son 1, Vinh Tân 2, Duyên Hai 1, centrales hydroélectriques Sông Bung et Lai Châu).

Dans le même temps, EVN renforcera les mesures de gestion technique afin de minimiser les risques et les incidents. La compagnie Électricité de Hanoi devra élaborer un plan de fourniture d'électricité pour la capitale, notamment pour les journées de célébration du Millénaire de Thang Long-Hanoi. EVN a proposé au gouvernement de mobiliser en priorité les aides publiques au développement pour financer les projets de ce secteur.

Par Quê Anh-Nga - Le courrier du Vietnam - 9 mars 2010


Importantes remontées d'eau de mer dans le delta du Mékong

Les remontées d'eau de mer sont de plus en plus importantes depuis début février dans le delta du Mékong. Un phénomène portant atteinte à la production agricole.

Selon la filiale du Service des travaux hydrauliques de la province de Hâu Giang, depuis la mi-février, l'eau salée pénètre dans les communes de Luong Nghia, Luong Tâm, Vinh Yên A et dans une partie de Xà Phiêm (district de Long My)..., avec un taux de salinité atteignant 2,6 à 7‰. Dans les jours à venir, l'eau de mer pénètrera plus profondément les terres, le taux de salinité devant atteindre les 6 à 8‰.

Cependant, l'eau salée a pénétré jusqu'à 30 km à la terre ferme de la province de Tiên Giang. Plus de 6.000 ha de riz de la récolte hiver-printemps sont menacés. Pour avoir d'eau douche pour la vie quotidienne des habitants, la province a construit un plan de transport d'eau du fleuve Tiên par les chalands. Dans la province de Bên Tre, l'eau de mer est remontée jusqu'à 30 km dans les terres. Des communes du littoral comme Thanh Phuoc, Thua Duc et Thoi Thuân du district de Binh Dai manquent gravement d'eau douce. Plus de 10.000 foyers doivent acheter de l'eau douce au prix de 2.000 dôngs/40 litres. Selon les prévisions, d'ici mai prochain, de telles remontées et la pénurie d'eau douce corrélative vont s'aggraver.

Mesures

Selon le rapport du Service de l'agriculture et du développement rural de Bac Liêu, sécheresse et remontée d'eau salée ont endommagé 20.000 ha de riz dans plusieurs districts, dont ceux de Hoà Binh, Hông Dân, Phuoc Long, Gia Rai...

Les provinces de Kiên Giang, Bac Liêu, Soc Trang, Trà Vinh et Cà Mau sont également frappées, leur production agricole étant gravement affectée en raison d'une salinité de 5,7 à 21‰.

Selon le vice-président du Comité populaire de la commune de Vi Thanh (Hâu Giang), la population est appelée à économiser l'eau douche pour la réserver à la production agricole et la vie quotidienne. Des barrages seront construits pour lutter contre ces remontées d'eau de mer au cas où la situation s'aggraverait. Ces 2 dernières années, Hâu Giang a été lourdement influencée par ce phénomène, et la situation durera plus longtemps cette année. Même problème pour nombre d'autres provinces deltaïques.

Le Service de l'agriculture et du développement rural de Tiên Giang a organisé une réunion d'urgence pour rechercher les mesures propres à "sauver" les rizières de la localité. La population devra réserver l'eau douce et en cas d'aggravation de la situation, qui devrait survenir au début de ce mois-ci, la province accordera une aide financière aux agriculteurs.

Selon le chef adjoint du Département de la culture, Pham Van Du, le delta du Mékong a récolté, à la fin février dernier, quelque 450.000 ha de riz. "Il faut trouver des variétés de riz résistantes à la fois à la sécheresse et à la salinité pour exploiter ces régions côtières", exprime M.Du.

Le directeur du Centre d'observation des ressources naturelles et de l'environnement de la ville de Cân Tho, Ky Quang Vinh, souligne qu'il faut profiter du réseau de canaux et d'arroyos du delta du Mékong pour constituer des réserves d'eau douce.

Selon le chef du Département de la culture (ministère de l'Agriculture et du Développement rural), Nguyên Tri Ngoc, le manque d'eau pour la production agricole et le taux de salinité dans les provinces du delta du Mékong menacent quelque 800.000 ha de riz des campagnes printemps-été et été-automne. Une situation qui, selon les prévisions, va encore s'aggraver, d'où la nécessité de prendre des mesures d'urgence.

Par Hà Minh - Le courrier du Vietnam - 9 mars 2010