Après les jours fériés du Têt traditionnel (Nouvelle Année lunaire), les entreprises se sont remises en route. Selon une enquête effectuée auprès de 50 entreprises implantées dans les ZF et ZI de Hô Chi Minh-Ville, la majorité des ouvriers est retournée au travail. Seules 15% des entreprises déplorent des retards et des absences, un taux inférieur à l'an passé.

Pour expliquer cela, le chef adjoint du service du personnel de l'Hepza, Hô Xuân Lâm, affirme que les politiques préférentielles mises en oeuvre afin d'inciter les ouvriers à retourner travailler ont joué un rôle prépondérant. En effet, chaque ouvrier présentant à l'entreprise qui l'emploie une personne désireuse d'être embauchée reçoit une prime de 300.000 dôngs. Cette politique encourage les travailleurs à s'attacher à leur entreprise et ce, sur le long terme.

Bien que les politiques préférentielles s'avèrent efficaces, la main-d'oeuvre fait encore défaut. Grâce à la reprise économique, les carnets de commande des entreprises se remplissent à nouveau. D'où un besoin de personnel allant croissant.

Depuis début 2010, les entreprises de l'Hepza ont besoin de recruter 10.000 ouvriers supplémentaires, dont 6.000 rien que pour la compagnie Freetrend et 2.000 pour la compagnie Nissei Electric … "Elles recherchent 40% des ouvriers hautement qualifiés, 20% des ouvriers qualifiés et 40% des ouvriers non-qualifiés", fait savoir Trân Anh Tuân, sous-chef du centre de prévention de la main-d'oeuvre et du marché du travail de Hô Chi Minh- Ville. La mégapole du Sud cherche à recruter pas moins de 50.000 ouvriers.

Équilibre entre l'offre et la demande

Alors que bon nombre d'entreprises sont en quête de main-d'oeuvre, tous les ans, plus de 25.000 personnes formées dans les écoles et les centres ne trouvent pas d'emploi. Le problème s'explique principalement par le fait que ce sont surtout les entreprises du secteur de la chaussure en cuir et de la confection qui recrutent. Mais elles recherchent avant tout des ouvriers non-qualifiés. Ce qui ne correspond pas au profil des personnes mentionnées plus haut. C'est un cercle vicieux.

La solution serait que les entreprises appliquent des réalisations scientifiques dans la production. Ainsi, les entreprises auraient moins besoin d'ouvriers spécialisés, embauchés massivement en raison des techniques de production quelque peu obsolètes. Dans le processus actuel d'industrialisation et de modernisation du pays, les entreprises doivent renouveler leurs techniques de production, dans l'optique de réduire les dépenses en étant moins gourmand en personnel dit "de base". Les politiques en faveur de l'investissement doivent elles aussi s'adapter, afin de valoriser auprès des entreprises les ouvriers possédant des qualifications et les inciter à les embaucher.

Par Vu Hang - Le courrier du Vietnam - 27 mars 2010