Pham Thi Phuong, 64 ans, a été appréhendée avec son mari Pham Ba Huy alors que le couple rentrait de Thaïlande, précise l'Agence vietnamienne d'information (AVI). En Thaïlande où elle aurait fui en 2002, selon AVI, elle serait entrée en contact avec la direction d'un parti interdit au Vietnam, le Parti Pour le Peuple (PPP), qui aurait eu des liens, du moins dans le passé, avec le Gouvernement du Vietnam libre, une organisation basée aux Etats-Unis et qualifiée de "terroriste" par Hanoï. Le Parti communiste est le seul parti autorisé au Vietnam.

En Thaïlande, Pham Thi Phuong aurait appris à "nouer des contacts sur internet et à utiliser des explosifs et des armes pour des activités terroristes de sabotage du Vietnam", poursuit l'AVI. Elle aurait affirmé aux enquêteurs avoir touché 5.000 dollars et reçu l'ordre de revenir au Vietnam pour mener à bien "le complot terroriste" à Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon, sud).

Le chef du Gouvernement du Vietnam Libre est présenté par les médias vietnamiens comme étant Nguyen Huu Chanh, dissident en exil qui a, dans le passé, proclamé sa volonté de renverser le régime de Hanoï, si nécessaire par la violence. Le Vietnam l'avait tenu pour responsable d'attaques à la bombe manquées contre son ambassade à Bangkok en 2001.

Diplomates occidentaux et défenseurs des droits de l'homme dénoncent depuis plusieurs mois une répression accrue de la dissidence au Vietnam. Au moins 20 militants ont été condamnés à de la prison ferme depuis octobre.

La semaine dernière, trois hommes et une femme accusés de liens avec le PPP ont été condamnés dans la province de Lam Dong (centre) à des peines de trois à cinq ans d'emprisonnement. Ils étaient accusés de fuite à l'étranger dans le but de "s'opposer à l'administration du peuple".

Agence France Presse - 29 avril 2010