Avec l’arrivée de la nouvelle récolte vietnamienne, les prix du riz continuent leur glissade
Par Vietnam aujourd'hui le jeudi 3 juin 2010, 19:48 - Infos en français - Lien permanent
Nouveau facteur de baisse pour les prix du riz, la deuxième récolte annuelle vient de commencer au Vietnam, alors que les stocks thaïlandais sont encore pleins.
Avec quelques jours d'avance, les riziculteurs vietnamiens ont commencé la récolte d'été-automne, dans le delta du Mékong. Elle s'annonce moins abondante que l'an dernier, du fait de la progression de l'eau salée dans les rizières. Il n'empêche, ce sont 8 millions de tonnes supplémentaires de riz brut, le paddy, qui devraient être récoltés selon les autorités du Vietnam, le deuxième pays exportateur de riz au monde. Une production qui s'ajoute aux énormes stocks que détient déjà le premier exportateur mondial, la Thaïlande, à savoir, 6 millions de tonnes de riz, usiné cette fois.
Le gouvernement de Bangkok avait constitué ces réserves pour soutenir les prix au producteur local, et maintenant il ne sait plus quoi en faire! Le mois passé, décision a été prise d'en vendre une partie sur le marché mondial, mais la consigne a été donnée au ministre du Commerce de le faire très progressivement et sur des quantités réduites, moins de 300.000 tonnes par contrat. Pour l'instant, aucune transaction n'a été signalée. Il faut dire qu'elles pèseraient encore davantage sur les cours mondiaux du grain blanc, déjà très déprimés. Rien que depuis le début de l'année, le prix du riz de référence a perdu 25 %. La tonne de riz blanc thaï 100 % grade B vaut aujourd'hui 455 dollars. Rappelons qu'il y a un peu plus de deux ans, elle avait atteint un sommet historique de 1080 dollars !
Cependant c'est en quelque sorte un retour à la normale que l'on observe sur le marché du riz, après deux ans de frénésie. Selon un négociant de Genève, « les pays africains ont commencé à acheter en février, comme d'habitude. Si le rythme des commandes se ralentit aujourd'hui, c'est parce qu'on entre dans la saison des pluies, défavorables au déchargement des cargaisons dans les ports africains. Une baisse supplémentaire des prix sous les 400 dollars, et donc un retour au niveau d'avant la flambée de 2008, n'est pas à exclure », poursuit-il. Mais tout dépendra de ce que la Thaïlande fera finalement de ses stocks et de la concrétisation ou non des promesses de la mousson indienne. Tout peut basculer très vite sur ce marché très étroit.
Par Claire Fages - Radio France Internationale - 3 juin 2010
