Pendant le vol Toronto-Taïpei, un message d'urgence est lancé. Le personnel de bord demande infirmières et médecins pour s'occuper d'un passager mal en point. Tout le groupe se dirige vers le passager, raconte Mélanie Chatigny dans un courriel : «Trois heures de surveillance comprenant une heure trente de stabilisation du patient. Eh oui, le travail d'infirmière nous a rattrapés.»

L'incident au-dessus du Pacifique passé, le groupe arrive à Bavi, dans le nord du Viêtnam, où l'accueil dépasse les attentes. Reste les problèmes de langue à résoudre : «Nous avons un guide français-viêtnamien pour les phrases usuelles», racontent Amélie Boivin et Mélanie Chatigny en entrevue via Skype lundi matin. «Le reste du temps, nous utilisons le langage gestuel.»

À Bavi, l'orphelinat compte sept maisons pour les enfants et une dizaine pour les adultes. La direction leur demande de concentrer leurs efforts dans trois maisons avec des enfants susceptibles d'être adoptés. Le groupe a ciblé quelques enfants pour les stimuler à devenir autonomes. Certains ont de la difficulté à marcher et ne s'alimentent pas seuls, d'autres sont légèrement handicapés. Des exercices, des comptines, des massages font partie des moyens mis en oeuvre depuis une dizaine de jours avec succès.

«On voit les progrès du jour au lendemain, ajoutent Amélie Boivin et Mélanie Chatigny. Les enfants sont curieux et montrent qu'ils veulent progresser. Même les nounous participent. La direction de l'orphelinat nous a fait savoir que nous étions le premier groupe d'étrangers qui s'impliquait autant auprès des enfants. Ils veulent qu'on revienne l'an prochain.»

Si certains membres du groupe songent à revenir l'an prochain, à cause des études, des familles et de la carrière à venir, il semble plus probable que les contacts établis à Bavi puissent servir à d'autres étudiants en soins infirmiers à la recherche d'un stage à l'étranger.

Chaleur accablante

Émerveillés par la beauté des paysages, les stagiaires sont aussi impressionnés par l'accueil des gens de l'orphelinat. Dans les premiers jours, les nounous leur faisaient goûter aux fruits inconnus ici. Même les gens des environs les saluent lors de leurs déplacements à vélo.

Les nounous ont fait aménager une pièce et fait construire des lits pour que les membres du groupe puissent faire la sieste de 11h à 14h, la période la plus chaude de la journée où la chaleur ressentie dépasse les 50 °C. Avec le décalage horaire et le choc culturel, la chaleur fait partie des facteurs demandant une bonne dose d'adaptation pour que ces étudiants en soins infirmiers puissent faire leur travail.

Mais la période de repos sert la plupart du temps à faire le tri des vêtements et du matériel qui sera distribué. Le groupe transportait sept boîtes d'un peu plus d'un mètre cube et quatre valises contenant du matériel médical, des jouets et des vêtements. Deux autres boîtes et trois valises ont suivi plus tard à Hanoï par l'entremise de deux couples de parents adoptants de la société Enfants du monde, partenaire du projet.

Dans les prochains jours, le groupe partira en session de magasinage avec les 12 000 $ amassés lors d'activités de financement. Ils feront d'une pierre deux coups en achetant du matériel pour l'orphelinat tout en encourageant l'économie locale. Amélie Boivin, Mélanie Chatigny, Sophie Girard, Martin Laforge et leur professeur Charlotte Simard seront de retour à la fin du mois. En attendant, on peut les suivre sur le blogue : infirmierehumanitairevietnam.blogspot.com

Par Yves Therrien - Le Soleil - 16 juin 2010