Cette distinction, la plus prestigieuse au monde en mathématiques, récompense Ngô Bao Châu pour sa démonstration du « lemme fondamental ». Un résultat qui, jusque-là sous forme de conjecture, constitue la pierre angulaire d'une théorie introduite à la fin des années 1970, établissant des relations entre deux domaines distincts des mathématiques, l'arithmétique et la théorie des groupes. Le Congrès mondial des mathématiques se tient une fois tous les quatre ans. C'est l'évènement scientifique le plus important pour les mathématiciens. A cette occasion sont décernées quatre médailles Fields, distinction mathématique la plus prestigieuse récompensant des mathématiciens de moins de 40 ans. Parmi les quatre lauréats de cette année(1) figure Ngô Bao Châu, professeur au Laboratoire de mathématiques d'Orsay (Université Paris-Sud 11/CNRS). Cette distinction est la quatrième médaille Fields attribuée à un mathématicien issu de ce laboratoire, avec Jean-Christophe Yoccoz (1994), Laurent Lafforgue (2002) et Wendelin Werner (2006).

Ngô Bao Châu est né en 1972 à Hanoi (Viêt-Nam) et a acquis la nationalité française début 2010.

Au cours de sa scolarité il obtient deux fois la médaille d'or aux Olympiades internationales de mathématiques (en 1988 et 1989). De 1990 à 1992, il est étudiant à l'Université Pierre et Marie Curie, puis à l'Ecole normale supérieure. Il poursuit ses études par un DEA, puis une thèse soutenue en 1997 à l'Université Paris-Sud 11, sous la direction de Gérard Laumon(2). Chargé de recherche au CNRS de 1998 à 2004, Ngô Bao Châu obtient en 2003 son habilitation à diriger les recherches à l'Université Paris-Nord. Depuis 2004, il est professeur à l'Université Paris-Sud 11 et détaché à l'Institute for Advanced Study de Princeton (Etats-Unis) depuis 3 ans.

Ngô Bao Châu est spécialiste des représentations et formes automorphes, une branche du domaine général de la théorie des nombres, dans laquelle sont étudiées les propriétés de divisibilité des nombres entiers. On peut mentionner dans ce domaine, le fameux « théorème de Fermat », énoncé par le mathématicien Fermat en 1637 et démontré par Andrew Wiles en 1994. Ngô Bao Châu inscrit son travail dans le cadre de ce qu'on appelle le « programme de Langlands », du nom du mathématicien américain d'origine canadienne Robert Langlands qui en 1967 formule une théorie établissant des liens fondamentaux entre l'arithmétique et la théorie des groupes, deux domaines distincts des mathématiques.

C'est au début de l'année 2008, que Ngô Bao Châu donne une démonstration du « Lemme fondamental », qui était une conjecture formulée dans un article paru en 1987, et dont un cas particulier avait été démontré dans les années 1970. Recemment vérifiée par les experts du domaine, la démonstration de Ngô Bao Châu, de plus de 150 pages, est citée dans le magazine Times de décembre 2009 comme l'une des 10 plus belles découvertes scientifiques de l'année.

Au-delà de l'attribution de cette médaille Fields, le Congrès mondial des mathématiques 2010 confirme l'impact du Laboratoire de mathématiques d'Orsay sur les mathématiques mondiales, puisque, parmi les 22 conférenciers français invités (un score qui place la France en deuxième position derrière les Etats-Unis), 13 ont soutenu une thèse ou une habilitation à l'Université Paris-Sud 11, ou y sont en poste. C'est donc la recherche et aussi la formation doctorale en mathématiques de l'Université Paris-Sud 11 qui sont ainsi récompensées.

Notes :

(1) Ont également reçu la médaille Fields 2010 : Cédric Villani, professeur à l'École normale supérieure de Lyon et directeur de l'Institut Henri Poincaré à Paris (CNRS / UPMC), Elon Lindenstrauss, professeur à l'Université Hébraïque de Jérusalem, et Stanislav Smirnov, de l'Université de Genève.

(2) Gérard Laumon, Directeur de recherche au Laboratoire de mathématiques d'Orsay, a également eu comme élève Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002.

Communiqué de presse du Centre National de la Recherche Scientifique - 19 Août 2010


Médaille Fields 2010 : Nicolas Sarkozy se dit très déçu que son fils Jean ne soit pas médaillé

Considérée comme l'équivalent du prix Nobel en mathématique, décernée tous les 4 ans à des chercheurs de moins de 40 ans, la médaille Fields récompense aujourd'hui deux chercheurs français, Cédric Villani et Ngô Bao Châu. Alfred Nobel avait décidé de ne pas instituer un de ses célèbres prix pour les mathématiques pour des raisons familiales, sa femme étant parti avec un mathématicien, Mittag-Leffler, ancêtre de Lakshmi Mittal (simple contraction du nom composé), dont il avait eu raison de se méfier, d'une part parce qu'il est parti avec sa femme, mais d'autre part parce qu'il a sournoisement racheté Arcelor. C'est pourquoi le mathématicien canadien John Charles Fields a proposé la création d'un prix avec une médaille en 1923 lors d'une réunion internationale à Toronto. Ses collègues chercheurs, soucieux de ne pas primer un ressortissant d'un Canada pas encore légalisé, ont attendu son décès en 1932 pour attribuer la première médaille Fields.

Les pronostics allaient bon train depuis quelque temps pour l’année 2010 et un nom sortait régulièrement, celui de Jean Sarkozy, qui poursuit ses études toujours en deuxième année de Droit, qui a failli être diplômé de l'EPAD, et qui, sinon, est un brillant mathématicien, option Wii, à ses heures perdues. C'est finalement le mathématicien Ngô Bao Châu, certes français, mais quand même d’abord d'origine vietnamienne (le Vietnam est une contrée de l'Asie récemment déchue de son statut de département français), et récemment naturalisé français, ce qui est un comble puisque son pays ne veut plus être français, qui a été médaillé. "C'est pas parce que Cédric Villani, qui est un vrai français de souche, lui, a aussi été médaillé que Jean n'a droit à rien" aurait relevé Nicolas Sarkozy, 1er franco-Rom présidentissime de la France.

Une enquête rapide a permis d'établir plusieurs infractions dans les travaux et la vie de Ngô Bao Châu. En premier lieu, son nom est difficile à prononcer, ce qui pourrait perturber la cérémonie de remise des médailles. Ensuite, cette médaille n'est pas en or comme les athlètes français en ont rapportés. Surtout, et c'est là le plus grave, les travaux de Ngô Bao Châu portent sur la conjecture de Langlands. Or, celle-ci propose des ponts entre l’arithmétique et la théorie des groupes de Galois. Pouvait-on laisser faire ?

On le rappelle, la conjecture de Langlands est un domaine de recherche actif en conjectures qui tend à relier la théorie des nombres aux représentations de certains groupes. Proposé par Robert Langlands en 1967, il a ainsi permis d'établir au sujet des étrangers d'origine maghrébine que "quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a plusieurs qu'il y a des problèmes". Il est l'un des socles d'analyse quantitative de l'Institut Désinformation et Opinion Francophone (IDOF).

"Mais c'est pas croyab' ça", aurait fulminé le présidentissime Nicolas Sarkozy 1er des Roms, "et pourquoi qu'on récompense un vietnamien pour ses travaux sur des affirmations sans preuve... tout le monde le sait, c'est moi le plus fort dans ce domaine. Jean méritait donc cette médaille parce que je suis son père."

Une enquête à conjecture à donc été ouverte à l'encontre de l'immigré présumé clandestin spoliateur de médailles, afin de prouver sa malhonnêteté et rétablir le droit dynastique d'attribution des honneurs à la famille Sarkozy. Un avis d'expulsion a été adressé au malfrat qui a donc 15 minutes pour quitter le territoire traditionnel de souche. Un boat people aurait toutefois mis gracieusement à sa disposition.

Désinformations.com - 19 août 2010


Mathématiques : Ngô Bao Châu, premier professeur vietnamien lauréat de la médaille Fields

Le président de la République, Nguyên Minh Triêt, et le Premier ministre Nguyên Tân Dung ont envoyé le 19 août respectivement un message de félicitations au professeur Ngô Bao Châu, lauréat de la médaille Fields, la plus haute récompense internationale dans le domaine des mathématiques.

C'est la première fois qu'un professeur vietnamien reçoit ce prix, considéré comme le Nobel des mathématiques, décerné tous les 4 ans aux meilleurs mathématiciens mondiaux âgés de moins de 40 ans. Dans son histoire des plus de 70 ans, ils ne sont que 52 à l'avoir reçu.

La présidente indienne Pratibha Patil a remis, lors de la séance inaugurale du 26e Congrès international des mathématiciens (CIM-26) le 19 août à Hyderabad, capitale de l'Andhra Pradesh, dans le Sud de l'Inde, l'une des 4 médailles Fields 2010, l'équivalent du Nobel des mathématiques, au professeur Ngô Bao Châu, binational puisque récemment naturalisé français. Les 3 autres lauréats sont le Français Cédric Villani, l'Israélien Elon Lindenstrauss et le Russo-suédois Stanislav Smirnov, selon les organisateurs. L'événement réunit plus de 3.000 mathématiciens du monde entier à partir du 19 et jusqu'au 27 août à Hyderabad.

La remise de la médaille Fields au professeur Ngô Bao Châu est une grande fierté pour le Vietnam. En effet, avec cette récompense, le Vietnam est devenu le 2e pays asiatique (après le Japon) ayant un lauréat de cette médaille prestigieuse.

Ngô Bao Châu a reçu la médaille Fields pour sa démonstration, en 2008, du "Lemme fondamental pour les algèbres de Lie", une conjecture formulée en 1987. Le "lemme fondamental" est une pierre angulaire du Programme de Langlands qui vise à décrire de manière unifiée plusieurs théories de mathématiques : géométrie, arithmétique, analyse… Récemment vérifiée par les experts du domaine, cette démonstration de plus de 150 pages a été citée en décembre dernier dans le magazine américain Times "comme l'une des 10 plus belles découvertes scientifiques de l'année", rappelle l'Université de Paris-Sud dans un communiqué.

Né en 1972 à Hanoi, Ngô Bao Châu est le fils unique d'un père prof.-Docteur ès sciences mécaniques et d'une mère prof.-Docteur en médecine.

Il a pu, dès l'âge de 15 ans, compte tenu de ses aptitudes en mathématiques, intégrer une classe spéciale réservée aux élèves doués pour les maths et l'informatique à l'École supérieure des sciences naturelles, relevant de l'Université nationale de Hanoi.

En 1988, en classe de première, ce surdoué des équations obtient une médaille d'or aux Olympiades internationales de mathématiques (OIM) à Canberra (Australie). Avec en prime la note maximale : 42/42.

Un an plus tard, en terminale, il remporte à nouveau une médaille d'or de ce concours, à Brunswick (Allemagne).

À l'âge de 18 ans, il bénéficie d'une bourse pour étudier à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris.

Après l'École normale supérieure (ENS), il poursuit ses études et obtient en 1997 une thèse à l'Université Paris-Sud, sous la direction de Gérard Laumon.

Professeur à l'Université Paris-Sud (France) depuis 2005, Ngô Bao Châu travaille aussi à l'Institut d'études avancées (IAS) de Princeton (États-Unis) et enseignera à partir de septembre 2010 à l'Université de Chicago (États-Unis).

Le mathématicien vietnamien a déjà remporté plusieurs prix internationaux.

En 2004, il a reçu, avec Gérard Laumon, le Prix de recherche Clay de l'Institut de mathématiques Clay des États-Unis pour la preuve du "Lemme fondamental pour les groupes unitaires".

En 2005, à seulement 33 ans, Ngô Bao Châu est le plus jeune Vietnamien à avoir obtenu le titre de Professeur, à titre exceptionnel car sans passer par le chemin classique de sélection.

Il a également décroché en 2007 le prix du Centre de recherche mathématique d'Oberwolfach en Allemagne, réservé aux jeunes mathématiciens d'Europe, et celui de l'Académie française en 2008.

Tout récemment, le vice-Premier ministre Nguyên Thiên Nhân a invité Ngô Bao Châu à assumer le rôle de chef de file du Programme national de pointe de développement des mathématiques pour la période 2010-2020, dont la création de l'Institut de formation et recherche de haut rang en mathématiques. Et le jeune prodige envisage de retourner à Hanoi 3 mois environ chaque année pour participer à ce nouvel établissement.

  • L'Union mathématique internationale (IMU) décerne la médaille Fields tous les 4 ans depuis 1936, à plusieurs mathématiciens de moins de 40 ans, à l'occasion du Congrès international des mathématiciens (CIM).
  • Dans le cadre de ce CIM-26, l'IMU remet également 3 autres prix :

- Le prix Gauss, qui consacre les applications en mathématiques, revient au Français Yves Meyer, 71 ans, "pour ses contributions fondamentales à la théorie des nombres" et "son rôle de pivot dans le développement de la théorie des ondelettes", révolutionnant le traitement du signal et la statistique.

- Le prix Nevanlinna, récompensant des travaux liés aux sciences de l'information, est attribué à l'Américain Daniel Spielman, 40 ans.

- Enfin, la médaille Chern, décernée pour la première fois cette année en mémoire du mathématicien chinois Shiing-Shen Chern (1911-2004), a été remise à l'Américain d'origine canadienne Louis Nirenberg, 85 ans, considéré par ses pairs comme "l'un des plus grands acteurs des mathématiques en analyse" au siècle dernier.

Par Hông Nga - Le courrier du Vietnam - 20 Août 2010