Le défilé, qui clôturait en grande pompe dix jours de célébrations, intervenait alors que les deux pays s'affrontent sur des problèmes de souveraineté en Mer de Chine du Sud.

Ouvriers, jeunes, membres d'ethnies minoritaires, religieux - soit un total de 31.000 personnes - ont participé à la cérémonie, une des plus imposantes dans le pays communiste depuis des années.

Le roi Ly Thai To avait déménagé la capitale vietnamienne à Hanoi en 1010 et l'avait appelée Thang Long, la "Ville du dragon qui s'élève", symbole du fort besoin d'indépendance après mille ans de domination chinoise.

Le défilé a aussi revisité la fierté militaire d'un pays qui a battu le colonisateur Français en 1954, puis les Américains en 1975.

"Beaucoup de sang a coulé (...) pour que nous obtenions une Hanoi telle que nous la connaissons aujourd'hui", a déclaré le président Nguyen Minh Triet.

"De nombreuses générations ont lutté en se sacrifiant au pays et à Hanoi, afin de défendre la terre de nos ancêtres (...). Les Vietnamiens aiment la paix (...) mais ne se soumettent pas à la force brutale et à la violence".

La parade s'est ouverte sous un ciel sombre lorsque dix hélicoptères de fabrication russe ont survolé la place Ba Dinh, où repose le corps embaumé de "l'oncle Hô", père du Vietnam moderne, emmenant le drapeau national et les marteau et faucille du Parti communiste au pouvoir.

Les dirigeants du parti, qui réprime toute contestation, ont salué avec emphase le défilé des successions d'uniformes, depuis les miliciens minoritaires le fusil à l'épaule jusqu'aux commandos d'élite armés de fusils d'assaut.

Aucune arme lourde n'a été présentée lors d'un défilé d'une heure trente, achevé sur des danses bon enfant et des représentations de pages illustres de l'histoire du pays.

"Le type d'armement n'est pas important", a cependant relevé Carl Thayer, expert du Vietnam à l'Australien Defence Force Academy de Canberra. Le message envoyé par le pouvoir, ajoute-t-il, est que le "Vietnam n'est pas un pays que l'on a envie d'attaquer".

L'armée populaire souffre de la vétusté chronique de ses équipements et cherche à se moderniser, en particulier dans le domaine de la défense maritime, dans le contexte de tensions croissantes avec la Chine sur la souveraineté des archipels Spratleys et Paracels, en mer de Chine du Sud.

Hanoi et Moscou avaient signé en décembre 2009 la vente de six sous-marins russes à l'armée vietnamienne, contrat suivi en juillet par la livraison de 20 avions de chasse Sukhoï SU-30MK2.

Le Vietnam a réclamé la semaine dernière la libération de neuf pêcheurs arraisonnés avec leur navire par la Chine il y a un mois, alors qu'ils pêchaient dans les Paracels, dernier incident d'une longue série entre les deux voisins.

La présence chinoise en Mer de Chine du Sud est une préoccupation croissante non seulement pour le Vietnam, mais aussi pour les autres pays de la région et les Etats-Unis.

Une crise diplomatique sino-japonaise a éclaté après l'arraisonnement le 7 septembre d'un chalutier chinois par les garde-côtes japonais, qu'il venait de percuter à proximité d'îlots en mer de Chine orientale revendiqués par les deux pays. Les autorités nippones n'ont libéré le capitaine que le 24 septembre.

Par Ian Timberlake - Agence France Presse


En France, amoureux et fiers de Hanoi

L'atmosphère au sein de la communauté des Vietnamiens en France s'échauffe à l'approche du Millénaire de Hanoi, à commencer par l'arrivée le week-end dernier à Paris d'un groupe d'une centaine de jeunes Vietnamiens de nombreuses villes de France.

Le but : organiser un grand programme de chants et de danses intitulé "La fierté de Hanoi", la première manifestation du genre réunissant de nombreux chanteurs, chanteuses, artistes amateurs de Paris, de la région parisienne et d'autres villes de France comme Nantes, Montpellier.

L'événement est organisée par l'Union générale des Vietnamiens de France (UGVF), l'Union des étudiants vietnamiens et l'Union des jeunes vietnamiens en France, avec le soutien de l'ambassade du Vietnam et du Centre culturel du Vietnam en France.

Ce programme comprend 3 parties : "Thang Long d’antan", "La lutte pour la liberté et l'indépendance", et "Hanoi, Ville pour la paix et l'œuvre d'édification nationale".

Les chansons accompagnées de danses ainsi que des petites pièces de théâtre représentées à cette occasion, telles que Trông hôi Thang Long (Tambour festif Thang Long), Dong mau Lac Hông (Le sang de Lac Hông), Hanh khuc ngày và dêm (En marche jour et nuit), Tiên vê Hanoi (Le retour triomphal à Hanoi), Hanoi, niêm tin va hy vong (Hanoi, confiance et espoir), Hanoi, nhung công trinh (Hanoi, ses ouvrages)…, retracent les parcours historiques du Vietnam.

Paroles d'artistes non professionnels

Un tel grand programme, qui a mobilisé jeunes acteurs et actrices non professionnels, a nécessité beaucoup d'efforts et de passion, motivé par un grand amour pour Hanoi et le pays natal. Bach Thu Thuy, de la société Nutribio, ne dissimule pas sa fierté de Hanoienne.

Pour elle, interpréter des chansons et des danses de Hanoi est un grand plaisir surtout à l'occasion de la grande fête de la capitale vietnamienne.

Quant à Nguyên Vân Quynh, ingénieur civil, domiciliée à Montpellier, à plus de 600 km de Paris, elle monte tous les week-ends à Paris pour travailler avec son équipe. "Je souhaite témoigner de mes sentiments pour Hanoi, bien que je sois très loin d'elle et que je ne sois pas Hanoienne. Je désire faire tout mon possible pour Hanoi à l'occasion de ses 1000 ans".

Trân Dinh Nam Anh, qui étudie le piano depuis 2005 à Montpellier, à Lyon et à Paris, est conseiller artistique du programme "La fierté de Hanoi". Il a mis l'accent sur la passion et l'amour de Hanoi de toute son équipe, ainsi que sa détermination à un plein succès de ce programme. Natif de Hô Chi Minh-Ville, il préfère chanter les chansons de Hanoi, car pour lui, ces mélodies peuvent évoquer son enfance et combler la distance entre Hanoi et Hô Chi Minh-Ville.

Par Lê Hà - Le courrier du Vietnam - 10 octobre 2010