La capitale a changé de nom. Elle est devenue The Penh, tout comme Angkor City a remplacé Siem Reap. Ces modifications sont récentes, détaille un article du Cambodia Monthly, le dernier journal en langue anglaise du Royaume, vendu 6 Yuans (soit l’équivalent d’un dollar, cette monnaie ayant été remplacée au Cambodge par le Yuan). Le magazine format A4 en bichromie est noyé au milieu de nombreuses publications en chinois et en coréen, dans le rayonnage de la librairie de cet immense hall des arrivées internationales.

Dans le Cambodia Monthly de septembre 2025, la sauce soja Kikkoman s’affiche toujours en pleine page, tandis que de nombreuses autres sont garnies d’encarts d’offres d’emplois pour des responsables de projets d’agences onusiennes. C’est rassurant : les bonnes choses ne vieillissent jamais.

Le nouvel aéroport est le fruit d’une joint-venture Cambodiano-Coréenne. Il est relié au coeur de ville par un monorail ultra-moderne offert en 2021 par la Corée réunifiée, comme l’indique une plaque commémorative. Au bout de quelques minutes, le monorail longe les tours de verre du quartier des affaires, là où, jadis, se dressait l’ancien aéroport de Pochentong rasé en 2017. C’est au coeur de cette City que vient de se terminer le chantier de la tour OSS 777, supplantant de plus de deux cents mètres la tour 555, un projet initié en 2010 pour permettre aux Cambodgiens d’admirer leur ville de haut. Son inauguration se déroule dans quelques jours en présence de nombreuses personnalités politiques étrangères dont, fait exceptionnel, le Premier ministre français, Marine Le Pen. Le journal en parle. Il note qu’un vieux syndicaliste français, résidant à Angkor City de longue date, menace de s’immoler par le feu si la chef du gouvernement venait à poser un pied sur le sol cambodgien. C’est la première fois depuis 1995 qu’un représentant français de ce rang se déplace officiellement au Cambodge.

En effet, les relations entre les deux pays s’étaient assombries lorsque le groupe pétrolier Total avait perdu les dernières concessions dans le golfe du Siam ainsi que la totalité de ses stations services sur l’ensemble du pays. Puis le contact entre les deux nations s’était définitivement coupé lorsque la société gestionnaire des aéroports, dernière entreprise française encore implantée dans le Royaume, avait vu son contrat annulé au profit d’une société coréenne. Le temps a passé, l’eau a coulé sous les ponts et les relations sont à nouveau au beau fixe entre les deux pays. C’est pour matérialiser ces nouveaux liens que Marine Le Pen est attendue. Le Premier ministre français profitera de sa venue pour inaugurer la nouvelle représentation diplomatique située dans une villa du quartier de Boeung Keng Kang, au 26CD de la rue 302. Quant à l’ancienne ambassade, elle a été transformée il y a quatre ans en terminus du Monorail. La station s’appelle « le Portail », en français. La rue de France, toute proche, a été rebaptisée la même année « Kim Jong Il Street », en hommage à la réunification réalisée quelques mois après la mort du « cher dirigeant ». Quant au bâtiment du Centre culturel français, il abrite les bureaux de McDonald, la célèbre enseigne de fast-food made in America, largement implantée dans le Royaume.

Sur l’avenue qui court sous le monorail, la circulation automobile est figée dans un immense bouchon, mais des milliers de motos se faufilent entre les véhicules de luxe. La ville a des allures de Bangkok des années 2000. Dans un entrefilet du Cambodia Monthly, quelques lignes annoncent que des experts ont finalement décidé la destruction de la structure de la Gold Tower 42, dont les travaux avaient cessé en août 2010. C’était un mois avant la fermeture de Cambodge Soir Hebdo. C’était il y a 15 ans. Jour pour jour.

À l’époque, personne n’avait réalisé que l’insignifiante disparition du dernier journal d’information en langue française de la région annonçait la fin d’une époque. La chute de cette minuscule pierre avait rapidement été suivie par celle de l’édifice tout entier, laissant la place à des nations plus puissantes, plus riches et surtout plus ambitieuses. L’effet papillon en quelque sorte.

Par Frédéric Amat - Cambodge Soir - 30 Septembre 2010


Le Vietnam contribue activement à la Francophonie

Le 13e Sommet de la Francophonie s'est déroulé les 23 et 24 octobre à Montreux (Suisse), en présence de 70 chefs d'État et de gouvernement. La délégation vietnamienne conduite par la vice-présidente de la République, Nguyên Thi Doan, y a participé.

Dans son allocution, prononcée lors de la cérémonie d'ouverture, Nguyên Thi Doan a appelé les membres de la communauté francophone à "renforcer leur solidarité et à conjuguer leurs efforts" afin de trouver des solutions aux questions en matière de paix, de sécurité dans le monde, de développement durable, de sécurité alimentaire et d'énergie, ainsi qu'à promouvoir les négociations sur la lutte contre le changement climatique et l'égalité entre les sexes.

Au regard des efforts de la Francophonie, afin de mieux satisfaire aux exigences de la nouvelle situation, la vice-présidente de la République, Nguyên Thi Doan, a indiqué que "le Vietnam s'engage à participer et à contribuer activement, de manière constructive et responsable, au développement harmonieux de la Francophonie".

Dans les années à venir, le Vietnam poursuit sa politique de Renouveau, dont les tâches majeures sont les suivantes : valorisation de la démocratie et de la force du grand bloc d'union nationale, développement rapide et durable de l'économie, amélioration de la vie matérielle et spirituelle de la population, développement de l'éducation et de la formation, protection de l'environnement, promotion de l'État de droit socialiste, intégration active à l'économie mondiale, a poursuivi Mme Doan.

"Nous sommes disposés à participer aux efforts communs en vue de valoriser le rôle de la Francophonie sur la scène internationale. Nous renforcerons également la coopération avec d'autres pays membres pour contribuer au règlement des problèmes qui préoccupent la communauté internationale comme la Francophonie", a conclu la vice-présidente.

Auparavant, Nguyên Thi Doan a assisté le 22 octobre au forum d'entreprises Vietnam-Suisse, organisé dans la ville suisse de Vevey.

Il s'agit d'un forum important pour les deux parties, permettant de discuter des orientations de l'accroissement des investissements, a affirmé la vice-présidente Nguyên Thi Doan aux représentants d'une centaine d'entreprises vietnamiennes et suisses.

Depuis la signature de l'accord commercial bilatéral en 1993, les relations d'investissement et de commerce entre le Vietnam et la Suisse se développent constamment. La Suisse accorde toujours des assistances au Vietnam en le considérant comme un pays prioritaire pour bénéficier des aides dans la région du Mékong.

On compte à l'heure actuelle 76 projets suisses déployés au Vietnam, d'un fonds inscrit total de 1,45 milliard de dollars. De nombreux grands groupes suisses mènent avec succès leurs affaires au Vietnam tels que Nestlé, Novatis/Ciba, Holcim.

La dirigeante vietnamienne a affirmé que son pays saluait et s'engageait à accorder de bonnes conditions aux investisseurs et entreprises suisses.

La Suisse est forte, a dit Nguyên Thi Doan, de ses technologies et dispose d'une industrie et d'un secteur de prestations de service de premier rang au monde tandis que le Vietnam, qui est en phase d'industrialisation et de modernisation nationale, a des atouts en matière d'agriculture, de ressources humaines abondantes. Il est un grand marché avec ses plus de 86 millions de consommateurs, a souligné Mme Doan.

En dépit d'un grand écart de développement et de revenus, le Vietnam et la Suisse sont des économies complémentaires, a-t-elle estimé.

En marge du 13e Sommet de la Francophonie à Montreux, la vice-présidente de la République, Nguyên Thi Doan a eu le 23 octobre des rencontres bilatérales avec le président de la République centrafricaine Bozize Yangouvonda, le président du Liban, Michel Suleiman, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Konstantin, le chef de la diplomatie roumaine Cristian Diaconescu et le ministre près du Premier ministre lao Soubanh Srithirath.

Par Kim Chung-Giang Ngân - Le courrier du Vietnam - 25 octobre 2010